How I Came to Know Fish. Ota Pavel

How I Came to Know Fish. Ota Pavel


La "feuille de route" des activités littéraires automnales me conduit aujourd’hui chez Sacha pour une Rentrée à l’Est. Pour l’occasion, je partage une lecture commune avec Ingannmic. Il s'agit d'un classique de la littérature tchèque :  Jak jsem potkal ryby (How I Came to Know Fish ou Comment j'ai rencontré les poissons) d’Ota Pavel (1930-1973)

J’ai déniché cet ouvrage dans le rayon anglais d’une librairie de Brno lors d’un séjour en République Tchèque. Il m’a permis d’améliorer considérablement mon vocabulaire autour du champ lexical de la pêche ! Il faut dire que cette activité, qui plonge le lecteur dans l’intimité naturelle de la Bohême, s’est avérée à la fois constructive (au sens identitaire) et vitale pour l’auteur. Les parties de pêche sont omniprésentes dans les souvenirs d’enfance d’Ota Pavel. Elles lui ont permis de créer du lien avec son père et ses deux frères aînés. Ses fruits l’ont sauvé de la famine durant la seconde guerre mondiale. A la fin de sa vie, l’évocation des souvenirs de pêches ont adouci les séjours de l’auteur en établissements psychiatriques. C’est durant cette dernière période qu’Ota Pavel a commencé à écrire ses récits autobiographiques. 

Il ne faut pas se fier à la brièveté de l’opus ni à la tonalité souvent légère de la narration. Il est en réalité riche d’enseignements sur l’auteur et sur l’histoire de l’ex Tchécoslovaquie. Sans avoir l’air d’y toucher, Ota Pavel évoque de nombreuses épreuves dont le martyr du village de Lidice durant l’occupation allemande ainsi que la déportation de son père et de ses deux frères aînés dans les camps de concentration nazis. 

Avant la guerre, la vie des Popper (la famille d’Otto/ Ota, d’origine juive du côté paternel, a changé de nom en 1939 pour le "tchéquiser") était plutôt confortable. Leo, le père, était un beau parleur. Employé par la firme suédoise Elektrolux (j’ai gardé l’orthographe utilisée dans la version anglaise de ce livre), il était tellement convaincant qu’il était capable de vendre des appareils  électro-ménagers à des fermiers dans les habitations n’étaient pas raccordées au réseau électrique. Son faible pour la belle Irma, la femme du directeur, a néanmoins failli causer la faillite de la famille. Leo avait heureusement une autre passion : la pêche. Il possédait même un étang à carpes dans la région de Buštěhrad où il se rendait le plus souvent possible en compagnie de "l’oncle" Karel Prosek (Karel est sans doute le prénom le plus courant en Tchéquie si je me fie à mes observations) et de ses jeunes fils. L’auteur évoque aussi la rivière Berounka, près de Křivoklát, une bourgade située à une petite heure de route de Prague en voiture (la Tchéquie est un petit pays et il me semble que rien n’est vraiment très éloigné de Prague au nord ou de Brno au sud, la seconde ville du pays). Holan, le chien d’oncle Prosek (un berger alsacien) joue aussi un rôle dans l’histoire mais je ne vous en dirai pas plus. Une chose est certaine : les Popper n’auraient pas survécu sans la pêche. Et des poissons, il y en avaient beaucoup dans le pays natal d’ Ota Pavel ! Carpes, anguilles, barbeaux, gardons, vairons… voilà autant de mots à chercher dans le dictionnaire Anglais/Français !  

Des extraits de ce recueil ont été publiés une première fois au début des années 70. Les textes les plus connus, dont Carp for the Wehrmacht ou The Death of Beautiful Deer (d’abord intitulé How I Came to Know Fish), ont été adaptés à l’écran par Karel Smyczek (1975) et Karel Kachyňa (1986). Il faut ajouter à cette filmographie, l’adaptation de Golden Eels réalisée par Karel Kachyňa en 1979. 

