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Il suffira d’un cygne. Robert Thorogood

Il suffira d’un cygne.  Robert Thorogood


J’ai retrouvé avec grand plaisir les Dames de Marlow, une série de Cosy Mystery mettant en scène trois habitantes de la petite ville de Marlow sur le bord de la Tamise. Il s’agit d’un second tome après Mort compte triple. 

Judith, la doyenne du groupe, est contactée par Sir Peter Bailey. Il souhaite qu’elle assiste à la réception qui doit avoir lieu ce jour même, veille de son mariage avec son ex-infirmière. Beck, la femme du vicaire est également parmi les convives. Sir Bailey a dévoilé à mi-mots qu’il s’inquiétait d’une tentative d’assassinat à son encontre . Aussi, Judith vient accompagnée de Suzie, troisième membre de notre groupe de détectives amatrices. Il s’avère que leur hôte avait raison de craindre pour sa vie. Le jour de la fête, l’aristocrate est retrouvé mort, écrasé par l’armoire massive de son bureau. La pièce était fermée à clé de l'intérieur. La dite clé était dans la poche de Sir Bailey et il n'en existe pas de double. L'accident semble plausible. Tanika Malik, la policière qui s’est accoquinée avec nos trois drôles de dames, va devoir convaincre son supérieur hiérarchique de ne pas classer l’affaire. 

Cette histoire de chambre close m’a rappelé un roman policier historique que j’ai lu récemment, Le rêve du luth de jade de Paul Hurand (mais la comparaison s'arrête là) et j’étais très curieuse de découvrir comment Robert Thorogood résoudrait à son tour le problème de la pièce fermée d’une clé unique. Je n’ai pas été déçue par son ingéniosité même si elle ne laisse pratiquement aucune chance au lecteur de découvrir le stratagème. En revanche, le coupable se devine de manière intuitive lorsqu’on est amateur de romans policiers. 

Le fait est que j’ai été totalement emportée par cette intrigue. J’ai hâte de retrouver tout ce petit monde dans le prochain volet. Judith, la cruciverbiste, est incroyablement énergique et il est bien difficile de lui résister. Suzie est désarmante de maladresse et Beck arrive toujours à nous surprendre. J’ai également beaucoup d’admiration pour Tanika Malik, qui doit jongler entre une vie personnelle compliquée et un univers professionnel peu enclin à faire de la place aux femmes. 

💪Je crois que cette série vient de passer dans mon groupe de Cosy Crimes favoris. Il me donne aussi l'occasion de participer au challenge de Philippe consacré aux séries de l'été

📌Les Dames de Marlow enquêtent - Vol. 2 : Il suffira d’un cygne.  Robert Thorogood, traduit par Sophie Brissaud. Editions de La Martinière, 400 pages (2022) / Editions Points, 432 pages (2024)

Aujourd'hui je participe au challenge Trilogies et séries de l'été


Date with Mystery. Julia Chapman

Date with Mystery. Julia Chapman


Puisque les détectives du Yorkshire me sont devenus familiers, j’ai décidé de lire le 3ème volet de la série dans sa version originale. Et là, surprise ! Delilah Metcalfe et Samson O’Brien sont bien présents mais j’ai découvert que leur fidèle compagnon à quatre pattes ne s’appelle pas vraiment Calimero. Son nom anglais est Tolpuddle (en hommage aux six Martyrs de Tolpuddle dans le Dorset). Evidemment cela ne change pas grand-chose aux tumultueuses aventures de nos héros. 

Le mois de février est assez rigoureux dans les Yorkshire Dales mais rien n’arrête le duo d’enquêteurs dans sa soif d’élucider les mystères de la région. Mandatés par Matty Thistlethwaite, le notaire de Bruncliffe, Delilah et Samson doivent mettre la main sur le certificat de décès d’une jeune femme. Livvy Thornton a été désignée comme héritière conjointe de la ferme familiale avec son frère Jimmy alors même qu’elle est censée être morte dans un accident de voiture depuis deux décennies. Sa mère en était parfaitement consciente au moment où elle a rédigé son testament. Quel était donc son but ? Exhumer des secrets familiaux ? On sait que la jeune fille a quitté le domicile de ses parents pour s’installer à Leeds. Peu de temps après son décès, son père s’est suicidé. Pourquoi ? Entre-nous, le lecteur n’a pas de mal à démêler cette intrigue tant les indices sont clairs.

La prévenance de l’autrice vis-à-vis de ses lecteurs nuit malheureusement à ce troisième volet. Du coup, son humour et le plaisir de retrouver ses sympathiques personnages n’ont pas suffi à satisfaire mon appétit de lectrice. Je dois même avouer que l’exaspération est montée crescendo face à l’incapacité de nos détectives à voir l’évidence. Il faut croire que leur amourette platonique les rend aveugles. Je leur pardonne volontiers en espérant que l’intrigue policière du quatrième tome sera plus convaincante. 

💪Cette lecture s’inscrit dans le cadre du challenge Les séries de l’été chez Philippe.

📚D’autres avis que le mien chez Manou et Ju lit les mots

📌Date with Mystery. Julia Chapman. Pan Macmillan, 464 pages (2022)

Aujourd'hui, je participe au challenge "Séries de l'été"


Le Revenant d'Albanie. Jean-Christophe Rufin

Le Revenant d'Albanie. Jean-Christophe Rufin


📚J’avais repéré ce livre à la médiathèque puis chez Luocine et ça faisait donc un petit moment que je voulais rencontrer le consul adjoint Aurel Timescu. Ce diplomate Franco-Roumain est nommé dans des pays qui me semblent très exotiques. Après la Guinée Conakry, le Mozambique ou l'Azerbaïdjan, son protecteur, le sénateur Mauvignier, s’est démené pour lui trouver un poste en Europe. Evidement, il n’est pas encore question d’un consulat trop prestigieux. 

Ce sera l’Albanie. Ouf ! Aurel craignait de se retrouver sur un poste nécessitant un véritable investissement professionnel. Autre point positif, à Tirana, il va travailler avec Amélie Grey. La carrière de la jeune femme a bien évolué depuis leur première rencontre à Bakou puisqu’elle est désormais ambassadrice. D’un autre côté, Aurel n’a pas conservé un souvenir réjouissant de son premier séjour en Albanie. Il a découvert le "Pays des aigles" lorsqu’il était un jeune pionnier soviétique. Il était gouverné par le dictateur communiste Enver Hoxha et la vie n’y était pas facile. 

