Meet Me at the Museum. Anne Youngson

Meet me At The Museum VO vs VF

 

 « Un jour j'irai à Aarhus / Pour voir sa tête brune comme tourbe / Les douces cosses de ses paupières / Sa casquette de peau en pointe ». 

Ainsi débute le poème du poète irlandais Seamus Heaney, dédié à l’Homme de Tollund. Il a inspiré à Anne Youngson un court roman épistolaire dont l’intrigue se situe entre le Royaume-Uni et le Danemark. 

Tina Hopgood vit dans une ferme à Bury St Edmunds dans le Norfolk avec son mari, ses enfants adultes et leur progéniture. Tout le monde travaille sur l’exploitation familiale.  Arrivée au mitan de sa vie, alors que son amie d’enfance vient de mourir, Tina décide que c’est peut-être le moment pour elle de réaliser le vieux rêve qu’elle partageait avec Bella : se rendre au musée de Silkeborg dans le Jutland où est exposée la dépouille de l’Homme de Tollund. Lorsque les deux copines étaient adolescentes, le professeur Glob, auteur de The Bog People (Le peuple des tourbières), leur avait dédié son livre. Durant le haut Moyen-Age, l'Est-Anglie a été confrontée aux envahisseurs vikings venus du Danemark et intégrée au Danelaw (littéralement le territoire où s’applique la loi des Danois). Du coup, Tina se demande si ses ancêtres pourraient avoir un lien avec cette fameuse momie.

Notre ménagère, qui semble fort déprimée et un tantinet excentrique, décide donc de se rappeler au bon souvenir du chercheur par l’intermédiaire d’un courrier qui ressemble davantage à une bouteille à la mer. Contre toute attente, elle obtient une réponse. Non pas de Peter Vilhelm Glob, qui aurait atteint l’âge vénérable de 104 ans s’il n’était décédé depuis une bonne quinzaine d’années, mais du curateur du musée de Silkeborg, Anders Larsen. Une correspondance nait ainsi entre la Britannique et le Danois. Bien que leurs personnalités et leurs chemins de vie semblent aux antipodes, un lien se crée, nourri de leurs échanges épistolaires. Tina a le sentiment d’être passé à côté de sa vie, tandis qu’Anders se remet difficilement de la disparition de son épouse, Birgitt, une femme fragile et imprévisible. Sa fille vit à Copenhague et son fils en Norvège. Leurs relations ne sont pas mauvaises mais ils ne se voient pas très souvent.  Bref, chaque protagoniste cherche inconsciemment à combler un vide dans sa vie. 

C’est la mention de la momie de Tollund qui m’a attirée vers ce livre même en devinant qu’elle n’en serait pas l’héroïne principale. Je savais aussi que le roman avait toutes les chances de pencher vers la conclusion romantique, sans érafler bien sûr le crédit sympathie des personnages (je ne pense pas divulgâcher l’intrigue en le mentionnant, tellement le fait est téléphoné dès le début de l’histoire). Le contexte dans lequel débute la correspondance entre Tina et Anders est relativement tiré par les cheveux mais peu importe puisqu’il y a l’ivresse de la lecture. 

Meet Me at the Museum (Il n'est jamais trop tard dans la version française) répond, comme on s’y attend, aux codes du roman Feel good. C’est le genre de livres que je ne lis jamais en Français mais que je trouve moins agaçant en V.O. J’ai donc passé un agréable moment de lecture grâce à un roman facile à lire, plein de bons sentiments et sans grande surprise. 

📚 Audrey, qui a lu la version en Français, est plus enthousiaste que moi. 

💪J’ai lu ce livre pour répondre à l’invitation de Madame lit et de Et si on bouquinait un peu dans le cadre du défi consacré au roman épistolaire.

📝Sur le même thème : Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

📌Meet Me at the Museum. Anne Youngson. Flatiron Books, 288 pages (2019) / Black Swan, 240 pages (2019)/ Il n'est jamais trop tard, traduit par Perrine Chambon. Denoël, 256 pages (2019)


Lecture de romans épistolaires


Commentaires

Aifelle a dit…
J'ai l'impression que ce n'est pas une lecture indispensable et comme j'ai déjà beaucoup à lire .. je passe.
keisha a dit…
Ben oui, au moins, en VO, on améliore son anglais (si c'est l'anglais)
je lis je blogue a dit…
@ Aifelle C'est un roman facile et distrayant mais dont on peut tout à fait se passer en effet
je lis je blogue a dit…
@ Keisha Oui, c'était l'idée car je deviens fainéante avec l'Anglais et j'ai besoin de pratiquer un peu.
manou a dit…
Un roman dont je me passe volontiers. Merci pour ton avis argumenté. Je ne sais pas si mon commentaire va passer. Car le système pour les écrire à changer...
je lis je blogue a dit…
@ Manou On est plusieurs sur Blogger a être passé aux fenêtres pop-up pour les commentaires car il y avait des bugs avec l'autre version. Certains n'arrivaient pas du tout à envoyer leurs messages.
Alex Mot-à-Mots a dit…
Je devrais essayé de les lire en VO, pour les trouver moins agaçant.
Cleanthe a dit…
Un roman feel good, en anglais, ce n'est pas une mauvaise idée. Ça permet de travailler la langue agréablement. Sinon, il est vrai que je ne suis pas très fan du genre.
je lis je blogue a dit…
@ Alex ça marche pour moi dans une certaine mesure. J'ai quand même mes limites mais je mentirais si je disais que j'ai détesté ce roman
je lis je blogue a dit…
@ Cleanthe Sinon, je trouve que les romans policiers sont parfaits pour travailler les langues étrangères : un vocabulaire simple, des chapitres courts et le suspense qui motive le lecteur.
Fanja a dit…
Ahaha je te rejoins complètement quand tu dis que le feel good te semble moins agaçant en anglais qu'en français. Le postulat de départ était intéressant, mais j'ai l'impression que ce genre de correspondance glisse très facilement vers le feel good romantique dès qu'il est question d'un homme et d'une femme qui ont un vide à combler dans leur vie.^^
je lis je blogue a dit…
@ Fanja J'ai l'impression d'être victime d'une épidémie de bluettes depuis quelques temps... ou c'est que je deviens aigrie !
Sacha a dit…
Même avec une bluette, tu as su trouver un contexte historique très intéressant. Je découvre ici le Danelaw et l'homme de Tollund!
je lis je blogue a dit…
@ Sacha Oui, c'est ce qui m'a poussée vers ce livre au départ
J'en garde un bon souvenir :) Merci pour l'avoir ravivé à travers ton avis.
je lis je blogue a dit…
@ Audrey. Je n'avais pas vu ton billet qui est bien plus complet que le mien. Je viens d'ajouter un lien vers ton blog
Eva a dit…
Un bon moment de lecture sans prise de tête - c’est ce que je me suis dit en lisant ton billet et tu confirmes toi-même à la fin. Le Royaume-Uni et le Danemark représentent un point positif de plus pour moi et je note quand même ce titre pour l’été ou pour la période des rhumes en automne :) Merci d’avoir participé à nos lectures épistolaires.
je lis je blogue a dit…
@ Eva. ça pourrait être un remède efficace contre les migraines ! A tester, donc ! ^_^

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