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Date with Mystery. Julia Chapman

Date with Mystery. Julia Chapman


Puisque les détectives du Yorkshire me sont devenus familiers, j’ai décidé de lire le 3ème volet de la série dans sa version originale. Et là, surprise ! Delilah Metcalfe et Samson O’Brien sont bien présents mais j’ai découvert que leur fidèle compagnon à quatre pattes ne s’appelle pas vraiment Calimero. Son nom anglais est Tolpuddle (en hommage aux six Martyrs de Tolpuddle dans le Dorset). Evidemment cela ne change pas grand-chose aux tumultueuses aventures de nos héros. 

Le mois de février est assez rigoureux dans les Yorkshire Dales mais rien n’arrête le duo d’enquêteurs dans sa soif d’élucider les mystères de la région. Mandatés par Matty Thistlethwaite, le notaire de Bruncliffe, Delilah et Samson doivent mettre la main sur le certificat de décès d’une jeune femme. Livvy Thornton a été désignée comme héritière conjointe de la ferme familiale avec son frère Jimmy alors même qu’elle est censée être morte dans un accident de voiture depuis deux décennies. Sa mère en était parfaitement consciente au moment où elle a rédigé son testament. Quel était donc son but ? Exhumer des secrets familiaux ? On sait que la jeune fille a quitté le domicile de ses parents pour s’installer à Leeds. Peu de temps après son décès, son père s’est suicidé. Pourquoi ? Entre-nous, le lecteur n’a pas de mal à démêler cette intrigue tant les indices sont clairs.

La prévenance de l’autrice vis-à-vis de ses lecteurs nuit malheureusement à ce troisième volet. Du coup, son humour et le plaisir de retrouver ses sympathiques personnages n’ont pas suffi à satisfaire mon appétit de lectrice. Je dois même avouer que l’exaspération est montée crescendo face à l’incapacité de nos détectives à voir l’évidence. Il faut croire que leur amourette platonique les rend aveugles. Je leur pardonne volontiers en espérant que l’intrigue policière du quatrième tome sera plus convaincante. 

💪Cette lecture s’inscrit dans le cadre du challenge Les séries de l’été chez Philippe.

📚D’autres avis que le mien chez Manou et Ju lit les mots

📌Date with Mystery. Julia Chapman. Pan Macmillan, 464 pages (2022)

Aujourd'hui, je participe au challenge "Séries de l'été"


Le Meurtre de Roger Ackroyd. Agatha Christie

Le Meurtre de Roger Ackroyd. Agatha Christie

💪Je poursuis mon défi personnel autour d’Agatha Christie et de son œuvre.  Je ne respecte pas toujours l’ordre des prescriptions des sites dédiés au challenge Read Christie 2026 en V.O. et en V.F. Pour le mois de juillet, leurs sélections étaient respectivement The Rose and the Yew Tree (L'if et la rose), publié sous le pseudonyme de Mary Westmacott, et The Moving Finger (La Plume Empoisonnée). The Murder of Roger Ackroyd (Le Meurtre de Roger Ackroyd) était proposé en juin sur les deux listes. Ce roman, paru en 1926, me permet de participer au challenge 2026 sera classique aussi, organisé par Nathalie.

Le docteur James Sheppard, notable de la commune fictive de King's Abbot, est le narrateur de cette nouvelle enquête d’Hercule Poirot. Le détective belge est son voisin. Il s’est installé incognito dans la villa des mélèzes où il compte passer une retraite paisible à cultiver des courgettes. Son acolyte habituel, le capitaine Arthur Hastings, quant à lui, s’est expatrié en Argentine. C’est la raison pour laquelle Poirot semble s’être entiché du docteur Sheppard qui l’accompagne dans ses investigations. Il lui confie même quelques missions individuelles. 

The Murder of Roger Ackroyd

C’est la jeune Flora Ackroyd, la nièce du défunt, qui a fait appel au détective pour résoudre le meurtre. Roger Ackroyd a été poignardé dans le dos alors qu’il se trouvait dans son bureau dans sa propriété de Fernly Park. Pour trouver le coupable, il faut d’abord déterminer l’heure de sa mort. Le docteur Sheppard, qui était invité à dîner, a quitté son ami à 20h50 et semble être le dernier a l’avoir vu vivant. Pourtant, certains témoins prétendent avoir entendu Roger Ackroyd s’entretenir avec quelqu’un aux alentours de 21h45. Parmi les hôtes du riche industriel se trouvait sa belle-sœur, le major Hector Blunt et bien-sûr la jeune Flora. Il faut ajouter à cette liste le personnel de maison de Roger Ackroyd, c’est à dire son secrétaire particulier, le majordome, la femme de chambre et la gouvernante. Une personne brillait par son absence ce soir-là. Il s’agit du fils adoptif de la victime, le séduisant mais prodigue Ralph Paton. Le jeune homme venait de se fiancer avec sa cousine Flora qui dépendait elle aussi de l’aide financière de son oncle. Par ailleurs, il se pourrait que l’assassinat de Roger Ackroy ait un lien avec le suicide de sa bonne amie, l’élégante veuve Ferrars. Celle-ci lui avait confié juste avant sa mort qu’elle était victime d’un odieux chantage. 

C’est la première fois, depuis que je lis les romans policiers d’Agatha Christie, que j’ai une bonne intuition concernant les suspects. Il faut dire qu’une remarque sur un blogue m’était restée en tête et m’a mise directement sur la bonne voie. Les lecteurs non avertis des stratagèmes de la romancière anglaise mettront peut-être plus de temps à élucider le meurtre. Fort heureusement, il me manquait les détails permettant de relier tous les évènements entre eux. J’ai donc pu savourer cette enquête comme il se doit, observer le fonctionnement des petites cellules grises de Poirot, m’amuser de son autosatisfaction et me réjouir de l’ironie corrosive de la Reine du crime. 

Mon défi Agatha Christie


📚D’autres avis que le mien chez Max et Amandine

📝Les romans d’Agatha Christie sur ce blog : Miss Marple au club du mardi, Un cadavre dans la bibliothèque, Mrs McGinty est morte, Associés contre le crime

📌Le Meurtre de Roger Ackroyd (Nouvelle traduction révisée de Françoise Jamoul). Agatha Christie. Le Livre de Poche, 320 pages (2021)

2026 sera classique aussi




Rendez-vous avec le mal. Julia Chapman

Rendez-vous avec le mal. Julia Chapman


Je profite des vacances pour reprendre les aventures des détectives du Yorkshire là où je les avais laissées, c’est-à-dire juste après le Rendez-vous avec le crime. Cette lecture date un peu mais les comptes-rendus enthousiastes que je vois régulièrement passer sur les blogs sont autant de piqures de rappel en faveur de la série. 