A peine arrivé à Tirana, Aurel se voit confier une affaire délicate concernant la mort de Marsel Rustemi, un ressortissant Franco-Albanais assassiné à Chamonix. Pour l’administration albanaise, l’homme était officiellement décédé en 1997 à  Shkodër. En réalité, l’homme avait été naturalisé grâce à son mariage et vivait en France sous un nom d’emprunt. Grobert, le policier de l’ambassade, est persuadé qu’il s’agit d’un règlement de compte entre membres de la mafia. Aurel penche plutôt pour un acte de vengeance. Qui a raison ? Le défi est lancé. 

C’est le sixième tome de la série et son héros a évolué depuis sa première mission en Afrique. S’il apprécie toujours le vin blanc et ne refuse jamais de s’assoir derrière un piano, il a acquis une certaine expérience pour se défausser des tâches administratives les plus ingrates. Il préfère de loin jouer au détective amateur. Son apparence vestimentaire, digne d’un bureaucrate des pays de l’ancien bloc de l’Est, est désormais égayée par des guayaberas rapportées de son séjour consulaire au Mexique.

On aurait pourtant tort de sous-estimer Aurel Timescu. Pour résoudre une enquête, le consul, d’ordinaire un peu couard, n’hésite presque pas à mouiller ses chemises bariolées. Il se rend donc à Tropojë, près de la frontière kosovar, une région rude gouvernée par un code coutumier ancestral, le fameux  Kanun.

💪Il faut reconnaître que l’extravagance et les ambitions très mesurées d’Aurel le rendent plutôt sympathique. A travers lui, Jean-Christophe Rufin fait voyager son lecteur dans les régions les plus reculées du globe. Cette nouvelle mission du consul adjoint en Albanie nous permet d’en savoir un peu plus sur le "Pays des aigles", son histoire tourmentée, ses traditions et son évolution contemporaine. Le roman s’inscrit dans la mouvance des Cosy Crimes, avec l’humour qui caractérise l’auteur,  ce qui en fait une lecture distrayante, idéale pour les vacances. Il me permet de participer au challenge des Séries et trilogies de l’été.

📌Le Revenant d'Albanie. Les énigmes d'Aurel le Consul tome 6. Jean-Christophe Rufin. Le Livre de Poche, 240 pages (2026)

Mon challenge du jour

Le Meurtre de Roger Ackroyd. Agatha Christie

Le Meurtre de Roger Ackroyd. Agatha Christie

💪Je poursuis mon défi personnel autour d’Agatha Christie et de son œuvre.  Je ne respecte pas toujours l’ordre des prescriptions des sites dédiés au challenge Read Christie 2026 en V.O. et en V.F. Pour le mois de juillet, leurs sélections étaient respectivement The Rose and the Yew Tree (L'if et la rose), publié sous le pseudonyme de Mary Westmacott, et The Moving Finger (La Plume Empoisonnée). The Murder of Roger Ackroyd (Le Meurtre de Roger Ackroyd) était proposé en juin sur les deux listes. Ce roman, paru en 1926, me permet de participer au challenge 2026 sera classique aussi, organisé par Nathalie.

Le docteur James Sheppard, notable de la commune fictive de King's Abbot, est le narrateur de cette nouvelle enquête d’Hercule Poirot. Le détective belge est son voisin. Il s’est installé incognito dans la villa des mélèzes où il compte passer une retraite paisible à cultiver des courgettes. Son acolyte habituel, le capitaine Arthur Hastings, quant à lui, s’est expatrié en Argentine. C’est la raison pour laquelle Poirot semble s’être entiché du docteur Sheppard qui l’accompagne dans ses investigations. Il lui confie même quelques missions individuelles. 

The Murder of Roger Ackroyd

C’est la jeune Flora Ackroyd, la nièce du défunt, qui a fait appel au détective pour résoudre le meurtre. Roger Ackroyd a été poignardé dans le dos alors qu’il se trouvait dans son bureau dans sa propriété de Fernly Park. Pour trouver le coupable, il faut d’abord déterminer l’heure de sa mort. Le docteur Sheppard, qui était invité à dîner, a quitté son ami à 20h50 et semble être le dernier a l’avoir vu vivant. Pourtant, certains témoins prétendent avoir entendu Roger Ackroyd s’entretenir avec quelqu’un aux alentours de 21h45. Parmi les hôtes du riche industriel se trouvait sa belle-sœur, le major Hector Blunt et bien-sûr la jeune Flora. Il faut ajouter à cette liste le personnel de maison de Roger Ackroyd, c’est à dire son secrétaire particulier, le majordome, la femme de chambre et la gouvernante. Une personne brillait par son absence ce soir-là. Il s’agit du fils adoptif de la victime, le séduisant mais prodigue Ralph Paton. Le jeune homme venait de se fiancer avec sa cousine Flora qui dépendait elle aussi de l’aide financière de son oncle. Par ailleurs, il se pourrait que l’assassinat de Roger Ackroy ait un lien avec le suicide de sa bonne amie, l’élégante veuve Ferrars. Celle-ci lui avait confié juste avant sa mort qu’elle était victime d’un odieux chantage. 

C’est la première fois, depuis que je lis les romans policiers d’Agatha Christie, que j’ai une bonne intuition concernant les suspects. Il faut dire qu’une remarque sur un blogue m’était restée en tête et m’a mise directement sur la bonne voie. Les lecteurs non avertis des stratagèmes de la romancière anglaise mettront peut-être plus de temps à élucider le meurtre. Fort heureusement, il me manquait les détails permettant de relier tous les évènements entre eux. J’ai donc pu savourer cette enquête comme il se doit, observer le fonctionnement des petites cellules grises de Poirot, m’amuser de son autosatisfaction et me réjouir de l’ironie corrosive de la Reine du crime. 

Mon défi Agatha Christie


📚D’autres avis que le mien chez Max et Amandine

📝Les romans d’Agatha Christie sur ce blog : Miss Marple au club du mardi, Un cadavre dans la bibliothèque, Mrs McGinty est morte, Associés contre le crime

📌Le Meurtre de Roger Ackroyd (Nouvelle traduction révisée de Françoise Jamoul). Agatha Christie. Le Livre de Poche, 320 pages (2021)

2026 sera classique aussi




Rendez-vous avec le mal. Julia Chapman

Rendez-vous avec le mal. Julia Chapman


Je profite des vacances pour reprendre les aventures des détectives du Yorkshire là où je les avais laissées, c’est-à-dire juste après le Rendez-vous avec le crime. Cette lecture date un peu mais les comptes-rendus enthousiastes que je vois régulièrement passer sur les blogs sont autant de piqures de rappel en faveur de la série. 

