Mort compte triple. Robert Thorogood

Mort compte triple. Robert Thorogood


Mort compte triple est le premier volume de la série de Cosy Musteries Les Dames de Marlow enquêtent. Marlow n’est pas un lieu fictif. C’est une ville située au bord de la Tamise, à mi-chemin entre Oxford et Londres. L’auteur est l’un de ses habitants parmi les plus célèbres. Sa traductrice, Sophie Brissaud, précise que « la région synthétise le mode de vie anglais, son confort et son ambiance paisible. » Sous la plume de Robert Thorogood l’endroit n’est pas si tranquille que ça ! 

Un premier meurtre survient dès le début du roman tandis que Judith Potts, 77 ans, fait une petite baignade dans la Tamise, son rituel quasi quotidien. Sur la rive d’en face, son voisin hurle et un coup de pistolet se fait entendre. Notre fringante septuagénaire tente de nager jusqu’au lieu du crime avant de renoncer et de faire demi-tour. La police appelée en renfort ne trouve rien qui ne sorte de l’ordinaire chez Stefan Dunwoody. Il faut une nouvelle intervention de Judith Potts pour retrouver le corps du malheureux dans son jardin. Le vieille dame décide alors de prendre les choses en main et de mener sa propre enquête. C’est ainsi qu’elle va faire la connaissance de ses futures acolytes : Becks Starling, la femme du vicaire, et Suzie Harris, la promeneuse de chien. Néanmoins notre trio entretient des relations tout à fait cordiales avec l’enquêtrice de la police, Tanika Malik, et leur collaboration s’avère fructueuse.

💪J’ai profité du challenge de lecture "Un hiver polar" pour commencer enfin cette série sur laquelle je louchais depuis un moment. Le Cosy Mystery a le vent en poupe depuis quelques temps. J’imagine qu’il faut en prendre et en laisser parmi toutes les parutions mais ce premier volet des Dames de Marlow est très réussi. Robert Thorogood s’est attaché à créer des personnages sympathiques, avec leurs qualités mais aussi leurs défauts. Si Judith Potts tient à son célibat, c’est néanmoins une personne sociable et optimiste. Elle est « verbicruciste et cruciverbiste », c’est dire si elle est passionnée de mots croisés et autres puzzles. D’ailleurs, le lecteur est invité s’il le souhaite à résoudre trois grilles d’indices au cours du récit. Becks Starling, la méticuleuse femme au foyer, cache un caractère de feu et une bonne dose de courage. Suzie Harris, la quinquagénaire brute de décoffrage, est plus tendre qu’elle ne veut bien le montrer. 

L’intrigue est tarabiscotée à souhait mais néanmoins assez crédible. Il y a une vraie enquête, ce qui n’est pas toujours le cas dans les Cosy Crimes, et elle est menée tambour battant. Bref, on ne s’ennuie pas une minute dans ce premier tome des Dames de Marlow. Bien que je me sois promis de limiter un peu les séries policières, je garde celle-ci dans ma liste à suivre. Il y a 5 tomes parus à ce jour :

  1. The Marlow Murder Club (2021) / Mort compte triple
  2. Death Comes to Marlow (2023) / Il suffira d'un cygne
  3. The Queen of Poisons (2024) / Poison en huis clos
  4. Murder on the Marlow Belle (2025) / Meurtre sur la Tamise
  5. The Mysterious Affair Of Judith Potts (2026)
Grâce à cette lecture dans le cadre du challenge Un hiver polar, je valide aujourd'hui la case "arme à feu" du Bingo meurtrier.

📌Les Dames de Marlow enquêtent - Vol. 1 : Mort compte triple.  Robert Thorogood, traduit par Sophie Brissaud. Editions de La Martinière, 408 pages (2021) / Editions Points, 408 pages (2023)


La Quiche fatale. M. C. Beaton

La Quiche fatale. M. C. Beaton

A force de croiser Agatha Raisin dans les lieux de perdition comme les librairies et les bibliothèques, j’ai eu envie de faire vraiment sa connaissance. J’étais un peu dubitative concernant cette héroïne capable de s’illustrer dans 37 enquêtes policières successives. Son homologue masculin, Hamish Macbeth, est d’ailleurs tout aussi actif. Sachant que M. C. Beaton alias Marion Chesney a écrit plusieurs autres Cosy Mysteries sous divers pseudonymes, j’avoue que je n’étais pas sûre d’y trouver mon compte. C’était compter sans l’irrésistible humour anglais !