Rendez-vous avec le mal, le second épisode, nous ramène donc dans la bourgade de Bruncliffe où le duo Delilah Metcalfe / Samson O'Brien partage un bail commercial. Delilah s’occupe de l'Agence de Rencontre des Vallons et Samson de l'Agence de Recherches du même nom. La jeune femme a néanmoins la fâcheuse tendance à fourrer son nez dans les affaires de son co-locataire et celui-ci squatte en secret l’appartement du dessus.  Calimero, le Braque de Weimar de Delilah souffre du syndrome d’abandon. L’hyperattachement que le chien  a développé vis-à-vis de sa maîtresse provoque des crises de stress et d’anxiété intenses lorsqu’il est livré à lui-même. Cette particularité peut provoquer des retournements de situations inattendues au cours d’une enquête délicate. Il se pourrait même que cette fois-ci, paradoxalement, elle sauve la mise aux humains. 

Delilah et Samson mènent de front une double mission. Leurs premières investigations concernent l’enlèvement de Ralph, un bélier de concours. Son pedigree le désigne comme un reproducteur idéal. Le fermier a payé cet animal une fortune et sa perte risque de le conduire à la ruine. La seconde enquête est plus personnelle puisqu’elle pointe vers la maison de retraite de Fellside Court où vit Joseph O’brien, le père de Samson. Alice Shepherd, l’une des résidentes, est décédée peu de temps après sa visite à l’agence de détective(s). Samson, qui n’avait pas pris sa requête au sérieux, commence à culpabiliser. La vieille dame n’était peut-être pas sénile finalement.  D’ailleurs, plusieurs incidents inquiétants gâchent fortement les préparatifs de Noël des séniors. 

Date With Malice

📚Quel plaisir de retrouver la petite communauté de Bruncliffe et surtout nos deux irrésistibles héros! Je crois bien que la série des détectives du Yorkshire est le Cosy Crime préféré de la blogosphère (voir les avis de Anne, Belette, Bianca, Cath L, Eimelle, Emilie, Keisha, Manou…). Je partage cet engouement car l’autrice ne confond pas feel good et gnangnantitude. J’aime la bienveillance des personnages, l’énergie de Delilah et le caractère énigmatique de Samson. Leur bluette platonique apporte un brin de fraîcheur liée à leur maladresse respective. L’intrigue policière n’est pas reléguée au second plan comme c’est parfois le cas dans les séries de ce genre. La bonne nouvelle, c'est qu'il me reste encore 8 tomes à lire: 

  • 1. Date with Death (2017) / Rendez-vous avec le crime ✔
  • 2. Date with Malice (2017) / Rendez-vous avec le mal ✔
  • 3. Date with Mystery (2018) / Rendez-vous avec le mystère
  • 4. Date with Poison (2019) / Rendez-vous avec le poison
  • 5. Date with Danger (2020) / Rendez-vous avec le danger
  • 6. Date with Deceit (2021) / Rendez-vous avec la ruse
  • 7. Date with Betrayal (2022) / Rendez-vous avec la menace
  • 8. Date with Evil (2023) / Rendez-vous avec le diable
  • 9. Date with Justice (2024) / Rendez-vous avec la justice
  • 10. Date with Destiny (2025) / Rendez-vous avec le destin

💪Cette agréable lecture me permet de participer au challenge Séries et trilogies de l’été, organisé par Philippe. 

📌Rendez-vous avec le mal (Les Détectives du Yorkshire - Tome 2). Julia Chapman, traduite par Dominique Haas et Stéphanie Leigniel. Robert Laffont, 408 pages (2018)

challenge Séries et trilogies de l’été organisé par Philippe.


Mrs. McGinty's Dead. Agatha Christie

Mrs. McGinty's Dead. Agatha Christie


💪J’ai pris beaucoup de retard sur le challenge Read Christie 2026 dédié à la Reine du crime. J’ai prévu de lire un roman par mois en me focalisant davantage sur Miss Marple (voir The Thirteen problems et The Body in the Library). J’ai également découvert le couple d’enquêteurs formé par Tommy et Tuppence Beresford (Partners in Crime). Finalement, j’ai eu envie de revenir à mon premier amour : le prétentieux Hercule Poirot. J’ai abandonné l’idée de suivre ses enquêtes dans l’ordre, d’autant que j’en ai déjà lu un certain nombre lorsque j’étais adolescente. C’est donc la couverture bucolique de Mrs. McGinty's Dead (Mrs McGinty est morte en version française) qui m’a fait chavirer. 

Paru en 1952 en version originale, Mrs. McGinty's Dead est le 28ème roman de la série. Autant dire que nous avons affaire à un détective aguerri dont les petites cellule grises sont bien entrainées. Et pourtant, notre cher Poirot, aussi clairvoyant soit-il, va ramer un peu pour élucider le meurtre de la vieille dame. 

McGinty est morte (Nouvelle traduction révisée)

Le détective belge a été sollicité par son ami, le Superintendent Spence, retraité de la police de Kilchester. L’enquêteur pense avoir fait une erreur judiciaire en arrêtant le locataire de Mrs. McGinty, un certain James Bentley. Le jeune homme a été déclaré coupable lors de son procès et condamné à mort. Poirot dispose donc de peu de temps avant l’exécution de la sentence pour trouver le véritable coupable. Or, les indices ne parlent pas en faveur de Bentley. Le jeune homme venait de perdre son emploi chez Breather & Scuttle. Il avait des dettes et plusieurs loyers de retard. Il était de notoriété publique que Mrs. McGinty ne faisait pas confiance aux banques et gardait un bas de laine dans une cachette sous le plancher. Son argent a été retrouvé chez le suspect après son meurtre. 

Hercule Poirot a d’autant plus de mal à se concentrer qu’il loge dans une chambre d’hôte bruyante dans le village de Broadhinny. La propriétaire de la résidence Long Meadows, Maureen Summerhayes, n’est pas hôtelière de métier. Elle est rentrée récemment d’Inde avec son époux et a hérité de la maison. C’est une logeuse charmante mais extrêmement désorganisée et une exécrable cuisinière. Elle a néanmoins des raisons d’être débordée puisqu’elle a perdu sa femme de ménage, Mrs. McGinty. La victime était employée de maison chez plusieurs notables du village. Pour des raisons que je divulguerai pas, Poirot à l’intuition que le meurtrier est l’un de ses anciens patrons. 