Rendez-vous avec le mal, le second épisode, nous ramène donc dans la bourgade de Bruncliffe où le duo Delilah Metcalfe / Samson O'Brien partage un bail commercial. Delilah s’occupe de l'Agence de Rencontre des Vallons et Samson de l'Agence de Recherches du même nom. La jeune femme a néanmoins la fâcheuse tendance à fourrer son nez dans les affaires de son co-locataire et celui-ci squatte en secret l’appartement du dessus.  Calimero, le Braque de Weimar de Delilah souffre du syndrome d’abandon. L’hyperattachement que le chien  a développé vis-à-vis de sa maîtresse provoque des crises de stress et d’anxiété intenses lorsqu’il est livré à lui-même. Cette particularité peut provoquer des retournements de situations inattendues au cours d’une enquête délicate. Il se pourrait même que cette fois-ci, paradoxalement, elle sauve la mise aux humains. 

Delilah et Samson mènent de front une double mission. Leurs premières investigations concernent l’enlèvement de Ralph, un bélier de concours. Son pedigree le désigne comme un reproducteur idéal. Le fermier a payé cet animal une fortune et sa perte risque de le conduire à la ruine. La seconde enquête est plus personnelle puisqu’elle pointe vers la maison de retraite de Fellside Court où vit Joseph O’brien, le père de Samson. Alice Shepherd, l’une des résidentes, est décédée peu de temps après sa visite à l’agence de détective(s). Samson, qui n’avait pas pris sa requête au sérieux, commence à culpabiliser. La vieille dame n’était peut-être pas sénile finalement.  D’ailleurs, plusieurs incidents inquiétants gâchent fortement les préparatifs de Noël des séniors. 

Date With Malice

📚Quel plaisir de retrouver la petite communauté de Bruncliffe et surtout nos deux irrésistibles héros! Je crois bien que la série des détectives du Yorkshire est le Cosy Crime préféré de la blogosphère (voir les avis de Anne, Belette, Bianca, Cath L, Eimelle, Emilie, Keisha, Manou…). Je partage cet engouement car l’autrice ne confond pas feel good et gnangnantitude. J’aime la bienveillance des personnages, l’énergie de Delilah et le caractère énigmatique de Samson. Leur bluette platonique apporte un brin de fraîcheur liée à leur maladresse respective. L’intrigue policière n’est pas reléguée au second plan comme c’est parfois le cas dans les séries de ce genre. La bonne nouvelle, c'est qu'il me reste encore 8 tomes à lire: 

  • 1. Date with Death (2017) / Rendez-vous avec le crime ✔
  • 2. Date with Malice (2017) / Rendez-vous avec le mal ✔
  • 3. Date with Mystery (2018) / Rendez-vous avec le mystère
  • 4. Date with Poison (2019) / Rendez-vous avec le poison
  • 5. Date with Danger (2020) / Rendez-vous avec le danger
  • 6. Date with Deceit (2021) / Rendez-vous avec la ruse
  • 7. Date with Betrayal (2022) / Rendez-vous avec la menace
  • 8. Date with Evil (2023) / Rendez-vous avec le diable
  • 9. Date with Justice (2024) / Rendez-vous avec la justice
  • 10. Date with Destiny (2025) / Rendez-vous avec le destin

💪Cette agréable lecture me permet de participer au challenge Séries et trilogies de l’été, organisé par Philippe. 

📌Rendez-vous avec le mal (Les Détectives du Yorkshire - Tome 2). Julia Chapman, traduite par Dominique Haas et Stéphanie Leigniel. Robert Laffont, 408 pages (2018)

challenge Séries et trilogies de l’été organisé par Philippe.


Mrs. McGinty's Dead. Agatha Christie

Mrs. McGinty's Dead. Agatha Christie


💪J’ai pris beaucoup de retard sur le challenge Read Christie 2026 dédié à la Reine du crime. J’ai prévu de lire un roman par mois en me focalisant davantage sur Miss Marple (voir The Thirteen problems et The Body in the Library). J’ai également découvert le couple d’enquêteurs formé par Tommy et Tuppence Beresford (Partners in Crime). Finalement, j’ai eu envie de revenir à mon premier amour : le prétentieux Hercule Poirot. J’ai abandonné l’idée de suivre ses enquêtes dans l’ordre, d’autant que j’en ai déjà lu un certain nombre lorsque j’étais adolescente. C’est donc la couverture bucolique de Mrs. McGinty's Dead (Mrs McGinty est morte en version française) qui m’a fait chavirer. 

Paru en 1952 en version originale, Mrs. McGinty's Dead est le 28ème roman de la série. Autant dire que nous avons affaire à un détective aguerri dont les petites cellule grises sont bien entrainées. Et pourtant, notre cher Poirot, aussi clairvoyant soit-il, va ramer un peu pour élucider le meurtre de la vieille dame. 

McGinty est morte (Nouvelle traduction révisée)

Le détective belge a été sollicité par son ami, le Superintendent Spence, retraité de la police de Kilchester. L’enquêteur pense avoir fait une erreur judiciaire en arrêtant le locataire de Mrs. McGinty, un certain James Bentley. Le jeune homme a été déclaré coupable lors de son procès et condamné à mort. Poirot dispose donc de peu de temps avant l’exécution de la sentence pour trouver le véritable coupable. Or, les indices ne parlent pas en faveur de Bentley. Le jeune homme venait de perdre son emploi chez Breather & Scuttle. Il avait des dettes et plusieurs loyers de retard. Il était de notoriété publique que Mrs. McGinty ne faisait pas confiance aux banques et gardait un bas de laine dans une cachette sous le plancher. Son argent a été retrouvé chez le suspect après son meurtre. 

Hercule Poirot a d’autant plus de mal à se concentrer qu’il loge dans une chambre d’hôte bruyante dans le village de Broadhinny. La propriétaire de la résidence Long Meadows, Maureen Summerhayes, n’est pas hôtelière de métier. Elle est rentrée récemment d’Inde avec son époux et a hérité de la maison. C’est une logeuse charmante mais extrêmement désorganisée et une exécrable cuisinière. Elle a néanmoins des raisons d’être débordée puisqu’elle a perdu sa femme de ménage, Mrs. McGinty. La victime était employée de maison chez plusieurs notables du village. Pour des raisons que je divulguerai pas, Poirot à l’intuition que le meurtrier est l’un de ses anciens patrons. 