La chronologie de ces souvenirs d’enfance n’est pas linéaire car la présente édition est une compilation de nouvelles. Je pense qu’elle reprend en partie la sélection proposée par l’éditeur praguois d’Ota Pavel, sous la direction de Slávka Kopecký, au début des années 2000. Par ailleurs, les nouvelles d’Ota Pavel ont été soumises à la censure des comités éditoriaux du régime communiste et il faudrait se référer aux versions originales. En ce qui concerne la traduction française, parue aux éditions Do, elle est le résultat du travail de Barbora Faure. Elle s’exprime à ce propos dans un article du Matricule des Anges en mars 2017.

Ota Pavel a d’abord été journaliste sportif. En 1964, lors des IXe Jeux olympiques d’hiver à Innsbruck en Autriche, il fait une crise psychotique qui le conduit à une première hospitalisation pour des troubles bipolaires. Il y en aura 16 jusqu’à sa mort. L’écrivain est décédé d’une insuffisance cardiaque au sanatorium de Bohnice en mars 1973.

📚D’autres avis que le mien chez ClaudiaLucia, PatriceLuocine, Athalie et Ingannmic

📌How I Came to Know Fish. Ota Pavel, traduit par Jindriska Badal & Robert McDowell . Penguin classics, 144 pages (2010-2026) 

Je fais ma Rentrée à l'Est chez Sacha


Amiante. Sébastien Dulude

Amiante. Sébastien Dulude


Ce récit initiatique se déroule à Thetford Mines, ancienne cité minière du Québec. Amiante est le nom d’un village qui a été annexé par la ville en 1929. Il rappelle aussi l’activité industrielle qui a fait la fortune des lieux entre 1876 et le début des années 2000. Steve Dubois, le narrateur, y a grandi. Son père, un homme brutal et peu communiquant, est « mineur camionneur ». Il travaille souvent de nuit ce qui arrange bien les affaires de son fils puisque cela lui permet de l’éviter. L’année de ses 9 ans, durant l’été 1986, le jeune Steve vit les meilleurs moments de son enfance. Avec Charlélie, son meilleur ami, ils font du « bicycle », construisent une cabane refuge, lisent les albums de Tintin, fabriquent un  « cahier de catastrophes » en scrapbooking et mangent des « gommes à la cerise ». Bref, c’est le temps de l’amitié et des émois partagés… jusqu’au premier grand drame de la vie du narrateur. 

La seconde partie du récit, nous conduit 5 ans plus tard, alors que la société minière est déjà en crise et des licenciements se profilent à l’horizon.  L’année 1991 est aussi celle d’une nouvelle tragédie. Un Steve adolescent s’attache à convertir sa colère en rébellion émancipatrice. 

J’ai acheté ce livre dans une librairie indépendante de la capitale québécoise lors de mon séjour touristique au Canada. C’est dans ce contexte que j’ai lu ce court roman. J’avais donc bien en tête les paysages du Québec et ses maisons en bois si charmantes du point de vue d’une européenne comme moi. Il y a souvent un vélo d’enfant qui traîne devant les portes d’entrée ou dans les jardins rarement clôturés. On imagine volontiers des escapades enfantines dans la nature proche. En revanche, c’est plutôt dans la couronne industrieuse autour de Montréal, à environ 3h00 de route, que j’ai pu imaginer la vie laborieuse des adultes dans une cité telle que Thetford Mines. 

J’ai beaucoup aimé ce roman plein de nostalgie. Steve est un héros sensible. La violence du père est évoquée avec pudeur, sans insistance. La mère est un peu évanescente. Elle est dépressive donc apathique. Le frère aîné bienveillant, Daniel, apparait surtout dans la seconde partie du roman car il a quitté le domicile familial. 

Amiante est un roman tout en contrastes. Tantôt réconfortant, tantôt sombre. La chronologie n’est pas linéaire mais il y a des repères datés. Les nombreux flashbacks ne gênent donc pas la lecture. 

💪Cette lecture s’inscrit dans le cadre du challenge Sous les pavés, les pages, organisé par Ingannmic et Athalie 

📚D’autres avis que le mien chez Ingannmic, Athalie et Cath L.