Hercule Poirot est prétentieux mais quel plaisir de le retrouver ! Comme toujours, il va mener son enquête avec doigté et diligence. La solution est délicieusement alambiquée et les ressorts de l’intrigue sont toujours les mêmes… pour notre plus grand plaisir ! Comme d’habitude, cette affaire va se terminer par une réunion en huis clos où le détective va exposer tous les éléments qui l’ont conduit jusqu’au coupable. Parmi les protagonistes principaux, nous retrouvons sa chère amie, Ariadne Oliver, autrice de romans policiers à succès dont le héros est l’enquêteur norvégien Sven Hjerson. C’est l’occasion d’une amusante mise en abîme puisque son œuvre doit être adaptée au théâtre par le fameux dramaturge Robin Upward, l’un des suspects de Poirot. Dans la vraie vie, une série TV scénarisée par Patrik Gyllström s’inspire du personnage inventé par notre romancière fictive !  Les protagonistes principaux sont incarnés par Johan Rheborg, Hanna Alström et David Fukamachi Regnfors. Ariadne Oliver, quant à elle, apparait dans la nouvelle The Case of the Discontented Soldier (1934) aux côtés de son ami Parker Pyne mais elle mène sa première enquête avec Hercule Poirot dans Cards on the Table (1936). Elle se retrouve finalement seule investigatrice dans The Pale Horse (1961).

💪Bianca et Belette ont été aussi bluffées que moi par l’habilité d’Agatha Christie à nous mener en bateau. Par ailleurs, la Reine du crime me permet de participer une nouvelle fois au challenge 2026 sera classique, organisé par Nathalie. Le roman a fait l’objet d’une nouvelle traduction en Français en 2023. Il a été porté à l’écran en 2008 au Royaume-Uni (Episode 11 de la première saison de la série Agatha Christie's Poirot) et en 2015 en France (Épisode 10 de la deuxième saison des Petits Meurtres d'Agatha Christie). 

📌Mrs. McGinty's Dead (A Hercule Poirot Mystery). Agatha Christie. William Morrow, 272 pages (2025)

2026 sera classique aussi
Challenge de lecture


Remède de Cheval. M. C. Beaton

Remède de Cheval. M. C. Beaton


💪Cette période de vacances estivales me fait pencher vers des lectures légères, sans lien avec l’actualité littéraire. C’est l’occasion de reprendre mes sagas policières là où je les avais laissées et de participer au challenge des Séries de l'été organisé par Philippe. Les enquêtes d’Agatha Raisin sont l’option idéale. Le premier tome, Quiche fatale, s’était avéré être un cosy Mystery distrayant et sans ambition littéraire particulière. Je retrouve donc l’héroïne de cette série anglaise dans Remède de cheval.

Vicious Vet
Nous voici de retour dans les Cotswolds, lieu de résidence d’Agatha Raisin. Cette quinquagénaire, un brin déjantée, a revendu son agence de communication londonienne pour financer sa retraite anticipée dans le pittoresque village de Carsely. Après une adaptation nécessaire à la vie provinciale, Agatha semble avoir trouvé ses marques au sein de la petite communauté. Elle continue de fréquenter la Société des Dames de Carsely, de fourrer son nez partout et de se montrer un peu trop empressée auprès de son séduisant voisin, le colonel James Lacey. Celui-ci s’emploie à l’éviter au maximum, créant des situations délicieusement rocambolesques. Frustrée, Agatha décide de se consoler avec le nouveau vétérinaire. Or, l’arrivée du praticien n’est pas passée inaperçue dans le village et son charme a déjà fait des ravages parmi les habitantes. Pourtant, la salle d’attente de la clinique vétérinaire va rapidement désemplir. Les méthodes de Paul Bladen choquent les propriétaires d’animaux domestiques. Lorsque le vétérinaire décède suite à une piqure d’étorphine destinée à un cheval de Lord Pendlebury, un doute s’insinue. S’agit-il vraiment d’un accident ? L’instinct aiguisé d’Agatha l’incite à fouiner dans les affaires de Bladen pour exhumer de vilains secrets. Et cerise sur le gâteau, son voisin préféré (le susdit James Lacey) est tout aussi curieux qu’elle de découvrir la vérité. Ils vont former un duo mal assorti, parfois maladroit, mais redoutablement efficace en matière d’investigations criminelles. Le sergent Bill Wong tente sans succès de les dissuader de poursuivre car ils enquêtent au péril de leurs vies.

Je n’ai petit reproche à faire à ce second volet et encore, il arrive fortuitement. Je trouve que l’intrigue à quelques similitudes avec celle de Coiffeur pour dames, le huitième tome que j’ai découvert avant celui-ci au travers de la série télévisée. J’apprécie beaucoup l’humour de M. C. Beaton même s’il est parfois familier. Son style est direct et le lecteur entre tout de suite dans le vif du sujet. Contrairement à certains Cosy Mysteries, il y a une véritable enquête, avec des interrogatoires de témoins qui tournent souvent à la catastrophe… pour notre plus grand bonheur. L’intrigue est rythmée et pétillante. Les personnages sont assez excentriques pour créer des situations relativement improbables dans la vraie vie et distraire le lecteur.  Bref, c’est une lecture idéale pour se détendre au bord de la piscine.

📌Remède de Cheval (Agatha Raisin enquête, Tome 2). M. C. Beaton, traduite par Esther Ménévis. Le Livre de Poche, 240 pages (2025)

Challenge Série de l'été


L'enfant des vagues. Julia R. Kelly

L'enfant des vagues. Julia R. Kelly


« Une bourrasque s’abat sur les hauteurs qui dominent le village. Les vaches, dans les étables, se collent les unes aux autres ; les moutons se regroupent dans les champs. Elle s’engouffre entre les habitations et les commerces de Copse Cross Street, devant la fenêtre ouverte au-dessus de l’épicerie où Mrs Brown, qui ne dort pas encore, contemple la rue étroite et, au-delà, l’étendue sombre de l’océan éclairée par les étoiles. Elle sent à son odeur que le vent a tourné. Elle accroche ses volets, s’assied près du fourneau, prend son chien Rab sur ses genoux et attend. 