Hercule Poirot est prétentieux mais quel plaisir de le retrouver ! Comme toujours, il va mener son enquête avec doigté et diligence. La solution est délicieusement alambiquée et les ressorts de l’intrigue sont toujours les mêmes… pour notre plus grand plaisir ! Comme d’habitude, cette affaire va se terminer par une réunion en huis clos où le détective va exposer tous les éléments qui l’ont conduit jusqu’au coupable. Parmi les protagonistes principaux, nous retrouvons sa chère amie, Ariadne Oliver, autrice de romans policiers à succès dont le héros est l’enquêteur norvégien Sven Hjerson. C’est l’occasion d’une amusante mise en abîme puisque son œuvre doit être adaptée au théâtre par le fameux dramaturge Robin Upward, l’un des suspects de Poirot. Dans la vraie vie, une série TV scénarisée par Patrik Gyllström s’inspire du personnage inventé par notre romancière fictive !  Les protagonistes principaux sont incarnés par Johan Rheborg, Hanna Alström et David Fukamachi Regnfors. Ariadne Oliver, quant à elle, apparait dans la nouvelle The Case of the Discontented Soldier (1934) aux côtés de son ami Parker Pyne mais elle mène sa première enquête avec Hercule Poirot dans Cards on the Table (1936). Elle se retrouve finalement seule investigatrice dans The Pale Horse (1961).

💪Bianca et Belette ont été aussi bluffées que moi par l’habilité d’Agatha Christie à nous mener en bateau. Par ailleurs, la Reine du crime me permet de participer une nouvelle fois au challenge 2026 sera classique, organisé par Nathalie. Le roman a fait l’objet d’une nouvelle traduction en Français en 2023. Il a été porté à l’écran en 2008 au Royaume-Uni (Episode 11 de la première saison de la série Agatha Christie's Poirot) et en 2015 en France (Épisode 10 de la deuxième saison des Petits Meurtres d'Agatha Christie). 

📌Mrs. McGinty's Dead (A Hercule Poirot Mystery). Agatha Christie. William Morrow, 272 pages (2025)

2026 sera classique aussi
Challenge de lecture


Remède de Cheval. M. C. Beaton

Remède de Cheval. M. C. Beaton


💪Cette période de vacances estivales me fait pencher vers des lectures légères, sans lien avec l’actualité littéraire. C’est l’occasion de reprendre mes sagas policières là où je les avais laissées et de participer au challenge des Séries de l'été organisé par Philippe. Les enquêtes d’Agatha Raisin sont l’option idéale. Le premier tome, Quiche fatale, s’était avéré être un cosy Mystery distrayant et sans ambition littéraire particulière. Je retrouve donc l’héroïne de cette série anglaise dans Remède de cheval.

Vicious Vet
Nous voici de retour dans les Cotswolds, lieu de résidence d’Agatha Raisin. Cette quinquagénaire, un brin déjantée, a revendu son agence de communication londonienne pour financer sa retraite anticipée dans le pittoresque village de Carsely. Après une adaptation nécessaire à la vie provinciale, Agatha semble avoir trouvé ses marques au sein de la petite communauté. Elle continue de fréquenter la Société des Dames de Carsely, de fourrer son nez partout et de se montrer un peu trop empressée auprès de son séduisant voisin, le colonel James Lacey. Celui-ci s’emploie à l’éviter au maximum, créant des situations délicieusement rocambolesques. Frustrée, Agatha décide de se consoler avec le nouveau vétérinaire. Or, l’arrivée du praticien n’est pas passée inaperçue dans le village et son charme a déjà fait des ravages parmi les habitantes. Pourtant, la salle d’attente de la clinique vétérinaire va rapidement désemplir. Les méthodes de Paul Bladen choquent les propriétaires d’animaux domestiques. Lorsque le vétérinaire décède suite à une piqure d’étorphine destinée à un cheval de Lord Pendlebury, un doute s’insinue. S’agit-il vraiment d’un accident ? L’instinct aiguisé d’Agatha l’incite à fouiner dans les affaires de Bladen pour exhumer de vilains secrets. Et cerise sur le gâteau, son voisin préféré (le susdit James Lacey) est tout aussi curieux qu’elle de découvrir la vérité. Ils vont former un duo mal assorti, parfois maladroit, mais redoutablement efficace en matière d’investigations criminelles. Le sergent Bill Wong tente sans succès de les dissuader de poursuivre car ils enquêtent au péril de leurs vies.

Je n’ai petit reproche à faire à ce second volet et encore, il arrive fortuitement. Je trouve que l’intrigue à quelques similitudes avec celle de Coiffeur pour dames, le huitième tome que j’ai découvert avant celui-ci au travers de la série télévisée. J’apprécie beaucoup l’humour de M. C. Beaton même s’il est parfois familier. Son style est direct et le lecteur entre tout de suite dans le vif du sujet. Contrairement à certains Cosy Mysteries, il y a une véritable enquête, avec des interrogatoires de témoins qui tournent souvent à la catastrophe… pour notre plus grand bonheur. L’intrigue est rythmée et pétillante. Les personnages sont assez excentriques pour créer des situations relativement improbables dans la vraie vie et distraire le lecteur.  Bref, c’est une lecture idéale pour se détendre au bord de la piscine.

📌Remède de Cheval (Agatha Raisin enquête, Tome 2). M. C. Beaton, traduite par Esther Ménévis. Le Livre de Poche, 240 pages (2025)

Challenge Série de l'été


The Body in the Library. Agatha Christie

The Body in the Library. Agatha Christie


Le titre du roman fait tout de suite penser au jeu du Cluedo, vous ne trouvez pas? La suite s’en éloigne assez vite puisque l'intrigue ne se déroule pas en huis clos. Il y a néanmoins de nombreux suspects comme toujours dans les polars d’Agatha Christie. La bibliothèque dont il est question est celle du colonel Bantry. Autant dire que son épouse Dolly n’est pas ravie de découvrir le cadavre d’une jeune blonde dans la pièce préférée de son mari! Les ragots peuvent ruiner la réputation d’un gentleman. Pour mettre fin rapidement à cette situation inconfortable, Dolly sollicite l’aide de son amie Jane Marple dont la perspicacité est connue bien au-delà du village de St. Mary Mead. Le superintendant Harper, le chef de la police criminelle de Danemouth, mène aussi son enquête. Il sera bientôt rejoint par un troisième investigateur. Il s'agit de Sir Henry Clithering, un ancien détective de Scotland Yard. L’identité de la jeune fille est assez vite découverte grâce à un signalement de disparition. La victime, Ruby Keene, était danseuse à l’hôtel Majestic. Reste à savoir comment elle est arrivée chez les Bantry qui ne la connaissaient pas.

