La légende de Santiago. Boris Quercia

La légende de Santiago. Boris Quercia


Le Santiago dont il est question dans le titre ne fait pas référence à la capitale du Chili. Il s’agit d’un homme, Santiago Quiñones, un flic qui traîne pas mal de vieux dossiers et continue d’en accumuler. Evidemment la confusion est voulue par l’auteur car la ville est un personnage à part entière dans cette histoire. 

Au début du roman, notre (anti) héros décide d’aider son beau-père moribond à mettre fin à une existence devenue encombrante pour ses proches. Contre toute attente, Santiago en conçoit une certaine culpabilité. A cela s’ajoute, le désamour de Marina qui s’apprête à le quitter, l’apparition d’un demi-frère un peu trop collant et la découverte fortuite d’un cadavre dans un resto chinois. Le désœuvrement de Quiñones l’incite à s’emparer de la drogue qui traîne sur la table, une sacré quantité qu’il va consommer son modération pendant tout le reste du roman. Parallèlement à tout ce bazar, Santiago Quiñones, qui reste un excellent limier, doit enquêter sur une série de crimes racistes. 

C’est ce que j’appelle un polar viril ! L’intrigue est sombre, les personnages violents et le héros couche avec toutes les belles pépés qui croisent sont chemin, y compris celles des autres. Forcément, il ne se fait pas que des amis, dans la vie privée comme au boulot. D’ailleurs les sbires du Chinois, persuadés que le flic a liquidé leur patron, le pourchassent sans fin depuis les quartiers populaires de Santiago jusqu’à la cité portuaire de Valparaiso où il se réfugie. 

La légende de Santiago clôt la trilogie policière très maîtrisée de Boris Quercia. Les deux premiers volets sont Les rues de Santiago (Asphalte, 2014) et Tant de chiens (Asphalte 2015). Je n’ai pas été surprise d’apprendre que l’écrivain chilien est également acteur, scénariste et producteur de cinéma tant son intrigue est visuelle. La playlist à la fin de l’ouvrage permet aux lecteurs de s’immerger aussi dans une ambiance musicale latino. Parmi les titres proposés, il y a Malagradecido de Mon Laferte,  Amores Incompletos de Los Tres ou Canción del Desvelado de Manuel García.

Boris Quercia, qui est décidément un artiste et un auteur très éclectique, a également publié deux romans de science-fiction intitulés Les Rêves qui nous restent (Asphalte, 2021) et Les derniers maillons (Asphalte, 2023).

💪Cette lecture s’inscrit dans le cadre du Printemps latino au Chili.

📌La légende de Santiago. Boris Quercia, traduit par Isabel Siklodi. Editions Asphalte, 256 pages (2018) / Le Livre de Poche, 264 pages (2020)

Printemps latino au Chili


Commentaires

  1. un polar viril... pas vraiment ma came !

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  2. J'ai rédigé hier mon brouillon sur Les rêves qui nous restent :) ... parution du billet courant avril ! Et j'irai donc fureter du côté de ses polars...

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    1. ah tiens, je ne connaissais pas ce titre de Quercia. Hâte de découvrir ton billet.

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  3. Mouais... Je sens que mon printemps chilien est mal parti, ceci étant

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    1. meuh non, il y a plein d'auteurs et d'autrices à découvrir ! Tu as regardé du côté des BD ?

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  4. C'est vrai que pour découvrir la littérature de certains pays, d'Amérique latine en particulier, les polars sont assez idéaux. Bon, les polars virils, ce n'est pas trop ma tasse de thé, mais ça donne des pistes.

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    1. Le héros est un peu too much pour moi aussi mais le roman est plutôt réussi

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  5. Hum, penses-tu que l'auteur joue sur la caricature du polar viril ? S'il ne joue pas sur les clichés mais les utilise naturellement, ça pourrait me gêner...

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    1. Non, c'est du roman noir. Je ne crois pas que la caricature soit l'intention de l'auteur. Mais le côté "tombeur" du héros est énervant.

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  6. J'apprécie toujours quand une ville est un personnage à part entière. En revanche, je ne suis pas très certaine d'adhérer au protagoniste...

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    1. Je n'ai pas lu les précédents volets de la série mais l'auto apitoiement du héros est énervant, ses côtés gros bras et séducteur aussi mais on s'y attache quand même.

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  7. Me voilà tenté par les polars de cet auteur éclectique.

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  8. Un polar chilien ça pourrait m'intéresser, mais ce que tu dis du personnage principal me freine un peu.

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    1. C'est mon ressenti mais l'intrigue est bien menée

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  9. Une trilogie totalement inconnue de mes deux médiathèques...par contre je ne sais pas si j'aimerai lire un polar trop viril :) A voir donc

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    1. Sépulveda aussi a écrit des polars. Tu les trouveras peut-être plus facilement

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  10. Anonyme1.4.25

    Je vois que je ne suis pas la seule à ne pas être attirée par les polars virils. Anne-yes

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    1. oui, je crois qu'il y a quasi unanimité contre ! ^_^

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