Au pied de la colline, dans la petite maison près des marches qui mènent à la plage de Skerry Sands, Dorothy allume une lampe et la pose sur le rebord de la fenêtre à l’étage – une lumière dans les ténèbres pour ramener au bercail ceux qui sont perdus sur la mer démontée. »

Ce premier roman de Julia R. Kelly nous conduit dans un village de pêcheurs, sur la côte écossaise. Nous sommes au tournant des 19ème et 20ème siècles. Dans cette communauté isolée, les relations humaines sont aussi rudes que le climat. Les ragots et les non-dits peuvent briser des destins. Le récit s’inscrit dans une double temporalité qui va permettre de dévoiler progressivement les secrets gardés de longue date.

The Fisherman's Gift
En 1878, Dorothy Gray s’installe à Skerry Sand où elle a obtenu le poste d’institutrice et une petite maison sur la plage. Elle fuit une mère autoritaire et une enfance austère. Elle a conscience qu’il est difficile de surmonter les blessures d’une éducation rigide mais ne parvient pas pour autant à s’intégrer dans la petite communauté de pêcheurs. Les autres femmes assimilent son manque d’assurance à de la froideur voire de la condescendance. Seul, Joseph, un pêcheur solitaire, semble déterminé à apprivoiser la jeune femme. Son caractère introverti l’émeut et le séduit. Bien vite, leur amitié amoureuse nourrit le cercle des commérages qui a élu domicile dans l’épicerie de Mrs Brown. La jeune Agnès, qui espérait attirer l’attention du séduisant pêcheur, va tout mettre en œuvre pour écarter sa rivale. Qui pourrait la blâmer d’espérer une vie meilleure que sa mère, victime de violences conjugales ? 

Les années passent avec leur lot de bonheurs et de malheurs mais l’année 1900 va marquer la communauté villageoise d’une manière inattendue. Après une tempête, un enfant est retrouvé miraculeusement vivant sur la plage. Cet évènement va exhumer les souvenirs douloureux et les vieilles rancœurs. 

J’ai beaucoup apprécié l’écriture sensible de Julia R. Kelly. Sa description des paysages balayés par le vent est très évocatrice. Les personnages émeuvent par leur complexité et leurs traumatismes. La malveillance n’est jamais profonde. Il n’y a que des individus malmenés par la rudesse du quotidien et qui tentent d’y survivre.

📚D'autres avis que le mien via Babelio et Bibliosurf

📌L'enfant des vagues. Julia R. Kelly, traduite par Claire Desserrey. JC Lattès, 408 pages (2026)


2 nouvelles musicales. Kazuo Ishiguro

2 nouvelles musicales. Kazuo Ishiguro


Les textes présentés dans cet opus sont d’abord parus dans un recueil intitulé Nocturnes : Cinq nouvelles de musique au crépuscule. Ces deux extraits sont liés par un personnage secondaire que je n’évoquerai que brièvement pour ne pas divulgâcher les intrigues. 

Janeck, le narrateur de la nouvelle intitulée Crooner, est un jeune guitariste slave. Il gagne sa vie en jouant dans des orchestres sur la place Saint-Marc à Venise. A cette occasion, il croise l’idole de sa mère défunte, un chanteur de jazz américain appelé Tony Gardner. Le crooner, c’est lui. A la grande époque du vinyle, il a vendu des disques jusque dans les pays de l’ancien bloc de l’est.  Il est en voyage avec son épouse Lindy à laquelle il veut offrir une sérénade nocturne à la manière de Roméo et Juliette. Embarqué dans sa gondole, Janeck a promis de lui donner le LA. 

Nocturnes : Cinq nouvelles de musique au crépuscule
On retrouve Lindy Gardner dans Nocturne (au singulier cette fois), la seconde nouvelle. Elle croise le narrateur, un musicien de jazz appelé Steve dans un hôtel de Beverly Hills. En dépit de son grand talent, le saxophoniste de 38 ans n’a pas réussi à percer dans le show business. Son agent et son épouse sont persuadés que son physique ingrat le dessert. S’il veut conquérir le public, il doit passer par la chirurgie esthétique. Notre musicien ne prend pas tout de suite la chose au sérieux… mais lorsque sa femme Helen le quitte pour un ancien amoureux richissime, il décide d’accepter de changer de visage. Les frais opératoires seront pris en charge par le nouveau compagnon d’Helen ce qui permettra de s’adresser au chirurgien des stars. C’est dans ces circonstances particulières, que notre héros va rencontrer Lindy Gardner.

Les deux nouvelles sont un régal d’humour et de cruauté! Kazuo Ishiguro connait bien la partition. J’ai lu dans le journal Le Temps qu’il a été brièvement parolier de jazz. Par ailleurs, il a déjà écrit un roman sur le thème de la musique. Je pense à L'Inconsolé, dont j’avais gardé le souvenir d’un texte mélancolique. Le ton de ces 2 nouvelles musicales est très différent même si l’auteur présente ses personnages alors qu’ils sont tous les trois (Tony, Lindy et Steve) au crépuscule de quelque chose. 

Les scènes rocambolesques permettent d’adoucirent le cynisme du propos. En effet, au cœur de ces textes, il y a une critique franche du monde musical, gangréné par les lois du marketing. La question étant de savoir quels sacrifices les héros sont prêts à faire pour décrocher le graal d’une aube nouvelle. Ce qui compte ici ce n’est pas la destination mais le trajet parcouru. 

💪J’ai lu ce recueil dans le cadre du challenge de lecture Sing Me a Song, orchestré par Sunalee. Pour en accompagner la lecture, je vous propose d’écouter la reprise de The Nearness of You par Norah Jones. Cette chanson de Hoagy Carmichael et Ned Washington a été écrite en 1937, enregistrée en 1940 et popularisée par l’orchestre de Glenn Miller avec la voix Ray Eberle (Label Bluebird). Elle a été reprise par de nombreux artistes dont Ella Fitzgerald et Louis Armstrong  en 1956. The Nearness of You est mentionnée par l’un des personnages de ce livre. 