The Body in the Library (Un cadavre dans la bibliothèque) est ma seconde incursion dans l’univers de Miss Marple, même si elle n'est pas seule à conduire les investigations. Cette petite mamie détient un super pouvoir : une lucidité non dénouée d’empathie en ce qui concerne les faiblesses d'autrui. Elle met cette compétence à profit pour élucider les énigmes les plus tortueuses. Sa technique imparable consiste à établir des rapprochements avec les histoires de son village; les habitants de St. Mary Mead apparaissant comme autant de profils types emblématiques de la société humaine. Si je la trouve plus sympathique que l’arrogant Hercule Poirot, je dois reconnaître que j’ai trouvé ses premières enquêtes moins palpitantes que celles menées par le détective belge. La technique est néanmoins la même, de nombreux protagonistes ayant tous des secrets bien gardés. La Reine du crime se débrouille pour que son lecteur soupçonne tour à tour chacun des personnages. Cette fois-ci j’ai néanmoins réussi à deviner une partie de la solution avant la fin du roman.

La liste de lecture d'Agatha Christie 2026

💪En début d’année, j’ai lu Miss Marple au Club du Mardi (The Thirteen problems) et Associés contre le crime (Partners in Crime). Je ne suis pas trop en retard sur mon programme puisque j’avais prévu de lire un moins un roman d’Agatha Christie par mois dans le cadre du Read Christie 2026. Ce challenge est organisé par les éditeurs de la Reine du crime, via son compte Instagram officiel, à l’occasion du 50ème anniversaire de sa mort (12 janvier 1976). J'ai eu envie d'y participer en dépit de l'aspect mercantile de l'opération. The Body in the Library était la suggestion de lecture du mois de janvier. Je me suis également procuré Mrs McGinty's Dead (Mrs McGinty est morte), la proposition de février. La version française du challenge suggère Les sept cadrans mais j’ai vu l’adaptation télévisée de la plateforme Netflix. On peut s’inscrire à la Newsletter du défi ici.

📌The Body in the Library. Agatha Christie. William Morrow, 224 pages (2022)


The Man Who Died Twice. Richard Osman

The Man Who Died Twice vs Le jeudi suivant. Richard Osman


Je lis beaucoup de polars mais j’aime aussi les séries policières à l’écran. C’est ainsi que j’ai découvert Le Murder Club du jeudi. Je connaissais déjà Richard Osman de nom mais sans jamais avoir lu ses romans. L’adaptation de Chris Columbus avec Helen Mirren, Pierce Brosnan, Ben Kingsley et Celia Imrie dans les rôles principaux m’a convaincue de lire les livres. Si, comme moi, vous avez aimé la série TV Only Murders in the Building, le film tiré du Murder Club du jeudi devrait vous séduire. 

Puisque je connaissais l’intrigue du premier volet, j’ai choisi la seconde enquête, The Man Who Died Twice (Le jeudi suivant en version française). Nous y retrouvons le petit groupe de retraités en résidence à Coopers Chase dans le Kent. Il s’agit d’un domaine réservé aux séniors mais nos héros sont loin d’être grabataires. Elizabeth Best (ex espionne), Joyce Meadowcroft (ancienne infirmière), Ibrahim Arif (psychanalyste à la retraite) et Ron Ritchie (syndicaliste dans l’âme) se retrouvent chaque semaine dans la salle commune de la résidence pour s’adonner à leur passe-temps favori : élucider des cold cases. C’est un hobby peu ordinaire mais qui ne semble pas trop périlleux si on s’en tient à l’analyse de vieux documents. Malheureusement, notre groupe d’amis semble attirer les ennuis. Cette propension leur a permis de faire connaissance avec la police de Fairhaven (dans l’épisode précédent) et d’attirer la sympathie de l’agente Donna De Freitas ainsi que de son supérieur hiérarchique, Chris Hudson. 

The Thursday Murder Club, le Film
Dans ce second volet, Elizabeth est rattrapée par son passé tumultueux. Son ex-mari, qui a également fait carrière au sein des services secrets britanniques, se débrouille pour lui transmettre une missive énigmatique sous une fausse identité. La septuagénaire comprend qu’il a besoin de son aide et se rend au rendez-vous proposé. Pendant ce temps, son ami Ibrahim est victime d’une violente agression en centre-ville. La suite de l’histoire implique de nombreux protagonistes dont les membres du MI5 et du MI6, une dealeuse locale, des mafieux et une petite frappe en cavale. 

L’humour de Richard Osman est l’un des gros points fort de ce cosy mystery. Elle donne du peps à la narration mais l’intrigue ne manque pas de rythme non plus. Joyce nous livre une partie du récit au travers de son journal intime ce qui renforce l’impression d’intimité partagée avec les personnages. On s’y attache d’autant plus facilement qu’ils sont un peu excentriques chacun à leur façon. Il ne faut pas attendre beaucoup plus de ce roman distrayant mais c’est déjà pas si mal.   

  1. The Thursday Murder Club (2020) / Le Murder Club du jeudi

  2. The Man Who Died Twice (2021) / Le Jeudi suivant

  3. The Bullet That Missed (2022) / Le Mystère de la balle perdue

  4. The Last Devil To Die (2023) / Une mort bien fâcheuse

  5. The Impossible Fortune (2025)

💪J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge Un hiver polar. Il me permet de cocher la case « retraité » du bingo meurtrier. 

📌The Thursday Murder Club 2: The Man Who Died Twice. Richard Osman. Penguin, 448 pages (2022)


aujourd'hui je coche la case "Retraité(s)"


L' Art meurtrier du lait de coco. Mia P. Manansala

L' Art meurtrier du lait de coco. Mia P. Manansala


N’importe quel plat contenant du lait de coco est une véritable tuerie. J’adore ça. Mais ce n’est pas le seul ingrédient qui m’ait attirée vers ce roman. L’œuvre de Mia P. Manansala est hautement inclusive. L’autrice américaine est issue de la diaspora philippine.  Ses personnages sont emblématiques du melting pot américain et de la communauté LGBTQIA+. Son récit est émaillé de vocabulaire en Tagalog et surtout de recettes de cuisine exotiques qui donnent très envie d’y plonger sa cuillère (on n’utilise pas de baguettes aux Philippines). La série compte 6 tomes à ce jour dont 3 traduits en Français. Le premier tome a été récompensé par le Prix Agatha 2021, le Prix Anthony 2022 et le Prix Macavity 2022 du meilleur premier roman. 

