La Femme sans tête. Nadine Monfils

La Femme sans tête. Nadine Monfils


Dans ma ville, il y a une petite artère qui s’appelle Rue des Corps-nus-sans-tête. On sait qu’à l’aube de la première guerre mondiale, il s’y trouvait un établissement accueillant des prostituées. Cette histoire m’est tout de suite venue à l’esprit quand j’ai eu le roman de Nadine Monfils en main. Je savais que l’autrice belge avait déjà écrit des romans policiers dont les héros n’étaient autres que le peintre René Magritte et sa femme, Georgette. Or, cette fois, c’est Charles Baudelaire qui fait figure de VIP. Il est censé mener l’enquête dans les quartiers interlopes parisiens du 19ème siècle. Il est (mal) accompagné de sa muse et maîtresse Jeanne Duval, une actrice de petite vertu. 

Il faut avoir en tête qu’il s’agit d’un Cosy Crime car il en a les forces et les faiblesses. Comme le sous-titre du roman l’indique, Nadine Monfils s’est inspirée de l’œuvre de Baudelaire pour construire son intrigue. Le texte est émaillé de nombreuses citations des Fleurs du mal et l’atmosphère du roman est à l’avenant. La romancière décrit bien les bas-fonds de Paris, la misère, les petits métiers disparus, les lieux de perdition et les femmes de mauvaises vie qui les hantent. Baudelaire, le poète dandy, aimait tout autant s’enivrer dans le luxe que s’abîmer dans la fange. Il préférait s’accoupler avec des femmes libres aux mœurs légères plutôt que de convoler en justes noces avec une ennuyeuse bourgeoise. On comprend que sa personnalité originale puisse inspirer un roman. 

Nadine Monfils a fait des recherches minutieuses sur le personnage, c’est évident. Malheureusement, à mon sens, elle a surexploité le matériau. Impossible d’ignorer les relations tumultueuses que le poète entretenait avec son exotique maîtresse ni l’amour fusionnel qu’il le liait à sa mère. Cela nous est rappelé à de nombreuses reprises. 

Il est courant dans les Cosy Mysteries que l’enquête soit délaissée au profit du cadre, de l’ambiance et des personnages. En général, je m’en accommode… mais pas cette fois. Je me suis sentie noyée par des détails inutiles liées à la biographie des différents protagonistes au point de perdre totalement de vue l’enquête. A la fin, je n’étais même plus curieuse de connaître le dénouement de l’affaire ni le nom du ou des meurtriers. C’est dommage car ce roman a de nombreux atouts et on y apprend beaucoup sur la vie de Baudelaire, les milieux artistiques de son époque et le petit peuple parisien. Je crois que l’autrice s’est laissée emporter trop loin par sa fascination pour le poète et son enthousiasme de narratrice.

📚D'autres avis que le mien chez Nath et sur le blog Le carnet et les instants

💪J’ai lu ce roman dans le cadre du challenge de lecture Un hiver polar. Il me permet de valider la case "VIP" du "bingo meurtrier".

📌La Femme sans tête - Les Fleurs du crime de Monsieur Baudelaire. Nadine Monfils. Seuil, 320 pages (2025)

je coche la case V.I.P. du bingo


Miss Marple au club du mardi. Agatha Christie

Miss Marple au club du mardi. Agatha Christie


J’ai commencé à lire Agatha Christie quand j’étais adolescente. Dans la bibliothèque de mes parents, il y avait une anthologie dont je me suis régalée tout un été. Je ne me suis jamais lassée de la Reine du crime depuis cette première découverte et j’aime (re)lire quelque uns de ses ouvrages de temps en temps. Les fameuses "petites cellules grises" du détective belge Hercule Poirot me sont plus familières que les aiguilles à tricoter de la perspicace Jane Marple. Aussi, j’ai décidé de combler mes lacunes en m’intéressant enfin à cette charmante petite mamie qui démêle si bien les fils des mystères les plus complexes. 

