Le vampire de Ropraz. Jacques Chessex
En ce début d'année 1903, en pays Vaudois ressemble à un long hiver froid. Ropraz, village replié sur les hauteurs de Lausanne, ne compte que quelques centaines d'âmes. Ici, les mœurs sont le reflet de leur environnement: arriérées. Les hommes se calfeutrent, s'épient, se méfient... Et puis c'est le drame. Odieux. Inimaginable. Un malheur qui va déchirer cette communauté superstitieuse.
La fraîche Rosa, fille du juge de paix, est emportée par une méningite. Elle meurt à l’âge de 23 ans. Le 19 février, jour de l'enterrement, les villageois sont tous venus la pleurer. Un cortège s'étire tristement depuis les hameaux les plus reculés. Fin d'une vie, fin de l'histoire? Hélas, non.
Deux jours plus tard, François Rod et son fils, venus se recueillir sur la tombe de la jeune fille, sont témoins d'un spectacle sans nom. La sépulture de Rosa Gilliéron a été profanée. Le cadavre a été violé, ses membres arrachés, certaines parties du corps mastiquées et recrachées. Le cœur a disparu.
On crie au monstre nécrophage. C'est Dracula qui est venu hanter le Haut-Jorat. L'affaire s'ébruite comme une traînée de poudre et se répand hors des frontières, jusqu'à la lointaine Amérique où elle fait la Une des journaux à sensations. Pendant ce temps l'enquête piétine. Les actes de délation se multiplient mais le Vampire de Ropraz reste introuvable.
La psychose s'amplifie en avril, avec deux nouvelles découvertes macabres dans les cimetières de Carrouge et de Ferlens. Les corps de Nadine Jordan et Justine Beaupierre ont subi les même outrages que celui de Rosa. Cette fois, il faut trouver un coupable.
Jacques Chessex s'est inspiré d'un fait divers de son village. Il nous en restitue merveilleusement l'atmosphère grâce à de longues descriptions du paysage et de la mentalité de ses habitants au début du XXème siècle. Le malaise s'installe d'autant plus facilement qu'il nous transmet le détail des profanations avec une précision presque clinique. Une révélation inattendue met un point final au roman.
Ce billet est recyclé de mon ancien blog.
📌Le vampire de Ropraz. Jacques Chessex. Le Livre de Poche, 96 pages (2008)
Très bon souvenir de lecture malgré la noirceur du sujet. J'ai lu d'autres romans de Chessex dans la foulée.
RépondreSupprimerJ'ai bien envie de continuer aussi mais le temps passe et il y a tellement de tentations !
SupprimerBrrr, un vampire suisse... Je frissonne déjà 😬.
RépondreSupprimerOui, c'est glaçant mais vraiment bien écrit.
SupprimerJe pourrais le lire, le fond du roman m'intéresse, mais le côté gore me rebute.
RépondreSupprimerJe comprends, c'est particulier. Ceci étant dit, Jacques Chessex traite un sujet perturbant mais sans tomber dans le sensationnalisme
SupprimerInspiré d'un fait divers ? Brrr... Une bonne idée de lecture en tout cas pour Halloween. Je n'ai jamais lu cet auteur en plus.
RépondreSupprimerC'est l'occasion et la période s'y prête bien en effet
Supprimerl'ambiance a l'air bien campée!
RépondreSupprimerC'est oppressant à souhait !
SupprimerMouais, pas mon truc.
RépondreSupprimerC'est l'aspect fait divers ou l'ambiance glauque qui te déplait ?
SupprimerLe fait que ce soit inspiré d'une histoire vraie est glaçant ! Je note le roman qui pourrait me plaire.
RépondreSupprimerL'histoire est très ancrée dans son lieu d'origine
SupprimerAussi tentant que glaçant !
RépondreSupprimerChessex dresse un portrait sans concessions des villageois. C'est un microcosme avec ses notables, ses parias et ses dégénérés.
Supprimerparfait pour un premier novembre !!!
RépondreSupprimerJe trouve aussi. Evidemment, il y a une une touche de romanesque dans le traitement de ce fait divers morbide.
SupprimerÇa a l'air complètement horrifiant cette histoire. Anne-yes
RépondreSupprimerL'auteur joue avec nos peurs ancestrales. La construction du roman est intelligente et la fin surprenante. C'est tout le temps de cet écrivain
SupprimerLe titre me fait reculer, mais en te lisant, je suis plutôt tenté...
RépondreSupprimerJe pense que ça pourrait te plaire en effet
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