Neige de sang. JEF, Sallé & Corbeyran

Neige de sang. JEF, Sallé & Corbeyran


Il s’agit d’un emprunt plus ou moins hasardé à la bibli. J’ai tapé Japon dans le moteur de recherche de la médiathèque, j’ai coché bande dessinée et le logiciel m’a proposé Neige de sang. Pas besoin de se poser plus de questions, d’autant que la durée des emprunts est allongée en période estivale. 

Neige de sang. P4-5

Cet album est un one-shot. L’histoire nous conduit dans le petit port de Shikomi, durant l’été 1970. Les habitants sont surpris par un changement de temps radical qui les oblige à se réfugier dans l’auberge du village. Ils découvrent rapidement qu’ils ne sont pas seulement victimes d’un dérèglement météorologique ;  ils ont aussi fait un bond temporel jusqu’aux origines féodales de leur communauté. Et, tandis que le blizzard enveloppe la bourgade, les villageois sont témoins d’évènements glaçants. Quelqu’un semble profiter de la tempête pour régler ses comptes et des ombres surnaturelles percent l’obscurité. Takashi, un jeune pêcheur, et sa compagne, Sayori, décident de braver les éléments pour trouver une explication à ce cauchemar. 

Neige de sang. P10-11

L’illustration en couverture laisse peu de suspense concernant les tueurs qui hantent le village (même si, de loin, j'ai confondu le samouraï avec une locomotive). Bref, ce n'est pas très grave car l’intrigue comporte d’autres mystères dont certains ne seront pas totalement élucidés à la fin de l’album. A ce propos, il me semble que la narration aurait gagné en profondeur si la BD avait compté quelques pages supplémentaires. Les planches sombres participent à créer un huis clos nébuleux et terrifiant. Malgré la brièveté du scénario, Neige de sang reste une belle découverte. 

📌Neige de sang. JEF, Rurik Sallé et Corbeyran. Editions Ankama, 80 pages (2026)


Tokyo Mystery Café, T.01 et T.02. Atelier Sentô

Tokyo Mystery Café, T.01 et T.02. Atelier Sentô


Lors de ma dernière expédition à la bibliothèque municipale, je suis tombée sur les deux tomes de la BD Tokyo Mystery Café que je convoitais depuis un moment. Je connaissais déjà le style japonisant de l’atelier Sento, talentueux duo de bédéistes, grâce au diptyque de La fête des ombres.

Chaque volet de Tokyo Mystery Café peut être lu comme un one shot puisqu’il s’agit de deux enquêtes séparées : La disparue d'Akiba (tome 1) et Les ombres de Jimbocho (tome 2). Ceux qui connaissent un peu le Japon auront compris que les auteurs nous font visiter deux quartiers emblématiques de la capitale Nippone. 

Tokyo Mystery Café, T.01 P16-17


Le Mystery café est un lieu atypique. Son « Patron », est à la fois restaurateur et détective privé. Nahel, un jeune aspirant mangaka tout juste débarqué au Japon, a atterri chez lui par hasard après une course-poursuite échevelée. Monsieur Mirai, le propriétaire de la Guest House où Nahel vient d’aménager a été sauvagement agressé dans son magasin d’électronique au rez-de-chaussée de l’immeuble. Il est situé à Akiba, le fameux quartier d’Akihabara, l’une des plus grandes « Electric Towns » du monde. Depuis les années 90, c’est le quartier des geeks. Nahel fait la connaissance du Patron et de son acolyte Soba, une collégienne surdouée en informatique. Les détectives ont été embauchés par la petite fille de Monsieur Mirai. Elle veut savoir qui a agressé son grand-père mais aussi où est passé sa sœur Mio. Nahel, qui s’est joint aux investigateurs, ne va pas tarder à faire une découverte surprenante.

Le second tome de Tokyo Mystery Café invite ses lecteurs à la découverte de Jimbocho, le quartier des bouquinistes et des éditeurs, mais leur permet aussi d’entrer dans l’univers du manga. Nahel a enfin décroché un emploi dans un atelier de Magakas mais il va rapidement déchanter. Il est confiné dans un petit bureau où il doit se contenter d’encrer les tours des cases. De plus, l’ambiance est plutôt tendue chez l’éditeur. En effet, un pirate a saboté le dernier numéro du Weekly Moon, le magazine phare des éditions Kamigawa. Certaines pages ont été modifiées. Un personnage inconnu apparait sur les planches tandis que les héros récurrents les plus populaires ont été virtuellement assassinés dans les dernières pages du magazine. Si les lecteurs se détournent de l’hebdomadaire, les retombées financières seront catastrophiques pour l’éditeur. Il faut absolument découvrir qui est le faussaire. Au cours de l’enquête, Nahel va faire une étonnante découverte concernant son énigmatique patron. 

Tokyo Mystery Café, T.02- P6-7

Les enquêtes sont intelligemment construites. J’aime beaucoup l’idée de coupler les questions contemporaines (robotique, IA, crise éditoriale, conditions de travail des mangakas, etc) et la découverte culturelle du Japon aux énigmes policières. La BD s’adresse à un large public à partir de 12 ans et les personnages permettent aux lecteurs de tous âges de s’identifier facilement. A la fin des albums, il y a des "Dossiers secrets", des livrets présentés sous forme de reportages pédagogiques avec des cartes, des photos etc.