📌Amiante. Sébastien Dulude. J’ai Lu, 220 pages (2026) 

Aujourd'hui je participe à la 5ème saison du challenge "Sous les pavés, les pages"


Les Demoiselles de Fontaine. Cătălin Mihuleac

Les Demoiselles de Fontaine. Cătălin Mihuleac


💪Dans le cadre des Escapades européennes, le challenge de lecture organisé par Cléanthe et de sa thématique mensuelle des Balkans, j’ai choisi ce roman de Cătălin Mihuleac. L’intrigue des Demoiselles de Fontaine est centrée sur l’histoire de l’amitié Franco Roumaine depuis la première guerre mondiale jusqu’à la fin du 20ème siècle. Elle est incarnée par deux personnages principaux. 

Le premier personnage à entrer en scène est Marcel fontaine. Il s’agit d’un militaire français envoyé en Roumanie dans le cadre de la mission dirigée par le général Berthelot à partir de 1916. Le capitaine Fontaine est chargé de réorganiser une armée roumaine nouvellement alliée. Or, elle est bien piteux état. L’officier va remplumer ses soldats grâce à un coq appelé Maurice et aux œufs de ses poules. Mais le meilleur fait d’arme de Fontaine se joue à la bataille de Mărășești où il a su trouver les mots pour nourrir l’étincelle de courage sommeillant au fond de l’âme de ses hommes. Pourtant, si on en croit l’auteur, il s’en est fallu d’une saucisse pour que la victoire leur échappe :

« Lorsqu’ils sentirent l’odeur unique de hareng, les Allemands pilonnèrent les positions avec des obus tactiques bourrés de l’explosifs le plus destructeur du front : des appels exhortant à la désertion.

« Soldats roumains, attendez-vous d’être massacrés ? Rendez-vous à l’armée roumaine triomphante, vous serez traités avec tous les égards que vos chefs vous refusent ! Vous n’en avez pas assez des harengs saurs ? Ici, vous aurez des saucisses et de la bière à volonté ! »

S’il est vrai que la chance peut se manifester partout, y compris dans l’analphabétisme, celle de l’armée roumaine fut donc que la majorité des soldats ne savait pas lire. »

Le second héros de ce roman, Petru Negru, est l’ordonnance de Fontaine pendant la première guerre mondiale. Il parle français et se montre doué pour la contrebande ainsi que pour la collecte de contes folkloriques roumains. Il semblerait que ce personnage s’inspire de Petru Caraman (1898-1980), un universitaire polyglotte spécialiste de la culture populaire et des traditions orales de son pays (voir le compte-rendu de lecture de Tandarica sur le site de Babelio).  Après la guerre, le Petru du roman obtient la direction de la bibliothèque universitaire des langues slaves à Iași.  C’est ainsi qu’il découvre l’œuvre du savant russe Lev Berg dont un ouvrage consacré à la démographie de la Bessarabie. Ce livre inspire à Petru un article pamphlétaire qui sera censuré avant même sa parution. La Direction générale de la sécurité du peuple lui reproche également la sauvetage des livres russes collectés dans les territoires libérés par l’armée roumaine durant la seconde guerre mondiale. 

Pendant ce temps, son ami Fontaine œuvre pour la diffusion de la culture française en Roumanie. Ici, il faut mentionner le troisième personnage du roman, que l’on désignera sous le terme collectif de "lot français". Il s’agit d’un groupe de jeunes filles du lycée français de Bucarest accusées de trahison par le régime communiste à la fin des années 40. Ces demoiselles sont à l’origine du titre de ce roman. 

📚Le récit de Cătălin Mihuleac oscille entre tragique et comique. Le style très imagé me l’a rendu parfois un peu nébuleux mais il serait dommage de s’arrêter à cette remarque car il y a des passages extrêmement croustillants. NicoleGhilaine et Anne-yes en parlent sans doute mieux que moi.

