J’ai lu ce livre dans le cadre des commémorations du centième anniversaire du Black History Month, un évènement annuel dédié l'histoire de la diaspora africaine. L'Association for the Study of African American Life and History (ASALH) a lancé la première Negro History Week en février 1926 mais c’est le président américain Gerald Ford qui, en 1976, a adopté officiellement le mois de février pour les célébrations. Le Royaume-Uni et le Canada se sont joints aux Etats-Unis, respectivement en 1987 et 1995. En France, un premier Black History Month a été organisé en 2018 par l'association Mémoires & Partages. Ces initiatives ont néanmoins suscité quelques critiques et controverses. En décembre 1986, à l’occasion d’une réunion du National Press Club à Washington, James Baldwin propose d’instaurer une "Semaine de l'Histoire des Blancs" :
« Quand je suggère une Semaine de l'Histoire Blanche, je ne suis pas en train de proposer une parodie de la Semaine de l'Histoire noire. Je veux dire que la vérité au sujet de ce pays est enfouie dans les mythes que les Blancs ont sur eux-mêmes ».
Cet opus éminemment politique met en lumière bien des aspects de la lutte raciale aux Etats-Unis, d’une part, mais aussi dans d’autres pays comme l’Afrique du Sud où l’apartheid n’a été aboli qu’en 1991. La réflexion de James Baldwin va bien sûr au-delà de celle évidente de l’histoire coloniale et de l’esclavagisme. Il montre l’invisibilité (au mieux) de la population Afro-américaine au sein de la société étasunienne, la paupérisation des quartiers noirs, la haine raciale persistante. L’actualité malheureusement lui donne raison. L’affaire du meurtre de George Floyd, par exemple, est devenue emblématique de la situation raciale aux Etats-Unis mais elle cache bien d’autres vérités ancrées dans la conscience collective américaine. Elles dépassent aussi largement ses frontières et l’ouvrage de James Baldwin devrait nous inciter tous à réfléchir sur cette histoire raciale commune. Il me semble malheureusement que peu de choses ont changé depuis la mort de l’écrivain en 1987.
💪Enna organise sur son blog un défi de lecture, l'African American History Month Challenge 2026 auquel je me joins cet année grâce à cet essai percutant de James Baldwin. Sur la même thématique mais abordée de manière différente, je recommande aussi la lecture de l’œuvre de Maya Angelou. Meurtres à Atlanta est aujourd'hui considéré comme un classique du genre. Aussi, il me permet de participer au défi 2026 sera classique chez Nathalie et puisqu'il compte moins de 200 pages, il s'intègre parfaitement aux Gravillons de l'hiver chez Sybilline.
📌 Meurtres à Atlanta. James Baldwin, traduit par James Bryant. Le Livre de Poche, 192 pages (2025)