Les enquêtes proprement dites sont rondement menées et il y a de l’action dans chaque album avec des enlèvements, des courses poursuites, etc. Il y a aussi une aura de mystère autour des personnages principaux. On en sait un peu plus sur le Patron à la fin du second tome mais Soba (dont ce n’est pas le vrai nom) n’a pas livré tous ses secrets. On peut imaginer qu’elle le fera dans un 3ème volet. J’espère en tout cas que la série n’est pas terminée.  

Tokyo Mystery Café, T.02 - P74-75


💪Tokyo Mystery Café. Atelier Sentô. Editions Dupuis, 2 volumes

Tome 1 - La disparue d'Akiba, 80 pages (2024)

Tome 2 - Les ombres de Jimbocho, 80 pages (2025)


Mrs. McGinty's Dead. Agatha Christie

Mrs. McGinty's Dead. Agatha Christie


💪J’ai pris beaucoup de retard sur le challenge Read Christie 2026 dédié à la Reine du crime. J’ai prévu de lire un roman par mois en me focalisant davantage sur Miss Marple (voir The Thirteen problems et The Body in the Library). J’ai également découvert le couple d’enquêteurs formé par Tommy et Tuppence Beresford (Partners in Crime). Finalement, j’ai eu envie de revenir à mon premier amour : le prétentieux Hercule Poirot. J’ai abandonné l’idée de suivre ses enquêtes dans l’ordre, d’autant que j’en ai déjà lu un certain nombre lorsque j’étais adolescente. C’est donc la couverture bucolique de Mrs. McGinty's Dead (Mrs McGinty est morte en version française) qui m’a fait chavirer. 

Paru en 1952 en version originale, Mrs. McGinty's Dead est le 28ème roman de la série. Autant dire que nous avons affaire à un détective aguerri dont les petites cellule grises sont bien entrainées. Et pourtant, notre cher Poirot, aussi clairvoyant soit-il, va ramer un peu pour élucider le meurtre de la vieille dame. 

McGinty est morte (Nouvelle traduction révisée)

Le détective belge a été sollicité par son ami, le Superintendent Spence, retraité de la police de Kilchester. L’enquêteur pense avoir fait une erreur judiciaire en arrêtant le locataire de Mrs. McGinty, un certain James Bentley. Le jeune homme a été déclaré coupable lors de son procès et condamné à mort. Poirot dispose donc de peu de temps avant l’exécution de la sentence pour trouver le véritable coupable. Or, les indices ne parlent pas en faveur de Bentley. Le jeune homme venait de perdre son emploi chez Breather & Scuttle. Il avait des dettes et plusieurs loyers de retard. Il était de notoriété publique que Mrs. McGinty ne faisait pas confiance aux banques et gardait un bas de laine dans une cachette sous le plancher. Son argent a été retrouvé chez le suspect après son meurtre. 

Hercule Poirot a d’autant plus de mal à se concentrer qu’il loge dans une chambre d’hôte bruyante dans le village de Broadhinny. La propriétaire de la résidence Long Meadows, Maureen Summerhayes, n’est pas hôtelière de métier. Elle est rentrée récemment d’Inde avec son époux et a hérité de la maison. C’est une logeuse charmante mais extrêmement désorganisée et une exécrable cuisinière. Elle a néanmoins des raisons d’être débordée puisqu’elle a perdu sa femme de ménage, Mrs. McGinty. La victime était employée de maison chez plusieurs notables du village. Pour des raisons que je divulguerai pas, Poirot à l’intuition que le meurtrier est l’un de ses anciens patrons. 

Hercule Poirot est prétentieux mais quel plaisir de le retrouver ! Comme toujours, il va mener son enquête avec doigté et diligence. La solution est délicieusement alambiquée et les ressorts de l’intrigue sont toujours les mêmes… pour notre plus grand plaisir ! Comme d’habitude, cette affaire va se terminer par une réunion en huis clos où le détective va exposer tous les éléments qui l’ont conduit jusqu’au coupable. Parmi les protagonistes principaux, nous retrouvons sa chère amie, Ariadne Oliver, autrice de romans policiers à succès dont le héros est l’enquêteur norvégien Sven Hjerson. C’est l’occasion d’une amusante mise en abîme puisque son œuvre doit être adaptée au théâtre par le fameux dramaturge Robin Upward, l’un des suspects de Poirot. Dans la vraie vie, une série TV scénarisée par Patrik Gyllström s’inspire du personnage inventé par notre romancière fictive !  Les protagonistes principaux sont incarnés par Johan Rheborg, Hanna Alström et David Fukamachi Regnfors. Ariadne Oliver, quant à elle, apparait dans la nouvelle The Case of the Discontented Soldier (1934) aux côtés de son ami Parker Pyne mais elle mène sa première enquête avec Hercule Poirot dans Cards on the Table (1936). Elle se retrouve finalement seule investigatrice dans The Pale Horse (1961).

💪Bianca et Belette ont été aussi bluffées que moi par l’habilité d’Agatha Christie à nous mener en bateau. Par ailleurs, la Reine du crime me permet de participer une nouvelle fois au challenge 2026 sera classique, organisé par Nathalie. Le roman a fait l’objet d’une nouvelle traduction en Français en 2023. Il a été porté à l’écran en 2008 au Royaume-Uni (Episode 11 de la première saison de la série Agatha Christie's Poirot) et en 2015 en France (Épisode 10 de la deuxième saison des Petits Meurtres d'Agatha Christie). 

📌Mrs. McGinty's Dead (A Hercule Poirot Mystery). Agatha Christie. William Morrow, 272 pages (2025)

2026 sera classique aussi
Challenge de lecture