Rendez-vous avec le mal. Julia Chapman

Rendez-vous avec le mal. Julia Chapman


Je profite des vacances pour reprendre les aventures des détectives du Yorkshire là où je les avais laissées, c’est-à-dire juste après le Rendez-vous avec le crime. Cette lecture date un peu mais les comptes-rendus enthousiastes que je vois régulièrement passer sur les blogs sont autant de piqures de rappel en faveur de la série. 

Rendez-vous avec le mal, le second épisode, nous ramène donc dans la bourgade de Bruncliffe où le duo Delilah Metcalfe / Samson O'Brien partage un bail commercial. Delilah s’occupe de l'Agence de Rencontre des Vallons et Samson de l'Agence de Recherches du même nom. La jeune femme a néanmoins la fâcheuse tendance à fourrer son nez dans les affaires de son co-locataire et celui-ci squatte en secret l’appartement du dessus.  Calimero, le Braque de Weimar de Delilah souffre du syndrome d’abandon. L’hyperattachement que le chien  a développé vis-à-vis de sa maîtresse provoque des crises de stress et d’anxiété intenses lorsqu’il est livré à lui-même. Cette particularité peut provoquer des retournements de situations inattendues au cours d’une enquête délicate. Il se pourrait même que cette fois-ci, paradoxalement, elle sauve la mise aux humains. 

Delilah et Samson mènent de front une double mission. Leurs premières investigations concernent l’enlèvement de Ralph, un bélier de concours. Son pedigree le désigne comme un reproducteur idéal. Le fermier a payé cet animal une fortune et sa perte risque de le conduire à la ruine. La seconde enquête est plus personnelle puisqu’elle pointe vers la maison de retraite de Fellside Court où vit Joseph O’brien, le père de Samson. Alice Shepherd, l’une des résidentes, est décédée peu de temps après sa visite à l’agence de détective(s). Samson, qui n’avait pas pris sa requête au sérieux, commence à culpabiliser. La vieille dame n’était peut-être pas sénile finalement.  D’ailleurs, plusieurs incidents inquiétants gâchent fortement les préparatifs de Noël des séniors. 

Date With Malice

📚Quel plaisir de retrouver la petite communauté de Bruncliffe et surtout nos deux irrésistibles héros! Je crois bien que la série des détectives du Yorkshire est le Cosy Crime préféré de la blogosphère (voir les avis de Anne, Belette, Bianca, Cath L, Eimelle, Emilie, Keisha, Manou…). Je partage cet engouement car l’autrice ne confond pas feel good et gnangnantitude. J’aime la bienveillance des personnages, l’énergie de Delilah et le caractère énigmatique de Samson. Leur bluette platonique apporte un brin de fraîcheur liée à leur maladresse respective. L’intrigue policière n’est pas reléguée au second plan comme c’est parfois le cas dans les séries de ce genre. La bonne nouvelle, c'est qu'il me reste encore 8 tomes à lire: 

  • 1. Date with Death (2017) / Rendez-vous avec le crime ✔
  • 2. Date with Malice (2017) / Rendez-vous avec le mal ✔
  • 3. Date with Mystery (2018) / Rendez-vous avec le mystère
  • 4. Date with Poison (2019) / Rendez-vous avec le poison
  • 5. Date with Danger (2020) / Rendez-vous avec le danger
  • 6. Date with Deceit (2021) / Rendez-vous avec la ruse
  • 7. Date with Betrayal (2022) / Rendez-vous avec la menace
  • 8. Date with Evil (2023) / Rendez-vous avec le diable
  • 9. Date with Justice (2024) / Rendez-vous avec la justice
  • 10. Date with Destiny (2025) / Rendez-vous avec le destin

💪Cette agréable lecture me permet de participer au challenge Séries et trilogies de l’été, organisé par Philippe. 

📌Rendez-vous avec le mal (Les Détectives du Yorkshire - Tome 2). Julia Chapman, traduite par Dominique Haas et Stéphanie Leigniel. Robert Laffont, 408 pages (2018)

challenge Séries et trilogies de l’été organisé par Philippe.


Neige de sang. JEF, Sallé & Corbeyran

Neige de sang. JEF, Sallé & Corbeyran


Il s’agit d’un emprunt plus ou moins hasardé à la bibli. J’ai tapé Japon dans le moteur de recherche de la médiathèque, j’ai coché bande dessinée et le logiciel m’a proposé Neige de sang. Pas besoin de se poser plus de questions, d’autant que la durée des emprunts est allongée en période estivale. 

Neige de sang. P4-5

Cet album est un one-shot. L’histoire nous conduit dans le petit port de Shikomi, durant l’été 1970. Les habitants sont surpris par un changement de temps radical qui les oblige à se réfugier dans l’auberge du village. Ils découvrent rapidement qu’ils ne sont pas seulement victimes d’un dérèglement météorologique ;  ils ont aussi fait un bond temporel jusqu’aux origines féodales de leur communauté. Et, tandis que le blizzard enveloppe la bourgade, les villageois sont témoins d’évènements glaçants. Quelqu’un semble profiter de la tempête pour régler ses comptes et des ombres surnaturelles percent l’obscurité. Takashi, un jeune pêcheur, et sa compagne, Sayori, décident de braver les éléments pour trouver une explication à ce cauchemar. 

