Tokyo Mystery Café, T.01 et T.02. Atelier Sentô

Tokyo Mystery Café, T.01 et T.02. Atelier Sentô


Lors de ma dernière expédition à la bibliothèque municipale, je suis tombée sur les deux tomes de la BD Tokyo Mystery Café que je convoitais depuis un moment. Je connaissais déjà le style japonisant de l’atelier Sento, talentueux duo de bédéistes, grâce au diptyque de La fête des ombres.

Chaque volet de Tokyo Mystery Café peut être lu comme un one shot puisqu’il s’agit de deux enquêtes séparées : La disparue d'Akiba (tome 1) et Les ombres de Jimbocho (tome 2). Ceux qui connaissent un peu le Japon auront compris que les auteurs nous font visiter deux quartiers emblématiques de la capitale Nippone. 

Tokyo Mystery Café, T.01 P16-17


Le Mystery café est un lieu atypique. Son « Patron », est à la fois restaurateur et détective privé. Nahel, un jeune aspirant mangaka tout juste débarqué au Japon, a atterri chez lui par hasard après une course-poursuite échevelée. Monsieur Mirai, le propriétaire de la Guest House où Nahel vient d’aménager a été sauvagement agressé dans son magasin d’électronique au rez-de-chaussée de l’immeuble. Il est situé à Akiba, le fameux quartier d’Akihabara, l’une des plus grandes « Electric Towns » du monde. Depuis les années 90, c’est le quartier des geeks. Nahel fait la connaissance du Patron et de son acolyte Soba, une collégienne surdouée en informatique. Les détectives ont été embauchés par la petite fille de Monsieur Mirai. Elle veut savoir qui a agressé son grand-père mais aussi où est passé sa sœur Mio. Nahel, qui s’est joint aux investigateurs, ne va pas tarder à faire une découverte surprenante.

Le second tome de Tokyo Mystery Café invite ses lecteurs à la découverte de Jimbocho, le quartier des bouquinistes et des éditeurs, mais leur permet aussi d’entrer dans l’univers du manga. Nahel a enfin décroché un emploi dans un atelier de Magakas mais il va rapidement déchanter. Il est confiné dans un petit bureau où il doit se contenter d’encrer les tours des cases. De plus, l’ambiance est plutôt tendue chez l’éditeur. En effet, un pirate a saboté le dernier numéro du Weekly Moon, le magazine phare des éditions Kamigawa. Certaines pages ont été modifiées. Un personnage inconnu apparait sur les planches tandis que les héros récurrents les plus populaires ont été virtuellement assassinés dans les dernières pages du magazine. Si les lecteurs se détournent de l’hebdomadaire, les retombées financières seront catastrophiques pour l’éditeur. Il faut absolument découvrir qui est le faussaire. Au cours de l’enquête, Nahel va faire une étonnante découverte concernant son énigmatique patron. 

Tokyo Mystery Café, T.02- P6-7

Les enquêtes sont intelligemment construites. J’aime beaucoup l’idée de coupler les questions contemporaines (robotique, IA, crise éditoriale, conditions de travail des mangakas, etc) et la découverte culturelle du Japon aux énigmes policières. La BD s’adresse à un large public à partir de 12 ans et les personnages permettent aux lecteurs de tous âges de s’identifier facilement. A la fin des albums, il y a des "Dossiers secrets", des livrets présentés sous forme de reportages pédagogiques avec des cartes, des photos etc.

Les enquêtes proprement dites sont rondement menées et il y a de l’action dans chaque album avec des enlèvements, des courses poursuites, etc. Il y a aussi une aura de mystère autour des personnages principaux. On en sait un peu plus sur le Patron à la fin du second tome mais Soba (dont ce n’est pas le vrai nom) n’a pas livré tous ses secrets. On peut imaginer qu’elle le fera dans un 3ème volet. J’espère en tout cas que la série n’est pas terminée.  

Tokyo Mystery Café, T.02 - P74-75


💪Tokyo Mystery Café. Atelier Sentô. Editions Dupuis, 2 volumes

Tome 1 - La disparue d'Akiba, 80 pages (2024)

Tome 2 - Les ombres de Jimbocho, 80 pages (2025)


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