Quelle meilleure période que celle d’Halloween pour lire un bon roman d’horreur? Cette année j’ai choisi Salem de Stephen King. C’est un pavé de plus de 800 pages. L’édition d’origine était plus courte (439 pages) mais cette version est augmentée de scènes coupées ou modifiées ainsi que de deux nouvelles, Celui qui garde le ver et Un dernier pour la route, extraites du recueil Danse macabre. La première est une préquelle de Salem ; la seconde peut être considérée comme son épilogue. Le roman, dont le titre originale est Salem’s Lot, est paru en 1975 et a fait l’objet de plusieurs adaptations à l’écran. La dernière date de 2024. Le Salem de Gary Dauberman a été diffusé sur la plateforme HBO Max.
Contrairement à ce que je pensais, Salem n’est pas une histoire de sorcières. Dans son introduction, Stephen King ne cache pas qu’il s’est inspiré du Dracula de Bram Stoker et de la Maison hantée de Shirley Jackson. Il a voulu transposer le mythe du vampire à l’époque contemporaine dans une bourgade du Maine. Que se passerait-il alors si un être maléfique s’installait dans une petite communauté éloignée de tout ? C’est ce que nous découvrons grâce à Ben Mears, sorte d’alter ego de l’auteur.
Ben est écrivain. Il a déjà publié deux romans, mal reçus par la critique, mais qui se vendent bien auprès du grand public. Pour trouver l’inspiration nécessaire à son troisième roman, il se rend à Jerusalem's Lot (parfois raccourcie en Salem), une petite ville où il a brièvement vécu lorsqu’il était enfant. Pour l’essentiel, il en garde d’excellents souvenirs, à l’exception d’un épisode extrêmement traumatisant. Un défi lancé à ses copains l’avait incité à s’introduire dans la lugubre Marsten House, une maison qui avait été le théâtre d’un meurtre, doublé d’un suicide, quelques années plus tôt. De retour en ville, Ben souhaite louer Marsten House mais l’agent immobilier lui apprend que le bien a été vendu à un certain Kurt Barlow. L’homme ne s’est jamais montré en personne et c’est donc son associé, l’étrange Richard Straker, qui a négocié l’acquisition de la maison abandonnée.
Très rapidement, une série d’évènements perturbants viennent troubler la tranquillité de Salem. Ben, qui en est l’un des premiers témoins, est bientôt forcé d’organiser la résistance avec un petit groupe d’habitants. Celui-ci est composé de la charmante Susan Norton, la petite amie de Ben, de Matt Burke, un prof de littérature très apprécié de ses élèves, de Jim Cody, un médecin moyennement cartésien, de Mark Petrie, un collégien à l’intelligence aiguë et du père Callahan, un prêtre un peu trop porté sur la bouteille.
J’ai souvent entendu dire que les œuvres de Stephen King sont inégales. L’écrivain américain, quant à lui, nous dit avec la sincérité et la simplicité qui sont les siennes que Salem est son roman préféré. Pour ma part , je n’ai jamais été déçue par ses livres mais mon expérience est relativement limitée. Je n’ai lu que 3 autres romans de l’auteur (L’outsider, Holly et Contes de fée) et 2 recueils de nouvelles (Rita Hayworth et la Rédemption de Shawshank et Si ça saigne). Il serait donc prématuré d’élire mon roman préféré de Stephen King mais, une chose est sûre : je n’ai pas boudé mon plaisir.
Le fait de publier les deux nouvelles liées à l’univers de Salem était une excellente idée. Elle complètent bien le roman et surtout, elle laisse des portes ouvertes. Celui qui garde le ver s’inspire largement des travaux de H.P. Lovecraft. Stephen King a parfaitement réussi à en recréer l’atmosphère. Un dernier pour la route nous fait d’autant plus frissonner que l’intrigue est un huis clos se déroulant pendant une tempête de neige.
Je comprends pourquoi l’œuvre de Stephen King est si souvent l’objet d’adaptations cinématographiques et télévisuelles. L’écrivain américain a l’art de raconter les histoires, de créer des ambiances suggestives et des personnages auxquels le lecteur peut s’identifier. Il assume parfaitement son titre d’écrivain populaire mais peut-être moins celui de maître de l’horreur. Il est vrai qu’il est doué dans ce domaine mais aussi que son œuvre est plus variée que cela. Ses thrillers sont très bons aussi.
💪Une lecture dans le cadre du challenge Stephen King, organisé par Céline.
📌Salem. Stephen King, traduit par Joan Bernard et Christiane Thiollier. Le Livre de Poche, 832 pages (2009)





