Mrs. McGinty's Dead. Agatha Christie

Mrs. McGinty's Dead. Agatha Christie


💪J’ai pris beaucoup de retard sur le challenge Read Christie 2026 dédié à la Reine du crime. J’ai prévu de lire un roman par mois en me focalisant davantage sur Miss Marple (voir The Thirteen problems et The Body in the Library). J’ai également découvert le couple d’enquêteurs formé par Tommy et Tuppence Beresford (Partners in Crime). Finalement, j’ai eu envie de revenir à mon premier amour : le prétentieux Hercule Poirot. J’ai abandonné l’idée de suivre ses enquêtes dans l’ordre, d’autant que j’en ai déjà lu un certain nombre lorsque j’étais adolescente. C’est donc la couverture bucolique de Mrs. McGinty's Dead (Mrs McGinty est morte en version française) qui m’a fait chavirer. 

Paru en 1952 en version originale, Mrs. McGinty's Dead est le 28ème roman de la série. Autant dire que nous avons affaire à un détective aguerri dont les petites cellule grises sont bien entrainées. Et pourtant, notre cher Poirot, aussi clairvoyant soit-il, va ramer un peu pour élucider le meurtre de la vieille dame. 

McGinty est morte (Nouvelle traduction révisée)

Le détective belge a été sollicité par son ami, le Superintendent Spence, retraité de la police de Kilchester. L’enquêteur pense avoir fait une erreur judiciaire en arrêtant le locataire de Mrs. McGinty, un certain James Bentley. Le jeune homme a été déclaré coupable lors de son procès et condamné à mort. Poirot dispose donc de peu de temps avant l’exécution de la sentence pour trouver le véritable coupable. Or, les indices ne parlent pas en faveur de Bentley. Le jeune homme venait de perdre son emploi chez Breather & Scuttle. Il avait des dettes et plusieurs loyers de retard. Il était de notoriété publique que Mrs. McGinty ne faisait pas confiance aux banques et gardait un bas de laine dans une cachette sous le plancher. Son argent a été retrouvé chez le suspect après son meurtre. 

Hercule Poirot a d’autant plus de mal à se concentrer qu’il loge dans une chambre d’hôte bruyante dans le village de Broadhinny. La propriétaire de la résidence Long Meadows, Maureen Summerhayes, n’est pas hôtelière de métier. Elle est rentrée récemment d’Inde avec son époux et a hérité de la maison. C’est une logeuse charmante mais extrêmement désorganisée et une exécrable cuisinière. Elle a néanmoins des raisons d’être débordée puisqu’elle a perdu sa femme de ménage, Mrs. McGinty. La victime était employée de maison chez plusieurs notables du village. Pour des raisons que je divulguerai pas, Poirot à l’intuition que le meurtrier est l’un de ses anciens patrons. 

Hercule Poirot est prétentieux mais quel plaisir de le retrouver ! Comme toujours, il va mener son enquête avec doigté et diligence. La solution est délicieusement alambiquée et les ressorts de l’intrigue sont toujours les mêmes… pour notre plus grand plaisir ! Comme d’habitude, cette affaire va se terminer par une réunion en huis clos où le détective va exposer tous les éléments qui l’ont conduit jusqu’au coupable. Parmi les protagonistes principaux, nous retrouvons sa chère amie, Ariadne Oliver, autrice de romans policiers à succès dont le héros est l’enquêteur norvégien Sven Hjerson. C’est l’occasion d’une amusante mise en abîme puisque son œuvre doit être adaptée au théâtre par le fameux dramaturge Robin Upward, l’un des suspects de Poirot. Dans la vraie vie, une série TV scénarisée par Patrik Gyllström s’inspire du personnage inventé par notre romancière fictive !  Les protagonistes principaux sont incarnés par Johan Rheborg, Hanna Alström et David Fukamachi Regnfors. Ariadne Oliver, quant à elle, apparait dans la nouvelle The Case of the Discontented Soldier (1934) aux côtés de son ami Parker Pyne mais elle mène sa première enquête avec Hercule Poirot dans Cards on the Table (1936). Elle se retrouve finalement seule investigatrice dans The Pale Horse (1961).