Neige de sang. P10-11

L’illustration en couverture laisse peu de suspense concernant les tueurs qui hantent le village (même si, de loin, j'ai confondu le samouraï avec une locomotive). Bref, ce n'est pas très grave car l’intrigue comporte d’autres mystères dont certains ne seront pas totalement élucidés à la fin de l’album. A ce propos, il me semble que la narration aurait gagné en profondeur si la BD avait compté quelques pages supplémentaires. Les planches sombres participent à créer un huis clos nébuleux et terrifiant. Malgré la brièveté du scénario, Neige de sang reste une belle découverte. 

📌Neige de sang. JEF, Rurik Sallé et Corbeyran. Editions Ankama, 80 pages (2026)


Tokyo Mystery Café, T.01 et T.02. Atelier Sentô

Tokyo Mystery Café, T.01 et T.02. Atelier Sentô


Lors de ma dernière expédition à la bibliothèque municipale, je suis tombée sur les deux tomes de la BD Tokyo Mystery Café que je convoitais depuis un moment. Je connaissais déjà le style japonisant de l’atelier Sento, talentueux duo de bédéistes, grâce au diptyque de La fête des ombres.

Chaque volet de Tokyo Mystery Café peut être lu comme un one shot puisqu’il s’agit de deux enquêtes séparées : La disparue d'Akiba (tome 1) et Les ombres de Jimbocho (tome 2). Ceux qui connaissent un peu le Japon auront compris que les auteurs nous font visiter deux quartiers emblématiques de la capitale Nippone. 

Tokyo Mystery Café, T.01 P16-17


Le Mystery café est un lieu atypique. Son « Patron », est à la fois restaurateur et détective privé. Nahel, un jeune aspirant mangaka tout juste débarqué au Japon, a atterri chez lui par hasard après une course-poursuite échevelée. Monsieur Mirai, le propriétaire de la Guest House où Nahel vient d’aménager a été sauvagement agressé dans son magasin d’électronique au rez-de-chaussée de l’immeuble. Il est situé à Akiba, le fameux quartier d’Akihabara, l’une des plus grandes « Electric Towns » du monde. Depuis les années 90, c’est le quartier des geeks. Nahel fait la connaissance du Patron et de son acolyte Soba, une collégienne surdouée en informatique. Les détectives ont été embauchés par la petite fille de Monsieur Mirai. Elle veut savoir qui a agressé son grand-père mais aussi où est passé sa sœur Mio. Nahel, qui s’est joint aux investigateurs, ne va pas tarder à faire une découverte surprenante.

Le second tome de Tokyo Mystery Café invite ses lecteurs à la découverte de Jimbocho, le quartier des bouquinistes et des éditeurs, mais leur permet aussi d’entrer dans l’univers du manga. Nahel a enfin décroché un emploi dans un atelier de Magakas mais il va rapidement déchanter. Il est confiné dans un petit bureau où il doit se contenter d’encrer les tours des cases. De plus, l’ambiance est plutôt tendue chez l’éditeur. En effet, un pirate a saboté le dernier numéro du Weekly Moon, le magazine phare des éditions Kamigawa. Certaines pages ont été modifiées. Un personnage inconnu apparait sur les planches tandis que les héros récurrents les plus populaires ont été virtuellement assassinés dans les dernières pages du magazine. Si les lecteurs se détournent de l’hebdomadaire, les retombées financières seront catastrophiques pour l’éditeur. Il faut absolument découvrir qui est le faussaire. Au cours de l’enquête, Nahel va faire une étonnante découverte concernant son énigmatique patron. 

Tokyo Mystery Café, T.02- P6-7

Les enquêtes sont intelligemment construites. J’aime beaucoup l’idée de coupler les questions contemporaines (robotique, IA, crise éditoriale, conditions de travail des mangakas, etc) et la découverte culturelle du Japon aux énigmes policières. La BD s’adresse à un large public à partir de 12 ans et les personnages permettent aux lecteurs de tous âges de s’identifier facilement. A la fin des albums, il y a des "Dossiers secrets", des livrets présentés sous forme de reportages pédagogiques avec des cartes, des photos etc.

Les enquêtes proprement dites sont rondement menées et il y a de l’action dans chaque album avec des enlèvements, des courses poursuites, etc. Il y a aussi une aura de mystère autour des personnages principaux. On en sait un peu plus sur le Patron à la fin du second tome mais Soba (dont ce n’est pas le vrai nom) n’a pas livré tous ses secrets. On peut imaginer qu’elle le fera dans un 3ème volet. J’espère en tout cas que la série n’est pas terminée.  

Tokyo Mystery Café, T.02 - P74-75


💪Tokyo Mystery Café. Atelier Sentô. Editions Dupuis, 2 volumes

Tome 1 - La disparue d'Akiba, 80 pages (2024)

Tome 2 - Les ombres de Jimbocho, 80 pages (2025)