L' Art meurtrier du lait de coco. Mia P. Manansala

L' Art meurtrier du lait de coco. Mia P. Manansala


N’importe quel plat contenant du lait de coco est une véritable tuerie. J’adore ça. Mais ce n’est pas le seul ingrédient qui m’ait attirée vers ce roman. L’œuvre de Mia P. Manansala est hautement inclusive. L’autrice américaine est issue de la diaspora philippine.  Ses personnages sont emblématiques du melting pot américain et de la communauté LGBTQIA+. Son récit est émaillé de vocabulaire en Tagalog et surtout de recettes de cuisine exotiques qui donnent très envie d’y plonger sa cuillère (on n’utilise pas de baguettes aux Philippines). La série compte 6 tomes à ce jour dont 3 traduits en Français. Le premier tome a été récompensé par le Prix Agatha 2021, le Prix Anthony 2022 et le Prix Macavity 2022 du meilleur premier roman. 

L’héroïne de ce Cosy Mystery culinaire s’appelle Lila Macapagal. Cette jeune femme de 25 ans doit prendre un nouveau départ après une déception amoureuse et professionnelle qui l’a poussée à quitter Chicago où elle vivait depuis le début de ses études (qu’elle n’a d’ailleurs pas terminées). Lila est donc de retour dans sa bourgade natale de Shady Palms dans l’Illinois. Elle est venue donner un coup de main à sa tante dont le restaurant, Tita Rosie’s Kitchen, est au bord de la faillite. La cuisine y est délicieuse mais Tita Rosie n’a pas l’âme d’une gestionnaire avisée. Lola Flor, la grand-mère de Lila, n’arrange pas les choses en dilapidant les rares bénéfices au mah-jong et au pusoy (poker philippin). Et comme si cela ne suffisait pas, Derek Winter, l’ex petit ami de Lila, s’est mis en tête de couler le restaurant en publiant des critiques culinaires assassines. Lorsqu’il tombe raide mort après avoir goûté un dessert concocté par Lila, l’inspecteur Park ne peut que la soupçonner d’avoir tenté de régler le problème à sa manière. Les analyses réalisées par le médecin légiste révèlent que Derek avait ingurgité du poison mais Lila découvre rapidement que son restaurant familial n’était pas la seule cible du critique gastronomique amateur. Soutenue par ses proches, Lila va mener une enquête aussi chaotique que distrayante pour le lecteur. Parmi la multitude de personnages qui défilent, il y a Adeena Awan, sa meilleure amie barista au Java Jo’s, les membres du "club du calendrier" (les marraines de Lila ainsi surnommées à cause de leurs prénoms inspirés des mois de l’année : April, Mae et June), le Teckel de notre héroïne qui s’appelle Nisa (ou Gumiho dans la version originale ce qui signifie longue saucisse), etc. Il est impossible de citer toute la galerie de personnages (cousins, voisins, amis, restaurateurs concurrents…) tous plus excentriques les uns que les autres. 

Je pense qu’il faut vraiment être amateur de Cosy Mystery pour apprécier ce roman. L’intrigue policière tient la route mais ce n’est pas le principal intérêt du livre. L’atmosphère et les personnages sont le cœur palpitant du roman. La plupart des protagonistes sont drôles et sympathiques. Néanmoins, le premier chapitre a failli me dissuader de poursuivre ma lecture tant je craignais de tomber dans la guimauve. L’humour de l’autrice l’empêche heureusement de s’enliser davantage dans ce pétrin. La narration est très sensorielle. Le lecteur a presque l’impression de sentir le fumet des plats et l’autrice décrit très bien les saveurs qui les composent. Je dois dire que j’ignorais jusqu’à l’existence de certains ingrédients mais elle a eu l’obligeance de rédiger un guide comprenant les noms de plats, les titres honorifiques et le vocabulaire Tagalog. J’ai finalement passé un agréable moment de lecture mais je préfère quand même m’en tenir à des doses homéopathiques. Je ne pense donc pas lire tout de suite le second volet de la série.

1. Arsenic and Adobo (2021) / L'Art meurtrier du lait de coco

2. Homicide and Halo-Halo (2022) / L'Art meurtrier du Halo-Halo

3. Blackmail and Bibingka (2022) / L'Art meurtrier du bibingka

4. Murder and Mamon (2023)

5. Guilt and Ginataan (2024)

6. Death and Dinuguan (2025)

💪J’ai lu ce roman dans le cadre du challenge de lecture Un hiver polar. Je l’ai sélectionné parce qu’il me permet de valider la case "Thé, cupcakes, etc" du bingo meurtrier. 

📌La Cuisine mortelle de Tita Rosie - Tome 1 : L'Art meurtrier du lait de coco. Mia P. Manansala, traduite par Élodie Leplat. Pocket, 448 pages (2025)


Aujourd'hui, je valide la case "Thé, cupcake, etc"

Bunny. Mona Awad

Bunny. Mona Awad


Quand j’ai commencé à lire la quatrième de couverture, j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’une énième histoire de sororité estudiantine sur un campus américain. Le bandeau s’enorgueillissant d’un bestseller "culte" et "inoubliable" plébiscité sur Tik Tok ne me rassurait pas vraiment. Le détail qui a titillé ma curiosité est la mention d’un roman cruel, hypnotique et délicieusement dérangeant. Le fait que le roman soit adoubé par Margaret Atwood a achevé de me convaincre de sortir de ma zone de confort. Pour être surprise, j’allais être surprise ! 