📌Les Demoiselles de Fontaine. Cătălin Mihuleac, traduit par Marily Le Nir. Editions Noir sur Blanc, 312 pages (2025)

Aujourd'hui, je participe aux Escapades européennes

Tuer le vieux. Daria Marx

Tuer le vieux. Daria Marx

 

« Je ne sais pas pourquoi les hommes tuent, je ne sais pas pourquoi les hommes violent. Je suis abrutie par leur violence, elle est au centre de ma construction, je les hais, elle m’habite complètement. Je veux les rejoindre pourtant. Réclamer mon droit à la violence. J’ai trop pris, rien ne me répare, il faut me rendre un peu. Je suis une enfant violée qui ne sait pas comment grandir sans se venger ». 

Cet extrait résume assez bien l’esprit de ce court roman, un long cri de colère, expiré d’une traite et qu’on espère libérateur (mais on en doute). Sur Instagram, les lecteurs parlent de "roman coup de poing". L’expression me semble juste.

Il n’y a ni faux-semblants, ni bien-pensance dans ce roman inspiré de la vie de l’autrice. Le langage est direct, cru. Il n’est pas question de pardon ou de résilience. La narratrice n’aspire qu’à une vengeance jugée salvatrice. Son grand-père paternel l’a maltraitée, violée à de nombreuses reprises lorsqu’il en avait la garde pendant les vacances. Elle raconte l’indicible et ça gêne ses interlocuteurs. Il faut prévenir, lui dit-on, avant de parler de ces choses là. Est-ce qu’on prévient les victimes avant de les violenter ? 

La narratrice a tenté d’oublier puis de se reconstruire. Elle s’est confiée à ses proches, a consulté des thérapeutes. Pas de réponses. A l’adolescence, elle s’est abîmée dans un dégoût de soi. Deux ou trois décennies plus tard, elle trouve enfin le courage de porter plainte. Le commissariat l’appelle. L’audience est reportée. C’est trop ! Elle se fera justice elle-même. La quadragénaire prend le train, la rage au ventre. Le lecteur suis son trajet halluciné vers Biarritz, la ville théâtre de son martyr. La jeune femme passera-t-elle à l’acte ? L’intérêt du propos est ailleurs.

Je pense qu’il n’y a pas grand-chose à ajouter. La voix de l’autrice se suffit à elle-même. Elle exprime tout ce qu’une victime peut ressentir : la peur, l’anesthésie, le déni, la souffrance, la dépression… la colère apparait dès lors comme un moindre mal, une béquille de survie. Il ne sera jamais question de pardon. Comment même l’envisager ? Le choix de la vengeance est-il légitime ? Son désir est compréhensible, sans aucun doute. 

Sur le thème de l’inceste mais dans un genre sans doute très différent, on pense inévitablement au livre de Neige Sinno, Triste tigre, publié à l’occasion d’une autre rentrée littéraire. Je ne l’ai pas lu, aussi je ne me risquerai pas à comparer les deux ouvrages. En revanche, je ne peux me réjouir que la parole des victimes se libère un peu. 

📌Tuer le vieux. Daria Marx. Flammarion, 160 pages (2026)


Chérine. Thaïs Dia

Chérine. Thaïs Dia


Ce roman nous invite à suivre le parcours difficile de Chérine, depuis le lycée jusqu’à son entrée dans la vie active et son mariage. Ses parents sont d’origine algérienne. Ils vivent dans un quartier populaire de la banlieue lyonnaise. La jeune femme rêve d’une vie meilleure mais elle n’est pas aussi douée en cours que sa copine Farah. Contrairement à elle, Chérine n’ira pas à l’université. Un conseiller d’orientation lui suggère de s’inscrire en BEP de secrétariat. Chérine n’est pas emballée mais c’est une jeune fille sérieuse qui veut faire plaisir à ses parents. Alors, elle repousse son rêve de devenir styliste et s’évade grâce aux films bollywoodiens. Sa rencontre avec Mathieu va bousculer un peu son petit monde. Mais, une fois de plus, elle se heurte aux espoirs de ses parents et aux diktats de la tradition.