📚Un autre avis que le mien chez Sacha

📌2 nouvelles musicales. Kazuo Ishiguro, traduit par Anne Rabinovitch. Folio, 144 pages (2023)




Challenge Sing Me a Song


The Body in the Library. Agatha Christie

The Body in the Library. Agatha Christie


Le titre du roman fait tout de suite penser au jeu du Cluedo, vous ne trouvez pas? La suite s’en éloigne assez vite puisque l'intrigue ne se déroule pas en huis clos. Il y a néanmoins de nombreux suspects comme toujours dans les polars d’Agatha Christie. La bibliothèque dont il est question est celle du colonel Bantry. Autant dire que son épouse Dolly n’est pas ravie de découvrir le cadavre d’une jeune blonde dans la pièce préférée de son mari! Les ragots peuvent ruiner la réputation d’un gentleman. Pour mettre fin rapidement à cette situation inconfortable, Dolly sollicite l’aide de son amie Jane Marple dont la perspicacité est connue bien au-delà du village de St. Mary Mead. Le superintendant Harper, le chef de la police criminelle de Danemouth, mène aussi son enquête. Il sera bientôt rejoint par un troisième investigateur. Il s'agit de Sir Henry Clithering, un ancien détective de Scotland Yard. L’identité de la jeune fille est assez vite découverte grâce à un signalement de disparition. La victime, Ruby Keene, était danseuse à l’hôtel Majestic. Reste à savoir comment elle est arrivée chez les Bantry qui ne la connaissaient pas.

The Body in the Library (Un cadavre dans la bibliothèque) est ma seconde incursion dans l’univers de Miss Marple, même si elle n'est pas seule à conduire les investigations. Cette petite mamie détient un super pouvoir : une lucidité non dénouée d’empathie en ce qui concerne les faiblesses d'autrui. Elle met cette compétence à profit pour élucider les énigmes les plus tortueuses. Sa technique imparable consiste à établir des rapprochements avec les histoires de son village; les habitants de St. Mary Mead apparaissant comme autant de profils types emblématiques de la société humaine. Si je la trouve plus sympathique que l’arrogant Hercule Poirot, je dois reconnaître que j’ai trouvé ses premières enquêtes moins palpitantes que celles menées par le détective belge. La technique est néanmoins la même, de nombreux protagonistes ayant tous des secrets bien gardés. La Reine du crime se débrouille pour que son lecteur soupçonne tour à tour chacun des personnages. Cette fois-ci j’ai néanmoins réussi à deviner une partie de la solution avant la fin du roman.

La liste de lecture d'Agatha Christie 2026

💪En début d’année, j’ai lu Miss Marple au Club du Mardi (The Thirteen problems) et Associés contre le crime (Partners in Crime). Je ne suis pas trop en retard sur mon programme puisque j’avais prévu de lire un moins un roman d’Agatha Christie par mois dans le cadre du Read Christie 2026. Ce challenge est organisé par les éditeurs de la Reine du crime, via son compte Instagram officiel, à l’occasion du 50ème anniversaire de sa mort (12 janvier 1976). J'ai eu envie d'y participer en dépit de l'aspect mercantile de l'opération. The Body in the Library était la suggestion de lecture du mois de janvier. Je me suis également procuré Mrs McGinty's Dead (Mrs McGinty est morte), la proposition de février. La version française du challenge suggère Les sept cadrans mais j’ai vu l’adaptation télévisée de la plateforme Netflix. On peut s’inscrire à la Newsletter du défi ici.

📌The Body in the Library. Agatha Christie. William Morrow, 224 pages (2022)


L' attaque du Calcutta-Darjeeling. Abir Mukherjee

L' attaque du Calcutta-Darjeeling. Abir Mukherjee


J’ai récemment décidé de reprendre mes séries policières et de lire les épisodes dans l’ordre. L’attaque du Calcutta-Darjeeling est la première enquête du capitaine Sam Wyndham, héros torturé et opiomane, récemment débarqué à Calcutta pour échapper à ses démons et servir la police du Raj britannique. 

Nous sommes le 9 avril 1919, soit quelques semaines après la promulgation du Rowlatt Act, la loi qui donne au gouvernement colonial le pouvoir d'emprisonner arbitrairement les agitateurs indépendantistes. Le lecteur contemporain, s’il connait un peu l’histoire de l’Inde, sait qu’il va entrainer le massacre d'Amritsar dans quelques jours. Mais avant que le brigadier général Dyer n’ordonne à ses troupes d’ouvrir le feu sur une foule pacifiste, une série d’évènements va éveiller l’intérêt des services secrets. 

A Rising Man
A Calcutta, le capitaine Sam Wyndham est appelé sur une scène de crime dans un quartier chaud de la ville. La victime, Alexander MacCauley, était un proche collaborateur du vice-gouverneur du Bengale. Le lendemain, le train postal n°43 en direction de Darjeeling est attaqué par des brigands. Le coffre était vide et les "dacoits" sont repartis bredouilles, laissant le cadavre d’un cheminot derrière eux. Le capitaine Wyndham, aidé de l’Inspecteur Digby et d’une nouvelle recrue issue de l’élite indienne, l’adjoint Surendranath Banerjee, ont rapidement la certitude que les deux affaires sont liées.  

Abir Mukherjee est, selon moi, l’un des rares auteurs de romans policiers historiques qui parviennent à trouver l’équilibre parfait entre contexte et intrigue. Chaque volet de sa série aborde un évènement emblématique du Raj Britannique durant la période cruciale du début du 20ème siècle. La chronologie commence en 1919 et se poursuit en 1920 (Les princes de Sambalpur), 1921 (Avec la permission de Gandhi), 1922 (Le Soleil rouge de l'Assam), 1923 (Avec Les Ombres de Bombay). The Burning Grounds, récemment paru en Anglais, porte le nombre de volumes à 6. 

J’ai trouvé assez malin de la part de cet auteur britannique d'origine indienne de se glisser dans la peau d’un narrateur au service de la police du Raj et de lui adjoindre un acolyte de la caste des brahmanes. Ses héros sont assez profonds et nuancés pour montrer quelques vérités dérangeantes sans être en décalage avec le mode de pensée de l’époque. L’esprit n’est pas revanchard mais factuel. Il y a bien sûr des personnages parfaitement imbuvables comme Digby le flic carriériste,  Dawson le militaire sans états d’âme ou Buchan l’arrogant millionnaire.

💪📚Je connaissais déjà un peu la série puisque j’avais déjà lu et apprécié le 3ème tome. Le billet que Nicole du blog Motspourmots.fr a dédié au 1er volet, dans le cadre du challenge de lecture Un hiver polar, a eu l’effet d’une piqure de rappel. J’ai eu l’intuition que je ne serai pas déçue par L'attaque du Calcutta-Darjeeling et que ce roman me permettrait de clôturer le challenge en beauté. 