Dans ce premier volet, Agatha Raisin, quinquagénaire active et déterminée, a décidé de revendre son agence de communication londonienne. Elle a acheté un charmant cottage dans la belle région des Costwolds car elle prend sa retraite anticipée. Evidemment l’arrivée de cette citadine excentrique n’enchante pas particulièrement les habitants du paisible village de Carsely. Agatha va devoir batailler pour se faire accepter parmi eux. L’organisation d’un concours de quiches lui semble l’occasion idéale bien qu’elle ne sache pas cuisiner. Sans remord particulier ni sentiment de culpabilité, elle décide de tricher et de se procurer une tarte aux épinards chez son traiteur préféré. Elle tente également de soudoyer le jury, le major Cummings-Browne et son épouse, en les invitant au restaurant. Evidemment, l’impétueuse Agatha ne pouvait pas deviner que président du jury mourrait empoissonné après avoir mangé une part de sa quiche. Non seulement sa tricherie est découverte mais notre quinquagénaire devient suspecte dans une affaire de meurtre. 

Contre toute attente, j’ai été séduite par cette Agatha Raisin que l’on compare souvent à Miss Marple. L’héroïne de MC Beaton se distingue pourtant par son caractère haut en couleur,  ses réparties bien senties et son langage fleuri. Il faut bien reconnaître qu’on ne s’ennuie pas une minute avec elle ! Les autres personnages sont assez bien campés aussi et c’est l’un des points forts de cette série de Cosy Crimes. L’ambition première de l’autrice est de distraire son lecteur plutôt que d’insister sur les scènes de crime sanglantes ou les ambiances très sombres. Cela n’exclut pas d’aborder quelques sujets de société. C’est un genre qu’on apprécie ou pas. Pour ma part, après avoir suivi cette première intrigue, je comprends mieux la longévité de son attachante héroïne. Je pense donc continuer la série. Cela tombe bien car les premiers volets sont désormais disponibles en format de poche ! Pour info, il existe également une adaptation télévisée de la série avec Ashley Jensen dans le rôle principal.

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💪J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge Un hiver polar. Il me permet de participer au bingo meurtrier et de valider le mot Poison, en plus des cases Campagne anglaise, Détective amateur et Jalousie que j'avais déjà cochées. 

📚D’autres avis que le mien chez Pativore, Bianca, Pedro Pan Rabbit, Marie-Eglantine, Anne, Sharon, Emilie 

📌La Quiche fatale (Agatha Raisin enquête, Tome 1). M. C. Beaton, traduite par Esther Ménévis. Le Livre de Poche, 288 pages (2025).





Cette belle vie qui nous attend. Thierry Maricourt

Cette belle vie qui nous attend. Thierry Maricourt


J’ai trouvé cet opus dans le rayon polars de ma librairie favorite mais je sais maintenant qu’il y avait atterri par hasard. Si j’avais lu la quatrième de couverture en entier, j’aurais compris qu’il s’agit d’un récit postapocalyptique destiné à dénoncer nos multiples dérives. Je l’ai embarqué parce que l’auteur a vécu à Amiens et que l’intrigue se déroule dans cette ville. 

Lorsque j’ai commencé ma lecture, je ne m’attendais pas du tout à un récit hallucinatoire. C’est un univers cauchemardesque qui nous est décrit, peuplé d’êtres humains fantomatiques  et rongés par la maladie. La ville que je connais aujourd’hui a disparu sans qu’on ne sache exactement quand ni pourquoi. Le narrateur, père d’un garçon de 10 ans, se laisse entrainer par sa nouvelle compagne dans les méandres de la cité ravagée. Ils sont invités à se joindre à une ronde d’individus promettant un avenir radieux illusoire sur les décombres du monde ancien. 

C’est un roman étrange et malaisant dont je comprends et respecte les intentions mais que je n’ai pas lu avec plaisir. Le livre est très court puisqu’il ne compte qu’une soixante de pages. Il invite néanmoins à un décryptage et à une réflexion plus dense. 

💪C’est une ultime participation au challenge objectif SF organisé par Sandrine et ma première proposition pour le challenge des Gravillons sur le blog de La Petite Liste . 

📌Cette belle vie qui nous attend. Thierry Maricourt. Editions Ginkgo, 64 pages (2025)

Gravillons +objectif SF 2025