J’ai commencé ce roman un peu sur la réserve à cause des thèmes évoqués et de la passivité de la jeune Chérine. Et puis, j’ai compris à quel point il lui était si difficile de se rebêler. Ses parents ne sont pas maltraitants. Au contraire, ils sont aimants et fiers de leur fille si jolie et si docile. Ahmed, le père est âgée et fragile. Ses valeurs reflètent celles d’une autre génération. Samira, la mère, a presque 30 ans de moins que son époux.  Elle est née en Algérie et a grandi dans un milieu conservateur ou le rôle de la femme est de veiller sur son foyer. Elle s’en accommode. Farah, la meilleure copine est un peu plus téméraire mais elle reproche à sa mère de ne pas être assez algérienne. Elle cherche donc surtout à renouer avec ses origines. 

Je suis d’autant plus bluffée par la maîtrise de l’autrice que Chérine est son premier roman.  Les évènements qui se succèdent et l’univers créé par Thaïs Dia sont complètement crédibles. Je me suis même demandée s’il n’y avait pas une petite part autobiographique dans cette histoire ou empruntée à des proches. Son héroïne n’est pas parfaite mais elle est attachante. Les parents font ce qu’ils peuvent pour protéger leur fille mais ils sont maladroits. 

Il n’y a ni angélisme ni misérabilisme mais, au contraire, beaucoup de justesse et de sincérité dans ce roman. Thaïs Dia offre sa voix aux femmes issues de l’immigration. Certaines souffrent en silence. Il leur faut bien du courage pour trouver leur place dans ce microcosme qui est le leur. L’autrice leur murmure à l’oreille de s’accrocher à leurs rêves, de croire en l’avenir. 

📌Chérine. Thaïs Dia. Editions viviane Hamy, 384 pages (2026)


L'Architecte romaine. Melania G. Mazzucco

L'Architecte romaine. Melania G. Mazzucco


Le 20 août dernier, j’écoutais Titiou Lecoq sur France Inter expliquer que les femmes avaient été moins empêchées (de réussir) que rendues invisibles, effacées de l’histoire. Pour moi, la différence reste subtile. Il a quand même fallu attendre les mouvements féministes du 19ème siècles en Europe pour voir le statut des femmes évoluer un peu et leur éducation se démocratiser. J’ai quelques exemples en tête. En France, leur accès à l’Université se concrétise en 1885. En revanche, l’entrée à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris (fondée en 1817) leur reste fermée jusqu’en 1897. Chez nos voisins, notamment en Italie, la situation n’est pas meilleure.

L’héroïne de Melania G. Mazzucco, Plautilla Bricci (1616-1705) est considérée comme la première femme architecte, mais elle est née trop tôt.  A la fin du 17ème siècle, le catalogue de l'Académie San Luca établi par Giuseppe Ghezzi (où l’artiste romaine figure) montre que la liste des hommes compte 10 pages tandis que celle des femmes ne représente même pas une page complète du registre. Alors que le statut des artistes s’améliore durant la Renaissance grâce à la création des académies, les femmes sont écartées des ateliers. Il faut qu’un membre masculin de leur famille y soit rattaché pour qu’elles puissent recevoir quelques enseignements. Plautilla Bricci a d’abord bénéficié de celui de son père, Giovanni Briccio (1579-1645), peintre, auteur de théâtre et musicien. 

Le roman de Melania G. Mazzucco est divisé en 4 grandes parties chronologiques. Le récit se présente comme une autobiographie fictive de Plautilla Bricci et s’attarde (trop) longuement sur son enfance et sa jeunesse à Rome. Ses pages ne sont pas inintéressantes car elles décrivent bien la vie au 17ème siècle et surtout le quotidien des femmes italiennes à cette époque. Les jeunes filles non mariées étaient surveillées de très près et presque empêchées de sortir du foyer. Or, il n’était pas facile de constituer une dot et certaines ne convolaient jamais en juste noces, condamnées à vivre chez leurs parents jusqu’à leur mort. La vie était rude dans les quartiers populaires où l’artiste a grandi. Il fallait changer de logement régulièrement parce que son père ne pouvait plus payer le loyer. Le taux de mortalité infantile était élevé et Plautilla a vu plusieurs frères et sœurs mourir en bas-âge. Parce que son père pensait ne jamais pouvoir trouver un prétendant honorable pour sa fille cadette, et parce qu’il était en mauvaise santé, il a choisi de lui transmettre son art. Plautilla s’est avérée être une élève talentueuse.

