Étude en rouge. Arthur Conan Doyle

Etude en rouge vs A Study in Scarlet Athur Conan Doyle


J’ai pris conscience grâce au challenge de lecture Un hiver polar que j’avais quelques lacunes en ce qui concerne la littérature de mauvais genres et ses classiques. Je n’avais jamais lu une seule enquête de Sherlock Holmes ! J’ai donc décidé de tout (re)prendre depuis le début. Etude en rouge est la genèse des aventures impliquant le fameux détective londonien. Sherlock Holmes et son fidèle acolyte se rencontrent au début de ce premier volume.

Affiche pour le film A Study in Scarlet
Le docteur John Watson a été blessé pendant la seconde guerre Anglo afghane (1878-1880). La pension qu’il reçoit pour la durée de sa convalescence est un peu chiche si bien qu’il doit faire des économies. Un ami lui présente Sherlock Holmes qui cherche un colocataire pour l’appartement du 221B Baker Street. Les excentricités de Sherlock étonnent un peu Watson mais ce n’est pas rédhibitoire, au contraire ! Le médecin est intrigué par les expériences de son nouveau compagnon. La science de la déduction et de l’analyse n’en est qu’à ses premiers balbutiements et il faut un certain temps au bon docteur pour comprendre la nature exacte des activités de Sherlock. L’oisiveté aidant, John Watson accepte de suivre Sherlock Holmes dans ses investigations. Celles-ci conduiront nos deux protagonistes sur une scène de crime dans Brixton Road. 

Lestrade et Gregson, les enquêteurs de Scotland Yard, sont sur les dents. Un homme, dont l’identité est inconnu a été laissé pour mort dans une maison abandonnée. Aucun élément ne permet de détecter la cause du décès mais des indices prouvent qu’il s’agit bien d’un assassinat. La difficulté de l’affaire les incitent à faire appel au détective consultant pour en démêler les fils. 

Je ne veux pas vous en dire trop mais sachez que nos deux héros vont devoir aller chercher la clé de l’énigme dans le passé de la victime. Elle conduit le lecteur bien loin de la grisaille londonienne, de l’autre côté de l’Atlantique, dans les déserts arides de l’Utah et à Salt Lake City, capitale des pionniers mormons. Pour être honnête, je ne m’attendais pas à autant de dépaysement ! Je craignais également que le style de l’auteur ne soit un peu désuet et me donne du fil à retordre mais cela n’a pas été le cas. L’écriture Arthur Conan Doyle est très fluide et je n’ai pas boudé mon plaisir. Je sais pas encore si cette première incursion dans l’univers holmésien me conduira un jour jusqu’à l’adhésion à la SSHF (Société Sherlock Holmes de France) mais on ne sait jamais ! 

Il existe de très nombreuses adaptations à l’écran des aventures de Sherlock Holmes. La toute première version inspirée d’Une étude en rouge est un film muet de 1914, A Study in Scarlet, produit par G. B. Samuelson avec James Bragington dans le rôle du célèbre détective. 

💪Lecture dans la cadre des challenges Un hiver polar, les Gravillons de l'hiver et 2026 sera classique.

📌Étude en rouge. Arthur Conan Doyle, traduit par Pierre Baillargeon. Le Livre de Poche, 188 pages (1995)

Aujourd'hui je participa à 3 challenges de lecture

L' Art meurtrier du lait de coco. Mia P. Manansala

L' Art meurtrier du lait de coco. Mia P. Manansala


N’importe quel plat contenant du lait de coco est une véritable tuerie. J’adore ça. Mais ce n’est pas le seul ingrédient qui m’ait attirée vers ce roman. L’œuvre de Mia P. Manansala est hautement inclusive. L’autrice américaine est issue de la diaspora philippine.  Ses personnages sont emblématiques du melting pot américain et de la communauté LGBTQIA+. Son récit est émaillé de vocabulaire en Tagalog et surtout de recettes de cuisine exotiques qui donnent très envie d’y plonger sa cuillère (on n’utilise pas de baguettes aux Philippines). La série compte 6 tomes à ce jour dont 3 traduits en Français. Le premier tome a été récompensé par le Prix Agatha 2021, le Prix Anthony 2022 et le Prix Macavity 2022 du meilleur premier roman. 

L’héroïne de ce Cosy Mystery culinaire s’appelle Lila Macapagal. Cette jeune femme de 25 ans doit prendre un nouveau départ après une déception amoureuse et professionnelle qui l’a poussée à quitter Chicago où elle vivait depuis le début de ses études (qu’elle n’a d’ailleurs pas terminées). Lila est donc de retour dans sa bourgade natale de Shady Palms dans l’Illinois. Elle est venue donner un coup de main à sa tante dont le restaurant, Tita Rosie’s Kitchen, est au bord de la faillite. La cuisine y est délicieuse mais Tita Rosie n’a pas l’âme d’une gestionnaire avisée. Lola Flor, la grand-mère de Lila, n’arrange pas les choses en dilapidant les rares bénéfices au mah-jong et au pusoy (poker philippin). Et comme si cela ne suffisait pas, Derek Winter, l’ex petit ami de Lila, s’est mis en tête de couler le restaurant en publiant des critiques culinaires assassines. Lorsqu’il tombe raide mort après avoir goûté un dessert concocté par Lila, l’inspecteur Park ne peut que la soupçonner d’avoir tenté de régler le problème à sa manière. Les analyses réalisées par le médecin légiste révèlent que Derek avait ingurgité du poison mais Lila découvre rapidement que son restaurant familial n’était pas la seule cible du critique gastronomique amateur. Soutenue par ses proches, Lila va mener une enquête aussi chaotique que distrayante pour le lecteur. Parmi la multitude de personnages qui défilent, il y a Adeena Awan, sa meilleure amie barista au Java Jo’s, les membres du "club du calendrier" (les marraines de Lila ainsi surnommées à cause de leurs prénoms inspirés des mois de l’année : April, Mae et June), le Teckel de notre héroïne qui s’appelle Nisa (ou Gumiho dans la version originale ce qui signifie longue saucisse), etc. Il est impossible de citer toute la galerie de personnages (cousins, voisins, amis, restaurateurs concurrents…) tous plus excentriques les uns que les autres. 