💪Bianca et Belette ont été aussi bluffées que moi par l’habilité d’Agatha Christie à nous mener en bateau. Par ailleurs, la Reine du crime me permet de participer une nouvelle fois au challenge 2026 sera classique, organisé par Nathalie. Le roman a fait l’objet d’une nouvelle traduction en Français en 2023. Il a été porté à l’écran en 2008 au Royaume-Uni (Episode 11 de la première saison de la série Agatha Christie's Poirot) et en 2015 en France (Épisode 10 de la deuxième saison des Petits Meurtres d'Agatha Christie). 

📌Mrs. McGinty's Dead (A Hercule Poirot Mystery). Agatha Christie. William Morrow, 272 pages (2025)

2026 sera classique aussi
Challenge de lecture


Adèle. France Lorrain

Adèle. France Lorrain


💪J’avais envie de faire un petit tour au Québec et le challenge de lecture dédié aux séries tombait à pic pour ce lancer dans une grande fresque historique. Cette saga familiale est en réalité une quadrilogie. Elle est d’abord parue chez un éditeur québécois avant d’être publiée en France. Personnellement j’ai un faible pour les couvertures vintage du premier qui me font penser à La petite maison dans la prairie. Chaque volet porte le prénom du héros qui est toujours un membre de la fratrie Gélinas :

  • Tome 1 : Adèle (Saint-Jean éditeur, mai 2025 – Verso, mars 2026)
  • Tome 2 : Édouard (Saint-Jean éditeur, mai 2025 – Verso, juillet 2026)
  • Tome 3 : Florie (Saint-Jean éditeur, juin 2025 – Verso, novembre 2026)
  • Tome 4 : Laurent (Saint-Jean éditeur, juin 2025 – Verso, mars 2027)

La Promesse des Gélinas, Tome 1). France Lorrain

Le voyage est à la fois spatial et temporel puisque l’intrigue nous conduit dans la région des Hautes-Laurentides au début des années 30. Quelques années plus tôt, sur son lit de mort, Rose Gélinas, trahie et abandonnée par son époux, fait promettre à ses enfants de ne jamais se marier. Adèle, qui n’a que douze ans, cède aux supplications de sa mère sans comprendre les implications réelles d’un tel serment. Edouard, le puîné, et Laurent, son cadet, n’ont pas réalisé non plus. Seule Florie, l’aînée de la fratrie, était en âge de mesurer le sacrifice exigé. Elle remplace sa mère auprès de sa fratrie et s’y dévoue corps et âme au point de s’oublier. La responsabilité est aussi lourde que les tâches quotidiennes pour faire tourner la ferme. La jeune femme fête les Catherinettes, le cœur aigri. Adèle, en revanche, est pleine d’entrain et d’espoir. Elle veut devenir journaliste. Ce choix implique de couper le cordon avec la fratrie, quitter le village de Sainte-Cécile pour se rapprocher des locaux du Courrier de Saint-Jovite en ville. Autant dire que le projet n’enthousiasme guère sa sœur aînée. Adèle devrait aussi faire face aux préjugés des villageois et à la misogynie de l’époque. Une femme n’est pas censée écrire dans les journaux et vivre de manière aussi indépendante. Les ragots risquent de détruire sa réputation. Adèle devra peut-être faire un choix cornélien entre ses aspirations personnelles et les intérêts familiaux. 

J’ai bien peur de ne pas partager l’engouement des 300 000 lecteurs que l’éditeur se pique d’avoir conquis. Les personnages sont un peu trop caricaturaux pour moi. A part Florie, qui semble flétrie avant l’âge, les Gélinas sont tous charmants et dotés de belles qualités. Je ne suis pas fan non plus de la relation amoureuse entre Adèle et son rédacteur en chef. J’ai eu l’impression de lire une romance de la collection Harlequin ! Une orpheline, pas très riche, qui se heurte à un énigmatique et séduisant patron dans les bras duquel elle finit par tomber en pamoison. La scène où elle lutte pour ne pas succomber (accrochez-vous après pour expliquer aux hommes que non, ça veut dire non !) ne cadre pas vraiment avec le propos volontiers féministe de l’autrice !  Pour moi, c’est rédhibitoire mais je peux comprendre l’attrait que suscite cette fresque sociale et historique chez d’autres lecteurs. C’est un roman fleuve, facile à lire, et les personnages sont attachants.