En dépit de l’intérêt que je portais au contexte historique, les deux premières parties du roman m’ont semblée bien longues. Je me suis demandée à plusieurs reprises à quel moment on allait enfin entrer dans le vif du sujet, à savoir l’entrée de Plautilla dans la vie artistique et ses débuts en architecture. J’ai dû faire plusieurs pauses dans ma lecture et alterner avec d’autres romans plus faciles. Par ailleurs, je me méfie des auteurs qui se substituent à des personnes réelles, prenant la parole à leur place et imaginant leurs pensées les plus intimes. Je comprends bien que le but est de redonner vie au sujet mais, au final, j’aurais préféré un essai biographique. 

💪Cette lecture me permet de participer au challenge Les pavés de l’été sur le blog de La petite liste et au challenge Sous les pavés, les pages (avec un peu d'avance).

📌L'Architecte romaine. Melania G. Mazzucco, traduite par Vincent Raynaud. Calmann-Levy, 528 pages (2026)

Aujourd'hui je participe à deux challenges

Carnet de bord #8 : Août 2026

Carnet de bord #8 : Août 2026


La rentrée littéraire s’annonce encore riche en parutions, en évènements et en activités communes.


Challenges & lectures communes

Au cours de ce trimestre, je participerai à plusieurs challenges en essayant de piocher au maximum dans ma PAL (pile à lire):

📗Du 15 au 30 septembre 2026 : Nous sommes conviés à Une rentrée tchèque et slovaque en compagnie de Sacha. C’est la 3ème édition du challenge. Je ne sais pas encore si je participerais aux lectures communes autour d’Alena Mornštajnová et de Karel Čapek mais j’ai prévu de lire How I Came to Know Fish de Ota Pavel (Comment j'ai rencontré les poissons en VF), un roman que j’ai acheté l’en dernier dans une librairie internationale de Brno en République Tchèque. Si j’ai le temps de lire aussi un auteur slovaque, il faudra que je fasse un raid à la bibliothèque municipale. On y trouve entre autres des titres de Viliam Klimacek. 

📗Du 15 septembre au 15 novembre 2026 : L’activité Sous les pavés, les pages est coorganisée par Athalie et Ingannmic. La thématique reste la même (la ville) mais, pour cette 5ème saison, elles nous ont concocté un amusant petit jeu littéraire de pastiches et devinettes. Pour ma part, j’ai préparer une liste de lectures potentielles :

  • Les cités-jardins, une utopie habitée (BD)
  • Le syndrome de Kyoto de Nicolas de Crécy (Roman)
  • Jours de révolte de Gigi Leung Lee-chi (Roman)
  • L'ivresse de la violence de Gábor Zoltán (Roman)
  • Ma vie de livreur à Pékin de Hu Anyan (Autobiographie)

📗Du 1er au 30 novembre : nous retrouverons Les feuilles allemandes chez Eve et Patrice. Je n'ai pas encore eu le temps de constituer ma PAL pour cette activité mais j'ai au moins un roman allemand dans ma bibliothèque. Il s'agit de Mortelle croisière de David Safier (Polar).


Challenges de la rentrée septembre 2026


💪Je poursuis également les challenges débutés au printemps dernier et en été: 

