L’île mystérieuse est certainement la Robinsonnade la plus connue de Jules Verne. Treizième volet des Voyages extraordinaires, ce roman d’aventure nous conduit quelques part au large de la Nouvelle-Zélande, au cœur du Pacifique sud. Nous sommes en mars 1865, à la fin de la guerre de Sécession.
Un groupe de soldats et sympathisants nordistes, prisonnier des troupes confédérées à Richmond, décide de fuir le siège militaire à bord d’un aérostat. Malheureusement pour nos courageux évadés, le ballon est pris dans un terrible ouragan. Au bout de 4 jours de dérive incontrôlée, l’engin s’échoue sur les côtes d’une île inconnue. L'ingénieur Cyrus Smith et son chien Top ont été emportés par les flots, loin de leurs compagnons d’infortune. Les 4 autres rescapés partent immédiatement à leur recherche. Il y a parmi eux Nab, le fidèle serviteur de Cyrus, le journaliste Gédéon Spilett, le marin Pencroff, et un adolescent nommé Harbert. Leur survie dépend beaucoup des compétences de l’ingénieur. Heureusement, celui-ci a échappé miraculeusement à la noyade. D’ailleurs, la petite équipe va bientôt s’apercevoir qu’elle bénéficie d’une chance providentielle… à moins qu’il ne s’agisse d’autre chose ? Mais, pour l’heure, il s’agit d’organiser la survie de la petite colonie.
Le roman fait plus de 800 pages mais on ne s’y ennuie jamais grâce à la plume enlevée de Jules Verne. Le récit est divisé en 3 parties qui correspondent aux premières publications de l’œuvre dans la revue littéraire Magasin d’éducation et de récréation : Les naufragés de l’air (1874), L’Abandonné (1875) et Le secret de l’île (1875). Jules Verne s’attarde un bon moment sur l’installation des colons, la manière dont il s’approprie l’île au fil de leurs explorations et comment ils utilisent ses ressources naturelles. On est bluffé par l’abnégation, le courage et les compétences des personnages. Tous semblent de nature sociable et la vie de la communauté s’en trouve grandement facilitée. Comme souvent dans l’œuvre de Jules Verne, le récit foisonne de connaissances. Le contexte implique qu’elles se concentrent sur la géographie, la géologie, la botanique, la zoologie mais aussi la physique et la chimie. Tous ces éléments, (les qualités des personnages et les aspects pédagogique du roman) sont sans doute emblématique de la littérature de jeunesse du 19ème siècle. Pour autant, le lecteur contemporain ne se sent pas étranger au récit. Bien au contraire, il est totalement embarqué par la narration !
Par ailleurs (et je n’en dirai pas trop à ce sujet pour ne pas divulgâcher l’intrigue), Jules Verne nous régale de plusieurs surprises dont un petit clin d’œil aux Enfants du capitaine Grant et un lien avec un autre de ses romans précédents parmi les plus célèbres. Les facéties de l’auteur reflètent sans doute son plaisir à écrire et à partager ses découvertes scientifiques et culturelles avec le lecteur. J’ai lu très peu de roman de Jules Verne mais je peux au moins dire que j’ai préféré L’île mystérieuse au Château des Carpathes, à Vingt Mille Lieues sous les mers et à Voyage au centre de la terre.
💪Grâce à L’île mystérieuse, je peux m’enorgueillir d’avoir relevé une série de défis littéraires : Le challenge Jules Verne, Les pavés de l’été, Les épais de l’été et le Book Trip en mer.
📌L'Ile mystérieuse. Jules Verne. Le Livre de Poche, 826 pages (2002)













