Carnet de bord #1 : janvier 2026

Carnet de bord

J’ai encore raté l’occasion de faire un bilan de mes lectures annuelles puisque janvier, le mois des bonnes résolutions, est bien entamé quasiment terminé. Je n’aime pas trop les contraintes en la matière mais je souhaite quand même me fixer quelques objectifs simples pour 2026 :

  1. Me réinscrire à la bibliothèque
  2. Avancer dans mes séries en cours
  3. Lire lesdites séries dans le bon ordre de parution
  4. Privilégier davantage les livres en V.O
  5. Lire plus d’essais
  6. Ne plus fuir les classiques
  7. Participer plus souvent aux lectures communes
  8. Réussir au moins un défi personnel  
  9. Eviter de me disperser plus que nécessaire

C’est pas mal déjà, non ? 😉

Les lectures communes déjà programmées :

  • 10 janvier : Un titre d’Andrée A. Michaud. Bilan super positif pour cette LC qui a inspiré 11 bloggeurs et permis de chroniquer 4 romans de l’autrice québécoise.
  • 10 février : La fille sans peau de Mads Peder Nordbo
  • 10 mars : Kalmann de Joachim B. Schmidt

💡A partir du second trimestre, je compte piocher d’autres idées de LC sur le blog dédié : Lectures communes

La liste déjà trop longue de challenges auxquels je participe(rai) :

Et s'ils sont reconduits...

Et vous, quels sont vos projets livresques pour 2026 ? 🙋


Les mâchoires de la peur. Cittadini et Wybon

Les mâchoires de la peur. Cittadini et Wybon


J’ai toujours eu un penchant pour la pop culture. Parmi mes dadas, il y a des requins. Je suis fan du film Les dents de la mer de Steven Spielberg. Les volets 2,3 et 4, réalisés respectivement par Jeannot Szwarc, Joe Alves et Joseph Sargent sont nettement moins réussies. Quoi qu’il en soit, chaque année, à la même période, je regarde la rediffusion de la série. Je ne m’en lasse pas et pourtant j’ai du mal à dire ce qui me fascine tellement.  Je ne pouvais évidemment pas passer à côté du roman graphique publié par les éditions Huginn & Muninn, à l’occasion du cinquantième anniversaire du long métrage. 


Les mâchoires de la peur. Cittadini et Wybon P3


Comme l’indique le sous-titre, l’album a pour vocation de raconter les coulisses de ce tournage mythique. En 1973, lorsque le manuscrit original de Peter Benchley commence à circuler à Hollywood, Steven Spielberg est un tout jeune réalisateur. Il achève le tournage de Sugarland Express et n’a pas encore réalisé les grands films qui feront son succès : Jaws (littéralement mâchoires) / Les dents de la mer sortira le 20 juin 1975 (28 janvier 1976 en France), Rencontres du troisième type en 1977, Les Aventuriers de l'arche perdue en 1981, E.T. en 1982, etc. Le réalisateur américain est très emballé par le scénario que lui soumettent les producteurs d’Universal Pictures mais craint de se compromettre avec un film trop commercial. David Brown et Richard Zanuck finissent néanmoins par le convaincre d’accepter le job. 

Le manuscrit de  Peter Benchley sera retravaillé par plusieurs scénaristes successifs dont Carl Gottlieb et Howard Sackler. Après quelques tergiversations, il est décidé que les protagonistes principaux seront incarnés par Roy Scheider, Richard Dreyfuss, Lorraine Gary et Robert Shaw (l’acteur a hésité à accepter un rôle qui a d’abord été proposé à Lee Marvin). Pour les effets spéciaux, les producteurs vont demander à Robert A. Mattey de sortir de sa retraite tandis que Joe Alves assura la direction artistique. C’est lui qui propose l’île de Martha’s Vineyard dans le Massachusetts plutôt que Nantucket pour servir de décor à la petite ville d'Amity.

Le tournage s’avère chaotique dès le début. L’équipe de tournage ne dispose pas de toutes les accréditations nécessaires pour tourner, l’eau de mer gelée rend les longues prises très difficiles à supporter pour les acteurs, les requins mécaniques tombent en panne à cause de l’eau salée, la durée du tournage est considérablement allongée par rapport aux prévisions de départ, le scénario est sans cesse modifié pour s’adapter aux contraintes inattendues, le budget explose, la tension monte entre les membres de l’équipe… Bref, plus personne n’y croit et même Steven Spielberg finit par douter qu’il arrivera à boucler le tournage.  Quelle ironie quand on sait que Les dents de la mer sera l’un des plus grands succès cinématographiques de tous les temps et que le blockbuster estival rapportera plus de 470 millions de dollars aux Studios d’Universal.