📌L'attaque du Calcutta-Darjeeling. Abir Mukherjee, traduit par Fanchita Gonzalez-Batlle. Folio, 464 pages (2020)

Challenge de lecture Un hiver polar


The Man Who Died Twice. Richard Osman

The Man Who Died Twice vs Le jeudi suivant. Richard Osman


Je lis beaucoup de polars mais j’aime aussi les séries policières à l’écran. C’est ainsi que j’ai découvert Le Murder Club du jeudi. Je connaissais déjà Richard Osman de nom mais sans jamais avoir lu ses romans. L’adaptation de Chris Columbus avec Helen Mirren, Pierce Brosnan, Ben Kingsley et Celia Imrie dans les rôles principaux m’a convaincue de lire les livres. Si, comme moi, vous avez aimé la série TV Only Murders in the Building, le film tiré du Murder Club du jeudi devrait vous séduire. 

Puisque je connaissais l’intrigue du premier volet, j’ai choisi la seconde enquête, The Man Who Died Twice (Le jeudi suivant en version française). Nous y retrouvons le petit groupe de retraités en résidence à Coopers Chase dans le Kent. Il s’agit d’un domaine réservé aux séniors mais nos héros sont loin d’être grabataires. Elizabeth Best (ex espionne), Joyce Meadowcroft (ancienne infirmière), Ibrahim Arif (psychanalyste à la retraite) et Ron Ritchie (syndicaliste dans l’âme) se retrouvent chaque semaine dans la salle commune de la résidence pour s’adonner à leur passe-temps favori : élucider des cold cases. C’est un hobby peu ordinaire mais qui ne semble pas trop périlleux si on s’en tient à l’analyse de vieux documents. Malheureusement, notre groupe d’amis semble attirer les ennuis. Cette propension leur a permis de faire connaissance avec la police de Fairhaven (dans l’épisode précédent) et d’attirer la sympathie de l’agente Donna De Freitas ainsi que de son supérieur hiérarchique, Chris Hudson. 

The Thursday Murder Club, le Film
Dans ce second volet, Elizabeth est rattrapée par son passé tumultueux. Son ex-mari, qui a également fait carrière au sein des services secrets britanniques, se débrouille pour lui transmettre une missive énigmatique sous une fausse identité. La septuagénaire comprend qu’il a besoin de son aide et se rend au rendez-vous proposé. Pendant ce temps, son ami Ibrahim est victime d’une violente agression en centre-ville. La suite de l’histoire implique de nombreux protagonistes dont les membres du MI5 et du MI6, une dealeuse locale, des mafieux et une petite frappe en cavale. 

L’humour de Richard Osman est l’un des gros points fort de ce cosy mystery. Elle donne du peps à la narration mais l’intrigue ne manque pas de rythme non plus. Joyce nous livre une partie du récit au travers de son journal intime ce qui renforce l’impression d’intimité partagée avec les personnages. On s’y attache d’autant plus facilement qu’ils sont un peu excentriques chacun à leur façon. Il ne faut pas attendre beaucoup plus de ce roman distrayant mais c’est déjà pas si mal.   

  1. The Thursday Murder Club (2020) / Le Murder Club du jeudi

  2. The Man Who Died Twice (2021) / Le Jeudi suivant

  3. The Bullet That Missed (2022) / Le Mystère de la balle perdue

  4. The Last Devil To Die (2023) / Une mort bien fâcheuse

  5. The Impossible Fortune (2025)

💪J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge Un hiver polar. Il me permet de cocher la case « retraité » du bingo meurtrier. 

📌The Thursday Murder Club 2: The Man Who Died Twice. Richard Osman. Penguin, 448 pages (2022)


aujourd'hui je coche la case "Retraité(s)"


Étude en rouge. Arthur Conan Doyle

Etude en rouge vs A Study in Scarlet Athur Conan Doyle


J’ai pris conscience grâce au challenge de lecture Un hiver polar que j’avais quelques lacunes en ce qui concerne la littérature de mauvais genres et ses classiques. Je n’avais jamais lu une seule enquête de Sherlock Holmes ! J’ai donc décidé de tout (re)prendre depuis le début. Etude en rouge est la genèse des aventures impliquant le fameux détective londonien. Sherlock Holmes et son fidèle acolyte se rencontrent au début de ce premier volume.

Affiche pour le film A Study in Scarlet
Le docteur John Watson a été blessé pendant la seconde guerre Anglo afghane (1878-1880). La pension qu’il reçoit pour la durée de sa convalescence est un peu chiche si bien qu’il doit faire des économies. Un ami lui présente Sherlock Holmes qui cherche un colocataire pour l’appartement du 221B Baker Street. Les excentricités de Sherlock étonnent un peu Watson mais ce n’est pas rédhibitoire, au contraire ! Le médecin est intrigué par les expériences de son nouveau compagnon. La science de la déduction et de l’analyse n’en est qu’à ses premiers balbutiements et il faut un certain temps au bon docteur pour comprendre la nature exacte des activités de Sherlock. L’oisiveté aidant, John Watson accepte de suivre Sherlock Holmes dans ses investigations. Celles-ci conduiront nos deux protagonistes sur une scène de crime dans Brixton Road. 

Lestrade et Gregson, les enquêteurs de Scotland Yard, sont sur les dents. Un homme, dont l’identité est inconnu a été laissé pour mort dans une maison abandonnée. Aucun élément ne permet de détecter la cause du décès mais des indices prouvent qu’il s’agit bien d’un assassinat. La difficulté de l’affaire les incitent à faire appel au détective consultant pour en démêler les fils. 

Je ne veux pas vous en dire trop mais sachez que nos deux héros vont devoir aller chercher la clé de l’énigme dans le passé de la victime. Elle conduit le lecteur bien loin de la grisaille londonienne, de l’autre côté de l’Atlantique, dans les déserts arides de l’Utah et à Salt Lake City, capitale des pionniers mormons. Pour être honnête, je ne m’attendais pas à autant de dépaysement ! Je craignais également que le style de l’auteur ne soit un peu désuet et me donne du fil à retordre mais cela n’a pas été le cas. L’écriture Arthur Conan Doyle est très fluide et je n’ai pas boudé mon plaisir. Je sais pas encore si cette première incursion dans l’univers holmésien me conduira un jour jusqu’à l’adhésion à la SSHF (Société Sherlock Holmes de France) mais on ne sait jamais ! 