Je pense qu’il faut vraiment être amateur de Cosy Mystery pour apprécier ce roman. L’intrigue policière tient la route mais ce n’est pas le principal intérêt du livre. L’atmosphère et les personnages sont le cœur palpitant du roman. La plupart des protagonistes sont drôles et sympathiques. Néanmoins, le premier chapitre a failli me dissuader de poursuivre ma lecture tant je craignais de tomber dans la guimauve. L’humour de l’autrice l’empêche heureusement de s’enliser davantage dans ce pétrin. La narration est très sensorielle. Le lecteur a presque l’impression de sentir le fumet des plats et l’autrice décrit très bien les saveurs qui les composent. Je dois dire que j’ignorais jusqu’à l’existence de certains ingrédients mais elle a eu l’obligeance de rédiger un guide comprenant les noms de plats, les titres honorifiques et le vocabulaire Tagalog. J’ai finalement passé un agréable moment de lecture mais je préfère quand même m’en tenir à des doses homéopathiques. Je ne pense donc pas lire tout de suite le second volet de la série.

1. Arsenic and Adobo (2021) / L'Art meurtrier du lait de coco

2. Homicide and Halo-Halo (2022) / L'Art meurtrier du Halo-Halo

3. Blackmail and Bibingka (2022) / L'Art meurtrier du bibingka

4. Murder and Mamon (2023)

5. Guilt and Ginataan (2024)

6. Death and Dinuguan (2025)

💪J’ai lu ce roman dans le cadre du challenge de lecture Un hiver polar. Je l’ai sélectionné parce qu’il me permet de valider la case "Thé, cupcakes, etc" du bingo meurtrier. 

📌La Cuisine mortelle de Tita Rosie - Tome 1 : L'Art meurtrier du lait de coco. Mia P. Manansala, traduite par Élodie Leplat. Pocket, 448 pages (2025)


Aujourd'hui, je valide la case "Thé, cupcake, etc"

Bunny. Mona Awad

Bunny. Mona Awad


Quand j’ai commencé à lire la quatrième de couverture, j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’une énième histoire de sororité estudiantine sur un campus américain. Le bandeau s’enorgueillissant d’un bestseller "culte" et "inoubliable" plébiscité sur Tik Tok ne me rassurait pas vraiment. Le détail qui a titillé ma curiosité est la mention d’un roman cruel, hypnotique et délicieusement dérangeant. Le fait que le roman soit adoubé par Margaret Atwood a achevé de me convaincre de sortir de ma zone de confort. Pour être surprise, j’allais être surprise ! 

Bunny en VO
L’héroïne de ce roman s’appelle Samantha Mackey . Elle a déjà un lourd bagage personnel, lorsqu’elle intègre l’université Garenn (Warren dans la V.O.), une très chic et prestigieuse école d’art qui se veut avant-gardiste. La jeune femme partage un atelier d’écriture avec un groupe de nénettes poseuses à l’extrême et aux mœurs étranges. Elle se surnomment elles-mêmes les Bunnies. Samantha a passé sa première année d’étude à Garenn en marge de cette société. Sa seule amie, Ava, a quitté l’établissement depuis longtemps, jugeant qu’il asséchait son esprit créatif. Elle vivote désormais de petits boulots et traine à la bibliothèque de Garenn. Ava est la branche d’amitié et d’espoir à laquelle se raccroche Samantha… jusqu’au jour où les Bunnies invitent Samanthe à l’une de leurs petites sauteries entre filles. En dépit de ses réticences, notre héroïne est trop avide d’intégration sociale pour refuser cette sollicitation inattendue. C’est le début d’une dérive à laquelle on s’attend mais qui ne va pas du tout aller dans le sens que l’on croit.

J’ai rarement lu des romans aussi bizarres et déjantés. Sous le vernis du fantastique horrifique, il y a une touche de féminisme, une bonne dose de critique sociale et une vraie satire du monde artistique. Comme promis, Samatha va vivre une descente hallucinée en enfer et le lecteur se poser beaucoup de questions sur ce roman dérangeant. Parce que je voulais savoir où l’autrice voulait nous conduire, j’ai continué d’en tourner les pages (il faut reconnaître que cette histoire incite au voyeurisme). J’ai refermé le livre avec la sensation de ne pas avoir su décrypter toutes les intentions de l’autrice bien qu'elle nous donne quelques clés d'interprétation. 

📚D'autres avis que le mien sur Babelio, les blogs Analire et Adopt A Librarian et un article à lire sur le blog I literature: The Future of Fiction: Why You Should Be Reading Izumi Suzuki and Mona Awad

📌Bunny. Mona Awad, traduite par Cécile Leclère. HarperCollins, 448 pages (2025)