L’héroïne de ce Cosy Mystery culinaire s’appelle Lila Macapagal. Cette jeune femme de 25 ans doit prendre un nouveau départ après une déception amoureuse et professionnelle qui l’a poussée à quitter Chicago où elle vivait depuis le début de ses études (qu’elle n’a d’ailleurs pas terminées). Lila est donc de retour dans sa bourgade natale de Shady Palms dans l’Illinois. Elle est venue donner un coup de main à sa tante dont le restaurant, Tita Rosie’s Kitchen, est au bord de la faillite. La cuisine y est délicieuse mais Tita Rosie n’a pas l’âme d’une gestionnaire avisée. Lola Flor, la grand-mère de Lila, n’arrange pas les choses en dilapidant les rares bénéfices au mah-jong et au pusoy (poker philippin). Et comme si cela ne suffisait pas, Derek Winter, l’ex petit ami de Lila, s’est mis en tête de couler le restaurant en publiant des critiques culinaires assassines. Lorsqu’il tombe raide mort après avoir goûté un dessert concocté par Lila, l’inspecteur Park ne peut que la soupçonner d’avoir tenté de régler le problème à sa manière. Les analyses réalisées par le médecin légiste révèlent que Derek avait ingurgité du poison mais Lila découvre rapidement que son restaurant familial n’était pas la seule cible du critique gastronomique amateur. Soutenue par ses proches, Lila va mener une enquête aussi chaotique que distrayante pour le lecteur. Parmi la multitude de personnages qui défilent, il y a Adeena Awan, sa meilleure amie barista au Java Jo’s, les membres du "club du calendrier" (les marraines de Lila ainsi surnommées à cause de leurs prénoms inspirés des mois de l’année : April, Mae et June), le Teckel de notre héroïne qui s’appelle Nisa (ou Gumiho dans la version originale ce qui signifie longue saucisse), etc. Il est impossible de citer toute la galerie de personnages (cousins, voisins, amis, restaurateurs concurrents…) tous plus excentriques les uns que les autres. 

Je pense qu’il faut vraiment être amateur de Cosy Mystery pour apprécier ce roman. L’intrigue policière tient la route mais ce n’est pas le principal intérêt du livre. L’atmosphère et les personnages sont le cœur palpitant du roman. La plupart des protagonistes sont drôles et sympathiques. Néanmoins, le premier chapitre a failli me dissuader de poursuivre ma lecture tant je craignais de tomber dans la guimauve. L’humour de l’autrice l’empêche heureusement de s’enliser davantage dans ce pétrin. La narration est très sensorielle. Le lecteur a presque l’impression de sentir le fumet des plats et l’autrice décrit très bien les saveurs qui les composent. Je dois dire que j’ignorais jusqu’à l’existence de certains ingrédients mais elle a eu l’obligeance de rédiger un guide comprenant les noms de plats, les titres honorifiques et le vocabulaire Tagalog. J’ai finalement passé un agréable moment de lecture mais je préfère quand même m’en tenir à des doses homéopathiques. Je ne pense donc pas lire tout de suite le second volet de la série.

1. Arsenic and Adobo (2021) / L'Art meurtrier du lait de coco

2. Homicide and Halo-Halo (2022) / L'Art meurtrier du Halo-Halo

3. Blackmail and Bibingka (2022) / L'Art meurtrier du bibingka

4. Murder and Mamon (2023)

5. Guilt and Ginataan (2024)

6. Death and Dinuguan (2025)

💪J’ai lu ce roman dans le cadre du challenge de lecture Un hiver polar. Je l’ai sélectionné parce qu’il me permet de valider la case "Thé, cupcakes, etc" du bingo meurtrier. 

📚Un autre avis que le mien chez Fanja

📌La Cuisine mortelle de Tita Rosie - Tome 1 : L'Art meurtrier du lait de coco. Mia P. Manansala, traduite par Élodie Leplat. Pocket, 448 pages (2025)


Aujourd'hui, je valide la case "Thé, cupcake, etc"

Brownie & arsenic. Astrid Desbordes

Brownie & arsenic. Astrid Desbordes


Pour les vacances d'hiver, j’ai sélectionné un Cosy Mystery que je destinais à mon adolescent. Le roman s’adresse aux lecteurs de 11 à 13 ans. Le Brownie du titre n’est pas un gâteau mais un chat. Celui de Fedora, l’arrière-grand-mère de la narratrice. L’autrice est facétieuse et adore les jeux de mots, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Notre héroïne s’appelle Charlie Villafranca. Cette adolescente de 13 ans est la cadette d’une fratrie de 3 enfants. Son frère Vassili, 16 ans, est un comédien en herbe. Il passe ses journées à déclamer des répliques shakespeariennes pour finalement monter une pièce de Racine avec ses camarades de lycée. Ruby, la benjamine, est une petite chipie très girly. Avec son groupe d’amis du CE1, "Les 4 fantastiques", elle organise des pyjamas parties de folie. Les parents, Perle et Simon, sont un peu fantasques. La maman est artiste peintre et le papa écrit des piges pour un magazine people. Seule la grand-mère, Maggie, semble avoir les pieds sur terre. Elle s’est auto-proclamée "4B : broderie – bridge – bœuf Bourguignon"… mais tout change lorsque sa mère de 101 ans, la fameuse Fedora, meurt en laissant un immense manoir en héritage. J’ai oublié de préciser que toute cette joyeuse troupe habite dans le même quartier de Paris, dans l’impasse des Sorcières à Belleville.

Etant donné son âge canonique, la mort de Fedora semble naturelle au premier abord. Or, lorsque Brownie le chat s’empoissonne avec le beurre de sa maîtresse, le doute s’insinue. Avec l’aide de Kamal (son jeune voisin) et de Violette (sa camarade de classe), Charlie va se lancer dans une enquête familiale pleine de surprises.

Brownie & arsenic n’est pas un simple Cosy Mystery. C’est aussi un roman initiatique où il est question de deuil, de secrets familiaux, d’histoires d’amour contrariées, de liens d’amitié naissants et même un peu de sorcellerie. La jeune héroïne est attachante et il est facile pour un lecteur de son âge de s’identifier à elle. La famille Villafranca est un havre de bonheur, bruyant et réconfortant à la fois. J’ai adoré la fraîcheur et la bienveillance qui émanent de ce court roman. Je le recommande aux lecteurs de 11 à 101 ans.

💪Ce roman me permet de participer au Challenge Littérature Jeunesse 2025-2026 de PatiVore, aux Gravillons de Sybilline et à Un hiver polar sur ce blog. J’en profite pour cocher une case du bingo meurtrier : celle du chat.

📌Brownie & arsenic. Astrid Desbordes. L’Ecole des loisirs, 184 pages (2025)

Mes trois challenges du jour
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La Femme sans tête. Nadine Monfils

La Femme sans tête. Nadine Monfils


Dans ma ville, il y a une petite artère qui s’appelle Rue des Corps-nus-sans-tête. On sait qu’à l’aube de la première guerre mondiale, il s’y trouvait un établissement accueillant des prostituées. Cette histoire m’est tout de suite venue à l’esprit quand j’ai eu le roman de Nadine Monfils en main. Je savais que l’autrice belge avait déjà écrit des romans policiers dont les héros n’étaient autres que le peintre René Magritte et sa femme, Georgette. Or, cette fois, c’est Charles Baudelaire qui fait figure de VIP. Il est censé mener l’enquête dans les quartiers interlopes parisiens du 19ème siècle. Il est (mal) accompagné de sa muse et maîtresse Jeanne Duval, une actrice de petite vertu. 