Il existe de très nombreuses adaptations à l’écran des aventures de Sherlock Holmes. La toute première version inspirée d’Une étude en rouge est un film muet de 1914, A Study in Scarlet, produit par G. B. Samuelson avec James Bragington dans le rôle du célèbre détective. 

💪Lecture dans la cadre des challenges Un hiver polar, les Gravillons de l'hiver et 2026 sera classique.

📌Étude en rouge. Arthur Conan Doyle, traduit par Pierre Baillargeon. Le Livre de Poche, 188 pages (1995)

Aujourd'hui je participa à 3 challenges de lecture

Associés contre le crime. Agatha Christie

Associés contre le crime. Agatha Christie


Associés contre le crime est un recueil de nouvelles dont les héros récurrents sont Tommy et Tuppence Beresford, un couple de détectives amateurs. La version originale de 1929 compte 15 nouvelles. En France, elles sont parues en deux volumes : Associés contre le crime et Le crime est notre affaire. Il semble que les tourtereaux se soient rencontrés quelques années plus tôt, dans un autre roman d’Agatha Christie, The Secret Adversary (Mr Brown) mais c’est une autre histoire.

Le texte d’ouverture, intitulé Une fée dans l'appartement, raconte pourquoi et comment les Beresford ont fondé leur agence de détectives sous le pseudonyme de Theodore Blunt. Ils décrochent leur première affaire grâce à Une tasse de thé, titre de la seconde nouvelle. Il s’agit de retrouver une jeune femme disparue, Janet Smith (en réalité amie et complice de Tuppence). Après ce coup de pub réussi, "Les fins limiers de Blunt" vont pouvoir décrocher des missions plus sérieuses. L’affaire de la perle rose, va révéler cette fois, la clairvoyance et l’ingéniosité de Tommy. Il faut dire que nos deux héros se complètent parfaitement, tant au niveau des caractères que des compétences. Les enquêtes s’enchainent donc et notre couple de détectives se trouve parfois dans des situations bien périlleuses : cambriolage, séquestration, enlèvement... Or, malgré tous ces efforts et énigmes résolues en un tour de main, l’agence ne fait que vivoter et la question de sa pérennité est évoquée à plusieurs reprises dans le texte.

Partners in Crime
Si le lecteur est impressionné par la clairvoyance et l’intrépidité des Beresford, il faut reconnaître que les nouvelles sont trop courtes pour développer de longues investigations. Il s’agit plutôt d’une série de petites énigmes à la manière de G. K. Chesterton. L’autre jour, je vous disais justement que le personnage du Père Brown avait inspiré Agatha Christie. Et bien, il se trouve qu’elle lui fait un petit clin d’œil dans la dernière nouvelle de ce recueil, celle intitulée L’homme dans la brume :

« - On ne peut pas dire que cette histoire ait porté la marque du Père Brown, remarqua-t-il d’un air lugubre. Et pourtant, j’ai tout à fait le genre de parapluie qui convient. 

- C’est l’affaire elle-même qui ne correspondait pas. Pour le Père Brown, il faut une atmosphère bien particulière dès le début. Tandis qu’on est plongé dans nos activités habituelles, des choses commencent à se produire. C’est ça, en gros. »

L’humour anglais, c’est imparable ! Et surtout, les britanniques n’hésitent pas à en user dans les situations les plus inconfortable ou les plus périlleuses. Les Beresford en tout cas semblent avoir séduits assez de lecteurs (dont je fais partie) pour que la Reine du crime leur consacre encore 3 romans (en plus de The Secret Adversary en 1922), soit N or M? (N ou M ?) en 1941, By the Pricking of My Thumbs (Mon petit doigt m'a dit) en 1968 et Postern of Fate (Le Cheval à bascule) en 1973. Par ailleurs, les aventures de Tommy et Tuppence Beresford ont fait l’objet de plusieurs adaptations sur le petit ou le grand écran. On pense notamment à la trilogie de Pascal Thomas avec Catherine Frot et André Dussollier dans les rôles principaux. Il existe aussi une mini-série britannique qui a été diffusée sur BBC One en 2015, à l’occasion du 125e anniversaire de la naissance d’Agatha Christie. Une autre série en 6 épisodes serait actuellement en tournage à Londres pour la plateforme BritBox, avec Antonia Thomas (Tuppence) et Josh Dylan (Tommy).

💪Cet opus me permet de participer à trois challenges de lecture : Les Gravillons de l'hiver, chez La Petite Liste, 2026 sera classique chez Nathalie et Un hiver polar sur ce blog.

📌Associés contre le crime. Agatha Christie, nouvelle traduction de Janine Alexandre. Le Livre de Poche, 125 pages (2025)

Je participe à 3 challenges de lecture
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Les trois instruments de la mort. G. K. Chesterton

Les trois instruments de la mort. G. K. Chesterton


«Si vous rencontrez un membre du club des "Douze Vrais Pêcheurs", entrant à l’Hôtel Vernon pour assister au dîner annuel de cette assemblée select, vous remarquerez, lorsqu’il enlèvera son pardessus, qu’il porte un habit vert. À supposer que vous ayez la stupéfiante audace d’adresser la parole à ce demi-dieu, et que vous lui demandiez pourquoi il a adopté cette couleur, il vous répondra probablement que c’est afin de ne pas être pris pour un garçon de café. Vous vous retirerez confus. Mais vous laisserez derrière vous un mystère digne d’être éclairci et une histoire digne d’être contée.»

La littérature policière classique a engendré des héros plus ou moins connus. Certains hantent encore les œuvres contemporaines comme Sherlock Holmes qui s’y invite régulièrement. De la même façon, Hercule Poirot et Miss Marple nous sont-ils devenus familiers. Mais connaissez-vous le Père Brown ? Ce prêtre détective est le personnage principal de plusieurs recueils de nouvelles de Gilbert Keith Chesterton (1874-1936). Sa sagacité est légendaire.

The Innocence of Father Brown
Le présent opus reprend trois nouvelles publiées pour la première fois dans un recueil intitulé La Clairvoyance du père Brown (The Innocence of Father Brown). Cet ouvrage rassemblait 12 textes au total, parmi lesquels The Queer Feet (Les Pas étranges), The Hammer of God (Le Marteau de Dieu) et The Three Tools of Death (Les Trois Instruments de la mort). Ils sont d’abord parus indépendamment dans des magazines mensuels anglais et américains. Le premier recueil de nouvelles est paru en 1911 chez Cassell & Co. 