📌Adèle (La Promesse des Gélinas, Tome 1). France Lorrain. Verso, 400 pages (2026)

Challenge : séries et trilogies de l'été 2026
Challenge : séries et trilogies de l'été 2026










Remède de Cheval. M. C. Beaton

Remède de Cheval. M. C. Beaton


💪Cette période de vacances estivales me fait pencher vers des lectures légères, sans lien avec l’actualité littéraire. C’est l’occasion de reprendre mes sagas policières là où je les avais laissées et de participer au challenge des Séries de l'été organisé par Philippe. Les enquêtes d’Agatha Raisin sont l’option idéale. Le premier tome, Quiche fatale, s’était avéré être un cosy Mystery distrayant et sans ambition littéraire particulière. Je retrouve donc l’héroïne de cette série anglaise dans Remède de cheval.

Vicious Vet
Nous voici de retour dans les Cotswolds, lieu de résidence d’Agatha Raisin. Cette quinquagénaire, un brin déjantée, a revendu son agence de communication londonienne pour financer sa retraite anticipée dans le pittoresque village de Carsely. Après une adaptation nécessaire à la vie provinciale, Agatha semble avoir trouvé ses marques au sein de la petite communauté. Elle continue de fréquenter la Société des Dames de Carsely, de fourrer son nez partout et de se montrer un peu trop empressée auprès de son séduisant voisin, le colonel James Lacey. Celui-ci s’emploie à l’éviter au maximum, créant des situations délicieusement rocambolesques. Frustrée, Agatha décide de se consoler avec le nouveau vétérinaire. Or, l’arrivée du praticien n’est pas passée inaperçue dans le village et son charme a déjà fait des ravages parmi les habitantes. Pourtant, la salle d’attente de la clinique vétérinaire va rapidement désemplir. Les méthodes de Paul Bladen choquent les propriétaires d’animaux domestiques. Lorsque le vétérinaire décède suite à une piqure d’étorphine destinée à un cheval de Lord Pendlebury, un doute s’insinue. S’agit-il vraiment d’un accident ? L’instinct aiguisé d’Agatha l’incite à fouiner dans les affaires de Bladen pour exhumer de vilains secrets. Et cerise sur le gâteau, son voisin préféré (le susdit James Lacey) est tout aussi curieux qu’elle de découvrir la vérité. Ils vont former un duo mal assorti, parfois maladroit, mais redoutablement efficace en matière d’investigations criminelles. Le sergent Bill Wong tente sans succès de les dissuader de poursuivre car ils enquêtent au péril de leurs vies.

Je n’ai petit reproche à faire à ce second volet et encore, il arrive fortuitement. Je trouve que l’intrigue à quelques similitudes avec celle de Coiffeur pour dames, le huitième tome que j’ai découvert avant celui-ci au travers de la série télévisée. J’apprécie beaucoup l’humour de M. C. Beaton même s’il est parfois familier. Son style est direct et le lecteur entre tout de suite dans le vif du sujet. Contrairement à certains Cosy Mysteries, il y a une véritable enquête, avec des interrogatoires de témoins qui tournent souvent à la catastrophe… pour notre plus grand bonheur. L’intrigue est rythmée et pétillante. Les personnages sont assez excentriques pour créer des situations relativement improbables dans la vraie vie et distraire le lecteur.  Bref, c’est une lecture idéale pour se détendre au bord de la piscine.

📌Remède de Cheval (Agatha Raisin enquête, Tome 2). M. C. Beaton, traduite par Esther Ménévis. Le Livre de Poche, 240 pages (2025)

Challenge Série de l'été