Excellente surprise que ce roman dont je n’attendais rien de particulier puisque je ne connaissais pas l’autrice. J’en ressort absolument bluffée par sa maîtrise dans la construction de l’intrigue et de la narration.
A l’origine de ce roman, il y a le constat d’une maltraitance animale. Celle des Galgos, une race de lévriers espagnols, et de leurs cousins les Podencos. Ces chiens sont utilisés comme arme par les chasseurs espagnols, en particuliers en Andalousie, Castille-La Manche et Estrémadure. L’autrice n’en a pas fait le cœur de son roman mais elle en parle suffisamment pour que le lecteur prenne conscience du calvaire vécu par ses animaux. Mais avant de nous conduire sur la péninsule ibérique, l’intrigue débute dans les couloirs du palais de justice de Bordeaux. Alano Garcia, véritable requin du barreau, hérite de l’affaire dont il rêve depuis toujours. L’avocat avait promis à sa femme enceinte de lever le pied mais les répercussions médiatiques du procès s’annoncent trop juteuses pour céder la place. Son client, un jeune homme d’apparence ordinaire, est accusé de viols en série avec actes de barbarie. Il serait le fameux Chien fou qui terrorise la ville. Plusieurs indices semblent confirmer cette thèse d’autant que le témoignage de l’une des victimes est particulièrement accablant. L’avocat pénaliste est pourtant convaincu de l’innocence de son client. Avec l’aide de son enquêtrice, il va s’échiner à démonter les preuves une à une. Par ailleurs, le lourd vécu de l’accusé devrait amadouer le jury et Garcia compte bien en user dans sa plaidoirie.
La narration s’appuie sur une triple temporalité : la préparation du procès, le procès lui-même et, 4 ans après, l’expatriation d’Alano Garcia en Espagne. Ces allers-retours dans le temps viennent éclairer le déroulement des évènements. Associés aux chapitres courts et aux twists narratifs, ils donnent un rythme haletant au roman. J’ai été si bien embarquée dans cette histoire que je n’ai pas pu lâcher le livre avant la fin. Je l’ai lu d’une traite en quelques heures. L’autrice y dénonce les dysfonctionnements d’un système judicaire où la recherche de la vérité est sans cesse confrontée à la manipulation des preuves et la capacité des protagonistes à convaincre leur auditoire.
💪Je ne sais pas si j’en garderais longtemps le souvenir mais Chiens fous est parmi les meilleurs romans policiers que j’ai eu l’occasion de lire au cours du challenge de lecture Un hiver polar.
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📌Chiens fous. Max Monnehay. HaperCollins, 336 pages (2025)
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