Le personnage de G. K. Chesterton serait inspiré de la vie du père John O'Connor (1870-1952), un curé paroissial de Bradford dans le Yorkshire. Il lui a inspiré 51 nouvelles et deux textes d'encadrement, réunis en 5 compilations (ainsi que 3 nouvelles isolées). La sélection du présent opus est une sorte de mise en bouche. S’il nous permet de faire la connaissance du Père Brown et d’admirer sa finesse d’esprit, nous n’apprendrons pas grand-chose de plus sur le bonhomme. Ma propre petite enquête m’a permis de découvrir qu’il officiait dans une paroisse du comté de l'Essex. J’ai appris par ailleurs que notre ecclésiastique a influencé les écrivains de son temps (John Dickson Carr, Agatha Christie et Ellery Queen), qu’il fait une apparition dans Retour à Brideshead d’Evelyn Waugh, qu’il a inspiré le Frère Cadfael d'Ellis Peters et fait l’objet de plusieurs adaptations à l’écran. Dans la série diffusée sur la BBC One entre 2013 et 2020, les intrigues sont transposées dans les années 50 et se déroulent dans le village fictif de Kembleford dans les Cotswolds.

Les trois nouvelles sélectionnées par les éditions de L’Aube sont relativement courtes, soit une trentaine de pages en moyenne. Il s’agit davantage d’énigmes à résoudre que de véritables investigations policières. Il n’y a pas forcément de meurtre (dans Les Pas étranges, il s’agit d’un vol) et les enquêtes sont bouclées sur-place, dans la foulée. En théorie, le lecteur détient tous les indices pour résoudre lui-même le mystère mais je dois dire qu’il faut être sacrément ingénieux pour deviner les dénouements. 

Cet opus est une bonne manière d’entrer dans l’œuvre de G. K. Chesterton mais elle m’a laissée un peu sur ma faim. Je pense qu’il m’aurait fallu plus de matière pour me familiariser avec le héros récurrent et m’imprégner vraiment de l’atmosphère. Je recommande donc de se tourner vers une anthologie plus fournie que celle-ci car le Père Brown a beaucoup à nous apprendre sur la manière de mener une enquête. Si vous voulez vous faire une idée plus claire du Père Brown, je vous invite à consulter les blogs de Pativore et d’Antoine. Il existe également deux sites Internet entièrement dédiés à G. K. Chesterton : Les Amis de Chesterton et The Society of Gilbert Keith Chesterton.

💪Cet opus me permet de participer à trois challenges de lecture : 2026 sera classique chez Nathalie, Les Gravillons de l’hiver chez Sybilline et Un hiver polar sur ce blog. 

📌Les trois instruments de la mort et autres enquêtes du Père Brown. Gilbert Keith Chesterton, traduit par Emile Cammaerts. Editions de l’Aube, 94 pages (2025)

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Miss Marple au club du mardi. Agatha Christie

Miss Marple au club du mardi. Agatha Christie


J’ai commencé à lire Agatha Christie quand j’étais adolescente. Dans la bibliothèque de mes parents, il y avait une anthologie dont je me suis régalée tout un été. Je ne me suis jamais lassée de la Reine du crime depuis cette première découverte et j’aime (re)lire quelque uns de ses ouvrages de temps en temps. Les fameuses "petites cellules grises" du détective belge Hercule Poirot me sont plus familières que les aiguilles à tricoter de la perspicace Jane Marple. Aussi, j’ai décidé de combler mes lacunes en m’intéressant enfin à cette charmante petite mamie qui démêle si bien les fils des mystères les plus complexes. 

Miss Marple au club du mardi reprend en partie les nouvelles publiées dans The Thirteen problems en 1932. La version originale n’a été traduite en Français qu’en 1966 et divisée en deux volumes : Miss Marple au Club du Mardi (Le Sanctuaire d'Astarté, Les Lingots d'or, Le Seuil ensanglanté,… ) et Le Club du Mardi continue

Thirteen problems Agatha Christie
Miss Marple est conviée à une petite réunion amicale au cours de laquelle quelqu’un suggère de raconter à tour de rôle des histoires criminelles complexes. Le but du jeu étant de trouver la solution du mystère. Il y a parmi les participants, le propre neveu de Miss Marple, Raymond West et surtout l'ex superintendant de Scotland Yard, Sir Henry Clithering. Cette première séance du Club du mardi va révéler les extraordinaires qualités de déductions de Jane Marple. Elle coiffe systématiquement les autres participants au poteau. En effet, bien que cette tranquille petite bonne femme n’ait presque jamais quitté la bourgade de St. Mary Mead, elle en sait beaucoup sur la nature humaine. 

Si j’ai apprécié ces brèves nouvelles à suspense, je dois reconnaître que je préfère les intrigues plus longues. Le personnage de Jane Marple est plus sympathique que le prétentieux Hercule Poirot et on s’attache très vite à son esprit bienveillant et facétieux. 

📝[petite note hors sujet] Depuis le 16 janvier dernier, Netflix diffuse Les Sept cadrans d'Agatha Christie, un série en 3 épisodes qui revisite le roman éponyme et met en scène un autre détective amateur. Il s’agit de l'intrépide Lady Eileen Bundle Brent. La jeune aristocrate interfère dans l'enquête menée par le Superintendant Battle de Scotland Yard (le policier reste néanmoins un personnage secondaire). C'est une adaptation très réussie que j'ai eu plaisir à découvrir. Ce mois-ci, on peut également voir en replay La reine du crime présente sur France TV. Cette série s'inspire d'Agatha Christie et la met parfois en scène. Il ne s'agit pas d'adaptations de ses romans. Dans Meurtre à l’ambassade et Invitation à un meurtre, c'est Miranda Green qui mène les enquêtes "à la manière de". [/petite note hors sujet]

💪Ce court recueil de nouvelles policières me permet de participer à trois challenges:  Un hiver polar sur ce blog, Gravillons de l’hiver chez La Petite Liste et 2026 sera classique chez Nathalie. 

📌Miss Marple au club du mardi. Agatha Christie, traduite par Sylvie Durastanti. Le Livre de Poche, 187 pages (1992) / Nouvelle traduction en 2023.

Je participe à trois super challenges ! 180126
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