Miss Marple au club du mardi reprend en partie les nouvelles publiées dans The Thirteen problems en 1932. La version originale n’a été traduite en Français qu’en 1966 et divisée en deux volumes : Miss Marple au Club du Mardi (Le Sanctuaire d'Astarté, Les Lingots d'or, Le Seuil ensanglanté,… ) et Le Club du Mardi continue

Thirteen problems Agatha Christie
Miss Marple est conviée à une petite réunion amicale au cours de laquelle quelqu’un suggère de raconter à tour de rôle des histoires criminelles complexes. Le but du jeu étant de trouver la solution du mystère. Il y a parmi les participants, le propre neveu de Miss Marple, Raymond West et surtout l'ex superintendant de Scotland Yard, Sir Henry Clithering. Cette première séance du Club du mardi va révéler les extraordinaires qualités de déductions de Jane Marple. Elle coiffe systématiquement les autres participants au poteau. En effet, bien que cette tranquille petite bonne femme n’ait presque jamais quitté la bourgade de St. Mary Mead, elle en sait beaucoup sur la nature humaine. 

Si j’ai apprécié ces brèves nouvelles à suspense, je dois reconnaître que je préfère les intrigues plus longues. Le personnage de Jane Marple est plus sympathique que le prétentieux Hercule Poirot et on s’attache très vite à son esprit bienveillant et facétieux. 

📝[petite note hors sujet] Depuis le 16 janvier dernier, Netflix diffuse Les Sept cadrans d'Agatha Christie, un série en 3 épisodes qui revisite le roman éponyme et met en scène un autre détective amateur. Il s’agit de l'intrépide Lady Eileen Bundle Brent. La jeune aristocrate interfère dans l'enquête menée par le Superintendant Battle de Scotland Yard (le policier reste néanmoins un personnage secondaire). C'est une adaptation très réussie que j'ai eu plaisir à découvrir. Ce mois-ci, on peut également voir en replay La reine du crime présente sur France TV. Cette série s'inspire d'Agatha Christie et la met parfois en scène. Il ne s'agit pas d'adaptations de ses romans. Dans Meurtre à l’ambassade et Invitation à un meurtre, c'est Miranda Green qui mène les enquêtes "à la manière de". [/petite note hors sujet]

💪Ce court recueil de nouvelles policières me permet de participer à trois challenges:  Un hiver polar sur ce blog, Gravillons de l’hiver chez La Petite Liste et 2026 sera classique chez Nathalie. 

📌Miss Marple au club du mardi. Agatha Christie, traduite par Sylvie Durastanti. Le Livre de Poche, 187 pages (1992) / Nouvelle traduction en 2023.

Je participe à trois super challenges ! 180126

Carnet de bord #1 : janvier 2026

Carnet de bord

J’ai encore raté l’occasion de faire un bilan de mes lectures annuelles puisque janvier, le mois des bonnes résolutions, est bien entamé quasiment terminé. Je n’aime pas trop les contraintes en la matière mais je souhaite quand même me fixer quelques objectifs simples pour 2026 :

  1. Me réinscrire à la bibliothèque
  2. Avancer dans mes séries en cours
  3. Lire lesdites séries dans le bon ordre de parution
  4. Privilégier davantage les livres en V.O
  5. Lire plus d’essais
  6. Ne plus fuir les classiques
  7. Participer plus souvent aux lectures communes
  8. Réussir au moins un défi personnel  
  9. Eviter de me disperser plus que nécessaire

C’est pas mal déjà, non ? 😉

Les lectures communes déjà programmées :

  • 10 janvier : Un titre d’Andrée A. Michaud. Bilan super positif pour cette LC qui a inspiré 11 bloggeurs et permis de chroniquer 4 romans de l’autrice québécoise.
  • 10 février : La fille sans peau de Mads Peder Nordbo
  • 10 mars : Kalmann de Joachim B. Schmidt

💡A partir du second trimestre, je compte piocher d’autres idées de LC sur le blog dédié : Lectures communes

La liste déjà trop longue de challenges auxquels je participe(rai) :

Et s'ils sont reconduits...

Et vous, quels sont vos projets livresques pour 2026 ? 🙋