Il faut avoir en tête qu’il s’agit d’un Cosy Crime car il en a les forces et les faiblesses. Comme le sous-titre du roman l’indique, Nadine Monfils s’est inspirée de l’œuvre de Baudelaire pour construire son intrigue. Le texte est émaillé de nombreuses citations des Fleurs du mal et l’atmosphère du roman est à l’avenant. La romancière décrit bien les bas-fonds de Paris, la misère, les petits métiers disparus, les lieux de perdition et les femmes de mauvaises vie qui les hantent. Baudelaire, le poète dandy, aimait tout autant s’enivrer dans le luxe que s’abîmer dans la fange. Il préférait s’accoupler avec des femmes libres aux mœurs légères plutôt que de convoler en justes noces avec une ennuyeuse bourgeoise. On comprend que sa personnalité originale puisse inspirer un roman. 

Nadine Monfils a fait des recherches minutieuses sur le personnage, c’est évident. Malheureusement, à mon sens, elle a surexploité le matériau. Impossible d’ignorer les relations tumultueuses que le poète entretenait avec son exotique maîtresse ni l’amour fusionnel qu’il le liait à sa mère. Cela nous est rappelé à de nombreuses reprises. 

Il est courant dans les Cosy Mysteries que l’enquête soit délaissée au profit du cadre, de l’ambiance et des personnages. En général, je m’en accommode… mais pas cette fois. Je me suis sentie noyée par des détails inutiles liées à la biographie des différents protagonistes au point de perdre totalement de vue l’enquête. A la fin, je n’étais même plus curieuse de connaître le dénouement de l’affaire ni le nom du ou des meurtriers. C’est dommage car ce roman a de nombreux atouts et on y apprend beaucoup sur la vie de Baudelaire, les milieux artistiques de son époque et le petit peuple parisien. Je crois que l’autrice s’est laissée emporter trop loin par sa fascination pour le poète et son enthousiasme de narratrice.

📚D'autres avis que le mien chez Nath et sur le blog Le carnet et les instants

💪J’ai lu ce roman dans le cadre du challenge de lecture Un hiver polar. Il me permet de valider la case "VIP" du "bingo meurtrier".

📌La Femme sans tête - Les Fleurs du crime de Monsieur Baudelaire. Nadine Monfils. Seuil, 320 pages (2025)

Le bingo meurtrier
je coche la case V.I.P. du bingo


Miss Marple au club du mardi. Agatha Christie

Miss Marple au club du mardi. Agatha Christie


J’ai commencé à lire Agatha Christie quand j’étais adolescente. Dans la bibliothèque de mes parents, il y avait une anthologie dont je me suis régalée tout un été. Je ne me suis jamais lassée de la Reine du crime depuis cette première découverte et j’aime (re)lire quelque uns de ses ouvrages de temps en temps. Les fameuses "petites cellules grises" du détective belge Hercule Poirot me sont plus familières que les aiguilles à tricoter de la perspicace Jane Marple. Aussi, j’ai décidé de combler mes lacunes en m’intéressant enfin à cette charmante petite mamie qui démêle si bien les fils des mystères les plus complexes. 

Miss Marple au club du mardi reprend en partie les nouvelles publiées dans The Thirteen problems en 1932. La version originale n’a été traduite en Français qu’en 1966 et divisée en deux volumes : Miss Marple au Club du Mardi (Le Sanctuaire d'Astarté, Les Lingots d'or, Le Seuil ensanglanté,… ) et Le Club du Mardi continue

Thirteen problems Agatha Christie
Miss Marple est conviée à une petite réunion amicale au cours de laquelle quelqu’un suggère de raconter à tour de rôle des histoires criminelles complexes. Le but du jeu étant de trouver la solution du mystère. Il y a parmi les participants, le propre neveu de Miss Marple, Raymond West et surtout l'ex superintendant de Scotland Yard, Sir Henry Clithering. Cette première séance du Club du mardi va révéler les extraordinaires qualités de déductions de Jane Marple. Elle coiffe systématiquement les autres participants au poteau. En effet, bien que cette tranquille petite bonne femme n’ait presque jamais quitté la bourgade de St. Mary Mead, elle en sait beaucoup sur la nature humaine. 

Si j’ai apprécié ces brèves nouvelles à suspense, je dois reconnaître que je préfère les intrigues plus longues. Le personnage de Jane Marple est plus sympathique que le prétentieux Hercule Poirot et on s’attache très vite à son esprit bienveillant et facétieux. 

📝[petite note hors sujet] Depuis le 16 janvier dernier, Netflix diffuse Les Sept cadrans d'Agatha Christie, un série en 3 épisodes qui revisite le roman éponyme et met en scène un autre détective amateur. Il s’agit de l'intrépide Lady Eileen Bundle Brent. La jeune aristocrate interfère dans l'enquête menée par le Superintendant Battle de Scotland Yard (le policier reste néanmoins un personnage secondaire). C'est une adaptation très réussie que j'ai eu plaisir à découvrir. Ce mois-ci, on peut également voir en replay La reine du crime présente sur France TV. Cette série s'inspire d'Agatha Christie et la met parfois en scène. Il ne s'agit pas d'adaptations de ses romans. Dans Meurtre à l’ambassade et Invitation à un meurtre, c'est Miranda Green qui mène les enquêtes "à la manière de". [/petite note hors sujet]

💪Ce court recueil de nouvelles policières me permet de participer à trois challenges:  Un hiver polar sur ce blog, Gravillons de l’hiver chez La Petite Liste et 2026 sera classique chez Nathalie. 

📌Miss Marple au club du mardi. Agatha Christie, traduite par Sylvie Durastanti. Le Livre de Poche, 187 pages (1992) / Nouvelle traduction en 2023.

Je participe à trois super challenges ! 180126
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Mort compte triple. Robert Thorogood

Mort compte triple. Robert Thorogood


Mort compte triple est le premier volume de la série de Cosy Mysteries Les Dames de Marlow enquêtent. Marlow n’est pas un lieu fictif. C’est une ville située au bord de la Tamise, à mi-chemin entre Oxford et Londres. L’auteur est l’un de ses habitants parmi les plus célèbres. Sa traductrice, Sophie Brissaud, précise que « la région synthétise le mode de vie anglais, son confort et son ambiance paisible. » Sous la plume de Robert Thorogood l’endroit n’est pas si tranquille que ça ! 