Bunny en VO
L’héroïne de ce roman s’appelle Samantha Mackey . Elle a déjà un lourd bagage personnel, lorsqu’elle intègre l’université Garenn (Warren dans la V.O.), une très chic et prestigieuse école d’art qui se veut avant-gardiste. La jeune femme partage un atelier d’écriture avec un groupe de nénettes poseuses à l’extrême et aux mœurs étranges. Elle se surnomment elles-mêmes les Bunnies. Samantha a passé sa première année d’étude à Garenn en marge de cette société. Sa seule amie, Ava, a quitté l’établissement depuis longtemps, jugeant qu’il asséchait son esprit créatif. Elle vivote désormais de petits boulots et traine à la bibliothèque de Garenn. Ava est la branche d’amitié et d’espoir à laquelle se raccroche Samantha… jusqu’au jour où les Bunnies invitent Samanthe à l’une de leurs petites sauteries entre filles. En dépit de ses réticences, notre héroïne est trop avide d’intégration sociale pour refuser cette sollicitation inattendue. C’est le début d’une dérive à laquelle on s’attend mais qui ne va pas du tout aller dans le sens que l’on croit.

J’ai rarement lu des romans aussi bizarres et déjantés. Sous le vernis du fantastique horrifique, il y a une touche de féminisme, une bonne dose de critique sociale et une vraie satire du monde artistique. Comme promis, Samatha va vivre une descente hallucinée en enfer et le lecteur se poser beaucoup de questions sur ce roman dérangeant. Parce que je voulais savoir où l’autrice voulait nous conduire, j’ai continué d’en tourner les pages (il faut reconnaître que cette histoire incite au voyeurisme). J’ai refermé le livre avec la sensation de ne pas avoir su décrypter toutes les intentions de l’autrice bien qu'elle nous donne quelques clés d'interprétation. 

📚D'autres avis que le mien sur Babelio, les blogs Analire et Adopt A Librarian et un article à lire sur le blog I literature: The Future of Fiction: Why You Should Be Reading Izumi Suzuki and Mona Awad

📌Bunny. Mona Awad, traduite par Cécile Leclère. HarperCollins, 448 pages (2025)


Carnet de bord #2 : février 2026

Carnet de bord #2 : février 2026


J’ai commencé ce carnet de bord en janvier 2026 pour aborder des sujets qui concernent l’actualité littéraire mais qui n’ont pas forcément leur place dans un compte-rendu de lecture. Ce mois-ci, j’ai glané pas mal d’informations concernant les écrivains, les maisons d’éditions ou la vie de la blogosphère. Il ne s’agit pas d’une revue de presse mais plutôt d’une liste de liens vers des brèves ou des articles.

Le 11 février dernier nous avons malheureusement appris le décès d’une «figure majeure de la littérature néerlandophone et européenne», le poète et romancier Cees Nooteboom, disparu à l’âge de 92 ans. 

Anniversaires

Dans la série des commémorations, il y a plusieurs centenaires d’écrivains à célébrer cette année dont ceux de Michel Butor, Richard Yates, Richard Matheson, Dario Fo et John Fowles

Les éditeurs aussi comptent leurs bougies. Hachette organise un événement inédit au Palais Brongniart à Paris pour célébrer ses 200 ans. Les éditions Phébus ont été créées en 1976 et fêtent donc leurs 50 ans tandis que les éditions du Rouergue, fondées en 1986, peuvent s'enorgueillir de 4 décennies d'existence. La Peuplade a déjà 20 ans cette année. 

Le polar est à l'honneur en 2026. Après l'emblématique Série Noire de Gallimard (80 ans depuis l'an dernier), La collection Rivages Noirs fête son anniversaire (40 ans), de même qu'Actes noirs (20 ans) ! 

Evènements

Avec la saison des festivals qui débute, le mois de mars promet d’être riche en rencontres et découvertes. Parmi les principaux évènements du mois, j’ai noté:  

Evidemment il y a de la vie en dehors de l’hexagone, et sans mentionner tous les évènements du monde, on peut au moins s’intéresser à nos voisins francophones avec :

Et pour ceux qui ont la chance de vivre ou de séjourner outre-Atlantique, on peut signaler

Cinéma

Ceux d’entre nous qui préfèrent voyager tranquillement dans un fauteuil, se sont peut-être rendus au cinéma pour découvrir la dernière adaptation du roman d’Emily Brontë, Hurlevent par Emerald Fennell, sortie en salle le 11 février dernier. 

Sur le blog Tomabooks, il existe une liste exhaustive des adaptations de romans dont les sorties sont prévues en 2026 sur petits et grands écrans.

Lecture

Si vous préférez rester au chaud à la maison, sachez que plusieurs œuvres sont devenues libres de droits en 2025 et peuvent donc être téléchargées gratuitement. Par exemple, sur le site de Gallica, on peut lire en ligne Chéri de Colette et Claudine à Paris. En 2026, c’est Paul Claudel qui est tombé dans le domaine public.

Vous trouverez d’autres idées de lecture sur le site de folio qui propose notamment une sélection autour du Venezuela. Toujours en lien avec l’actualité politique, je suis tombée sur un billet intitulé Groenland, la leçon de Jules Verne publié sur le blog de Mediapart. 

Podcast

Enfin, en mode retro news, je vous suggère les podcasts de Sandrine à écouter tranquillement quelle que soit la météo du jour. 


Je vous souhaite à tous un excellent mois de mars  🙋