Miss Marple au club du mardi. Agatha Christie

Miss Marple au club du mardi. Agatha Christie


J’ai commencé à lire Agatha Christie quand j’étais adolescente. Dans la bibliothèque de mes parents, il y avait une anthologie dont je me suis régalée tout un été. Je ne me suis jamais lassée de la Reine du crime depuis cette première découverte et j’aime (re)lire quelque uns de ses ouvrages de temps en temps. Les fameuses "petites cellules grises" du détective belge Hercule Poirot me sont plus familières que les aiguilles à tricoter de la perspicace Jane Marple. Aussi, j’ai décidé de combler mes lacunes en m’intéressant enfin à cette charmante petite mamie qui démêle si bien les fils des mystères les plus complexes. 

Miss Marple au club du mardi reprend en partie les nouvelles publiées dans The Thirteen problems en 1932. La version originale n’a été traduite en Français qu’en 1966 et divisée en deux volumes : Miss Marple au Club du Mardi (Le Sanctuaire d'Astarté, Les Lingots d'or, Le Seuil ensanglanté,… ) et Le Club du Mardi continue

Thirteen problems Agatha Christie
Miss Marple est conviée à une petite réunion amicale au cours de laquelle quelqu’un suggère de raconter à tour de rôle des histoires criminelles complexes. Le but du jeu étant de trouver la solution du mystère. Il y a parmi les participants, le propre neveu de Miss Marple, Raymond West et surtout l'ex superintendant de Scotland Yard, Sir Henry Clithering. Cette première séance du Club du mardi va révéler les extraordinaires qualités de déductions de Jane Marple. Elle coiffe systématiquement les autres participants au poteau. En effet, bien que cette tranquille petite bonne femme n’ait presque jamais quitté la bourgade de St. Mary Mead, elle en sait beaucoup sur la nature humaine. 

Si j’ai apprécié ces brèves nouvelles à suspense, je dois reconnaître que je préfère les intrigues plus longues. Le personnage de Jane Marple est plus sympathique que le prétentieux Hercule Poirot et on s’attache très vite à son esprit bienveillant et facétieux. 

📝[petite note hors sujet] Depuis le 16 janvier dernier, Netflix diffuse Les Sept cadrans d'Agatha Christie, un série en 3 épisodes qui revisite le roman éponyme et met en scène un autre détective amateur. Il s’agit de l'intrépide Lady Eileen Bundle Brent. La jeune aristocrate interfère dans l'enquête menée par le Superintendant Battle de Scotland Yard (le policier reste néanmoins un personnage secondaire). C'est une adaptation très réussie que j'ai eu plaisir à découvrir. Ce mois-ci, on peut également voir en replay La reine du crime présente sur France TV. Cette série s'inspire d'Agatha Christie et la met parfois en scène. Il ne s'agit pas d'adaptations de ses romans. Dans Meurtre à l’ambassade et Invitation à un meurtre, c'est Miranda Green qui mène les enquêtes "à la manière de". [/petite note hors sujet]

💪Ce court recueil de nouvelles policières me permet de participer à trois challenges:  Un hiver polar sur ce blog, Gravillons de l’hiver chez La Petite Liste et 2026 sera classique chez Nathalie. 

📌Miss Marple au club du mardi. Agatha Christie, traduite par Sylvie Durastanti. Le Livre de Poche, 187 pages (1992) / Nouvelle traduction en 2023.

Je participe à trois super challenges ! 180126

Carnet de bord #1 : janvier 2026

Carnet de bord

J’ai encore raté l’occasion de faire un bilan de mes lectures annuelles puisque janvier, le mois des bonnes résolutions, est bien entamé quasiment terminé. Je n’aime pas trop les contraintes en la matière mais je souhaite quand même me fixer quelques objectifs simples pour 2026 :

  1. Me réinscrire à la bibliothèque
  2. Avancer dans mes séries en cours
  3. Lire lesdites séries dans le bon ordre de parution
  4. Privilégier davantage les livres en V.O
  5. Lire plus d’essais
  6. Ne plus fuir les classiques
  7. Participer plus souvent aux lectures communes
  8. Réussir au moins un défi personnel  
  9. Eviter de me disperser plus que nécessaire

C’est pas mal déjà, non ? 😉

Les lectures communes déjà programmées :

  • 10 janvier : Un titre d’Andrée A. Michaud. Bilan super positif pour cette LC qui a inspiré 11 bloggeurs et permis de chroniquer 4 romans de l’autrice québécoise.
  • 10 février : La fille sans peau de Mads Peder Nordbo
  • 10 mars : Kalmann de Joachim B. Schmidt

💡A partir du second trimestre, je compte piocher d’autres idées de LC sur le blog dédié : Lectures communes

La liste déjà trop longue de challenges auxquels je participe(rai) :

Et s'ils sont reconduits...