Un premier meurtre survient dès le début du roman tandis que Judith Potts, 77 ans, fait une petite baignade dans la Tamise, son rituel quasi quotidien. Sur la rive d’en face, son voisin hurle et un coup de pistolet se fait entendre. Notre fringante septuagénaire tente de nager jusqu’au lieu du crime avant de renoncer et de faire demi-tour. La police appelée en renfort ne trouve rien qui ne sorte de l’ordinaire chez Stefan Dunwoody. Il faut une nouvelle intervention de Judith Potts pour retrouver le corps du malheureux dans son jardin. Le vieille dame décide alors de prendre les choses en main et de mener sa propre enquête. C’est ainsi qu’elle va faire la connaissance de ses futures acolytes : Becks Starling, la femme du vicaire, et Suzie Harris, la promeneuse de chien. Néanmoins notre trio entretient des relations tout à fait cordiales avec l’enquêtrice de la police, Tanika Malik, et leur collaboration s’avère fructueuse.

The Marlow Murder Club
💪J’ai profité du challenge de lecture "Un hiver polar" pour commencer enfin cette série sur laquelle je louchais depuis un moment. Le Cosy Mystery a le vent en poupe depuis quelques temps. J’imagine qu’il faut en prendre et en laisser parmi toutes les parutions mais ce premier volet des Dames de Marlow est très réussi. Robert Thorogood s’est attaché à créer des personnages sympathiques, avec leurs qualités mais aussi leurs défauts. Si Judith Potts tient à son célibat, c’est néanmoins une personne sociable et optimiste. Elle est « verbicruciste et cruciverbiste », c’est dire si elle est passionnée de mots croisés et autres puzzles. D’ailleurs, le lecteur est invité s’il le souhaite à résoudre trois grilles d’indices au cours du récit. Becks Starling, la méticuleuse femme au foyer, cache un caractère de feu et une bonne dose de courage. Suzie Harris, la quinquagénaire brute de décoffrage, est plus tendre qu’elle ne veut bien le montrer. 

L’intrigue est tarabiscotée à souhait mais néanmoins assez crédible. Il y a une vraie enquête, ce qui n’est pas toujours le cas dans les Cosy Crimes, et elle est menée tambour battant. Bref, on ne s’ennuie pas une minute dans ce premier tome des Dames de Marlow. Bien que je me sois promis de limiter un peu les séries policières, je garde celle-ci dans ma liste à suivre. Il y a 5 tomes parus à ce jour :

  1. The Marlow Murder Club (2021) / Mort compte triple
  2. Death Comes to Marlow (2023) / Il suffira d'un cygne
  3. The Queen of Poisons (2024) / Poison en huis clos
  4. Murder on the Marlow Belle (2025) / Meurtre sur la Tamise
  5. The Mysterious Affair Of Judith Potts (2026)
 je valide aujourd'hui la case "arme à feu" du Bingo meurtrier.

📌Les Dames de Marlow enquêtent - Vol. 1 : Mort compte triple.  Robert Thorogood, traduit par Sophie Brissaud. Editions de La Martinière, 408 pages (2021) / Editions Points, 408 pages (2023)


La Quiche fatale. M. C. Beaton

La Quiche fatale. M. C. Beaton

A force de croiser Agatha Raisin dans les lieux de perdition comme les librairies et les bibliothèques, j’ai eu envie de faire vraiment sa connaissance. J’étais un peu dubitative concernant cette héroïne capable de s’illustrer dans 37 enquêtes policières successives. Son homologue masculin, Hamish Macbeth, est d’ailleurs tout aussi actif. Sachant que M. C. Beaton alias Marion Chesney a écrit plusieurs autres Cosy Mysteries sous divers pseudonymes, j’avoue que je n’étais pas sûre d’y trouver mon compte. C’était compter sans l’irrésistible humour anglais !

Dans ce premier volet, Agatha Raisin, quinquagénaire active et déterminée, a décidé de revendre son agence de communication londonienne. Elle a acheté un charmant cottage dans la belle région des Costwolds car elle prend sa retraite anticipée. Evidemment l’arrivée de cette citadine excentrique n’enchante pas particulièrement les habitants du paisible village de Carsely. Agatha va devoir batailler pour se faire accepter parmi eux. L’organisation d’un concours de quiches lui semble l’occasion idéale bien qu’elle ne sache pas cuisiner. Sans remord particulier ni sentiment de culpabilité, elle décide de tricher et de se procurer une tarte aux épinards chez son traiteur préféré. Elle tente également de soudoyer le jury, le major Cummings-Browne et son épouse, en les invitant au restaurant. Evidemment, l’impétueuse Agatha ne pouvait pas deviner que président du jury mourrait empoissonné après avoir mangé une part de sa quiche. Non seulement sa tricherie est découverte mais notre quinquagénaire devient suspecte dans une affaire de meurtre. 

Contre toute attente, j’ai été séduite par cette Agatha Raisin que l’on compare souvent à Miss Marple. L’héroïne de MC Beaton se distingue pourtant par son caractère haut en couleur,  ses réparties bien senties et son langage fleuri. Il faut bien reconnaître qu’on ne s’ennuie pas une minute avec elle ! Les autres personnages sont assez bien campés aussi et c’est l’un des points forts de cette série de Cosy Crimes. L’ambition première de l’autrice est de distraire son lecteur plutôt que d’insister sur les scènes de crime sanglantes ou les ambiances très sombres. Cela n’exclut pas d’aborder quelques sujets de société. C’est un genre qu’on apprécie ou pas. Pour ma part, après avoir suivi cette première intrigue, je comprends mieux la longévité de son attachante héroïne. Je pense donc continuer la série. Cela tombe bien car les premiers volets sont désormais disponibles en format de poche ! Pour info, il existe également une adaptation télévisée de la série avec Ashley Jensen dans le rôle principal.

Bingo meurtrier 301225
Je coche la case "poison" du bingo


💪J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge Un hiver polar. Il me permet de participer au bingo meurtrier et de valider le mot Poison, en plus des cases Campagne anglaise, Détective amateur et Jalousie que j'avais déjà cochées. 

📚D’autres avis que le mien chez Pativore, Bianca, Pedro Pan Rabbit, Marie-Eglantine, Anne, Sharon, Emilie 

📌La Quiche fatale (Agatha Raisin enquête, Tome 1). M. C. Beaton, traduite par Esther Ménévis. Le Livre de Poche, 288 pages (2025).