Il me semble que la bande dessinée d’Antonio Cittadini & Jérôme Wybon s’adresse vraiment aux aficionados tant l’histoire du tournage est passée au crible dans ses moindres détails.  Evidemment, j’ai trouvé l’album passionnant de bout en bout et j’y ai beaucoup appris sur le film. Je savais que réaliser un long métrage était une affaire compliquée mais je ne me rendais pas compte à quel point. En revanche, le récit m’a semblé parfois un peu brouillon à cause des nombreux flashbacks qui l’alourdissent. D’un autre côté, je comprends qu’une narration linéaire aurait été bien monotone et aurait ressemblé à un article de Wikipédia. Les dessins sont très réussis. On reconnait bien les acteurs et il y a de nombreux clins d’œil aux scènes d’anthologie du film. Il ne me reste plus qu’à lire le roman original de Peter Benchley et ça tombe bien car les éditions Gallmeister l’ont réédité à l’occasion des commémorations. Dans un autre contexte politique, je me serais volontiers rendu aux Etats-Unis visiter les lieux du tournage et l’exposition anniversaire au Martha's Vineyard Museum. Un jour peut-être…


Les mâchoires de la peur. Cittadini et Wybon P5


📌Les mâchoires de la peur - Les coulisses d'un tournage mythique. Antonio Cittadini (Dessin, Couleurs) & Jérôme Wybon (Scénario). Huginn & Muninn, 192 pages (2025)


La Cabane dans les arbres. Vera Buck

La Cabane dans les arbres. Vera Buck


Vera Buck s’est fait connaître en France avec la traduction de Wolfskinder (Les Enfants loups). Le succès a été immédiat et j’ai tenté pendant des mois d’obtenir le livre à la bibliothèque avant d’abandonner. Avec la sortie de Das Baumhaus (La Cabane dans les arbres) , je retourne donc à ma manie de tout lire dans le désordre. Ce n’est pas très grave puisque ne s’agit pas d’une série et que les deux romans sont complètement indépendants. 

L’intrigue de ce thriller haletant nous conduit en Suède où une petite famille allemande a élu domicile pour les vacances (et plus si affinités). Henrik a hérité de la maison de son grand père adoré dans le Västernorrland. La bicoque ressemble à une cabane de conte de fée mais un peu délabrée. Elle est très inspirante pour ce jeune auteur de livres pour la jeunesse qui a un penchant pour le fantastique. C’est la joie de son jeune fils Fynn, 5 ans, dont l’imagination est aussi débordante que celle de son paternel. Nora, sa maman, semble être la seule adulte du trio, avec les pieds bien sur terre… la plupart du temps. 

Das Baumhaus
Ce séjour en Suède tombe à point nommé. Nora est entre deux missions professionnelles et victime de harcèlement de la part d’un ex collègue. Fascinée par l’utopie écologique et égalitaire développée par Astrid Lindgren dans ses romans pour enfants Dans Barnen i Bullerbyn (Nous, les enfants du village Boucan) et Vi på Saltkråkan (Nous, à Saltkråkan), elle rêve d’une vie familiale plus paisible. La petite aventure commence à devenir inquiétante lorsqu’une certaine Rosa Lundqvist découvre de vieux ossements humains dans la forêt. Il s’agirait du squelette d’un enfant. A cela s’ajoute les visites troublantes d’un inconnu qui apporte des jouets à Fynn sans se signaler à ses parents. 

Il s’agit d’un roman polyphonique et la forêt n’est pas qu’un décor. Elle devient un personnage à part entière. D’abord enchanteresse puis de plus en plus sombre et inquiétante. Elle a une vie secrète. Elle griffe, accroche, s’assombrie et devient le réceptacle des pires traumatismes. Le passé se mêle au présent et les différents protagonistes forment un ballet de personnalités maléfiques, torturées ou sous influence. 

J’ai eu un peu de mal à entrer dans ce roman très sensoriel qui m’a semblé partir un peu dans tous les sens. J’ai dû m’habituer aux personnages énigmatiques et au style si particulier de l’autrice. Et pourtant, à un moment donné, je ne saurais dire ni quand ni comment, j’ai été totalement happée par l’intrigue. Une fois ferrée, j’ai eu beaucoup de mal à lâcher le livre. Je voulais connaître le fil qui relie tous les éléments. Le dénouement m’a semblé peu crédible mais ce n’est pas grave car j’ai passé un excellent moment de lecture.  

📚Un autre avis que le mien chez Eva

💪Grâce à cette lecture, je participe au Challenge Un hiver polar et coche les cases "Scandinavie" et "cabane" du bingo meurtrier.

📌La Cabane dans les arbres. Vera Buck, traduite par Brice Germain. Gallmeister, 464 pages (2025)

Mon bingo meurtrier