Et vous, quels sont vos projets livresques pour 2026 ? 🙋


Les mâchoires de la peur. Cittadini et Wybon

Les mâchoires de la peur. Cittadini et Wybon


J’ai toujours eu un penchant pour la pop culture. Parmi mes dadas, il y a des requins. Je suis fan du film Les dents de la mer de Steven Spielberg. Les volets 2,3 et 4, réalisés respectivement par Jeannot Szwarc, Joe Alves et Joseph Sargent sont nettement moins réussies. Quoi qu’il en soit, chaque année, à la même période, je regarde la rediffusion de la série. Je ne m’en lasse pas et pourtant j’ai du mal à dire ce qui me fascine tellement.  Je ne pouvais évidemment pas passer à côté du roman graphique publié par les éditions Huginn & Muninn, à l’occasion du cinquantième anniversaire du long métrage. 


Les mâchoires de la peur. Cittadini et Wybon P3


Comme l’indique le sous-titre, l’album a pour vocation de raconter les coulisses de ce tournage mythique. En 1973, lorsque le manuscrit original de Peter Benchley commence à circuler à Hollywood, Steven Spielberg est un tout jeune réalisateur. Il achève le tournage de Sugarland Express et n’a pas encore réalisé les grands films qui feront son succès : Jaws (littéralement mâchoires) / Les dents de la mer sortira le 20 juin 1975 (28 janvier 1976 en France), Rencontres du troisième type en 1977, Les Aventuriers de l'arche perdue en 1981, E.T. en 1982, etc. Le réalisateur américain est très emballé par le scénario que lui soumettent les producteurs d’Universal Pictures mais craint de se compromettre avec un film trop commercial. David Brown et Richard Zanuck finissent néanmoins par le convaincre d’accepter le job. 

Le manuscrit de  Peter Benchley sera retravaillé par plusieurs scénaristes successifs dont Carl Gottlieb et Howard Sackler. Après quelques tergiversations, il est décidé que les protagonistes principaux seront incarnés par Roy Scheider, Richard Dreyfuss, Lorraine Gary et Robert Shaw (l’acteur a hésité à accepter un rôle qui a d’abord été proposé à Lee Marvin). Pour les effets spéciaux, les producteurs vont demander à Robert A. Mattey de sortir de sa retraite tandis que Joe Alves assura la direction artistique. C’est lui qui propose l’île de Martha’s Vineyard dans le Massachusetts plutôt que Nantucket pour servir de décor à la petite ville d'Amity.

Le tournage s’avère chaotique dès le début. L’équipe de tournage ne dispose pas de toutes les accréditations nécessaires pour tourner, l’eau de mer gelée rend les longues prises très difficiles à supporter pour les acteurs, les requins mécaniques tombent en panne à cause de l’eau salée, la durée du tournage est considérablement allongée par rapport aux prévisions de départ, le scénario est sans cesse modifié pour s’adapter aux contraintes inattendues, le budget explose, la tension monte entre les membres de l’équipe… Bref, plus personne n’y croit et même Steven Spielberg finit par douter qu’il arrivera à boucler le tournage.  Quelle ironie quand on sait que Les dents de la mer sera l’un des plus grands succès cinématographiques de tous les temps et que le blockbuster estival rapportera plus de 470 millions de dollars aux Studios d’Universal.

Il me semble que la bande dessinée d’Antonio Cittadini & Jérôme Wybon s’adresse vraiment aux aficionados tant l’histoire du tournage est passée au crible dans ses moindres détails.  Evidemment, j’ai trouvé l’album passionnant de bout en bout et j’y ai beaucoup appris sur le film. Je savais que réaliser un long métrage était une affaire compliquée mais je ne me rendais pas compte à quel point. En revanche, le récit m’a semblé parfois un peu brouillon à cause des nombreux flashbacks qui l’alourdissent. D’un autre côté, je comprends qu’une narration linéaire aurait été bien monotone et aurait ressemblé à un article de Wikipédia. Les dessins sont très réussis. On reconnait bien les acteurs et il y a de nombreux clins d’œil aux scènes d’anthologie du film. Il ne me reste plus qu’à lire le roman original de Peter Benchley et ça tombe bien car les éditions Gallmeister l’ont réédité à l’occasion des commémorations. Dans un autre contexte politique, je me serais volontiers rendu aux Etats-Unis visiter les lieux du tournage et l’exposition anniversaire au Martha's Vineyard Museum. Un jour peut-être…


Les mâchoires de la peur. Cittadini et Wybon P5


📌Les mâchoires de la peur - Les coulisses d'un tournage mythique. Antonio Cittadini (Dessin, Couleurs) & Jérôme Wybon (Scénario). Huginn & Muninn, 192 pages (2025)