  • Les pavés de l’été jusqu’au 22 septembre 2026. J’ai gardé un pavé au chaud dans ma bibliothèque pour le challenge de Sibylline. Il s’agit d’Une terre fertile de Charmaine Wilkerson
  • Les épais de l’été jusqu’au 22 septembre 2026. J’ai aussi un livre plus épais que le pavé mentionné ci-dessus. Je les garde pour le challenge de Tadloiduciné, squatteur chez Dasola. J’avais déjà prévu de lire Le Vieux Jardin de Hwang Sok-yong lors des deux saisons précédentes. J’espère que cette édition sera la bonne.
  • Sing Me a Song jusqu’au 1er décembre 2026 chez Sunalee.  Pour ce challenge, je compte encore lire Suite inoubliable d’Akira Mizubayashi.
  • Le book trip en mer jusque fin décembre 2026 chez Fanja. Je ne suis pas sûre d’avoir le temps de tous les lire mais j’ai encore pas mal de livres dans ma PAL qui correspondent à la thématique dont : La fille des vagues de Erin Hortle (Roman), Un été sans fin de Joseph d’Anvers (Roman), Prendre le large de Martin Dumont (Roman), France, retour au quai de l'Oubli de Vincent Malfere (Roman) et Un an autour de l'océan Indien d’Antoine Calvino (Récit de voyage).
  • Les Escapades européennes jusqu’en mai 2027. En septembre, Cléanthe propose de séjourner virtuellement dans les Balkans. J’ai deux pistes principales pour le suivre dans cette aventure. Je peux partir en direction de la Roumanie (Les Demoiselles de Fontaine de Cătălin Mihuleac) ou vers la Bulgarie (Mères de Théodora Dimova).

Livres noir et blanc sur table en bois marron @chuttersnap


Salons & festivals

Entre deux lectures, quelques sorties festives et culturelles pourraient vous intéresser. Ma liste n’est pas exhaustive. 


Une rangée de livres posée sur le côté d’un bâtiment@Annie Spratt


Actualité éditoriale

L’actualité éditoriale sera chargée, on s’en doute. Je ne vais pas répertorier ici toutes les parutions annoncées mais on peut mentionner quelques habitués :

  • Amélie Nothomb avec L’adolescence du perroquet
  • Philippe Jaenada, avec L’inconnue du quai de Javel
  • Serge Joncour avec Une histoire d’amours

Du côté des auteurs étrangers, il y en a de très attendus parmi lesquels :

  • Elizabeth Strout avec Racontez-moi tout
  • Jeanette Winterson avec Aladdin et moi
  • Colum McCann avec Ce qui nous frôle sous la surface
  • Laura Kasischke avec Baignade interdite
  • Arturo Pérez-Reverte avec Ligne de feu
  • Ananda Devi avec Chronique d’un royaume perdu (…)

Le magazine professionnel Livres Hebdo annonce déjà 461 romans attendus entre mi-août et fin octobre! Jostein en a répertorié une bonne partie sur son blog. On peut consulter le calendrier des sorties sur la site de Babelio et s’informer des principales thématiques abordées sur Bibliosurf, ActuaLitté et En attendant Nadeau


Je vous souhaite une bonne rentrée littéraire 2026 !


Il suffira d’un cygne. Robert Thorogood

Il suffira d’un cygne.  Robert Thorogood


J’ai retrouvé avec grand plaisir les Dames de Marlow, une série de Cosy Mystery mettant en scène trois habitantes de la petite ville de Marlow sur le bord de la Tamise. Il s’agit d’un second tome après Mort compte triple. 

Judith, la doyenne du groupe, est contactée par Sir Peter Bailey. Il souhaite qu’elle assiste à la réception qui doit avoir lieu ce jour même, veille de son mariage avec son ex-infirmière. Beck, la femme du vicaire est également parmi les convives. Sir Bailey a dévoilé à mi-mots qu’il s’inquiétait d’une tentative d’assassinat à son encontre . Aussi, Judith vient accompagnée de Suzie, troisième membre de notre groupe de détectives amatrices. Il s’avère que leur hôte avait raison de craindre pour sa vie. Le jour de la fête, l’aristocrate est retrouvé mort, écrasé par l’armoire massive de son bureau. La pièce était fermée à clé de l'intérieur. La dite clé était dans la poche de Sir Bailey et il n'en existe pas de double. L'accident semble plausible. Tanika Malik, la policière qui s’est accoquinée avec nos trois drôles de dames, va devoir convaincre son supérieur hiérarchique de ne pas classer l’affaire. 

Cette histoire de chambre close m’a rappelé un roman policier historique que j’ai lu récemment, Le rêve du luth de jade de Paul Hurand (mais la comparaison s'arrête là) et j’étais très curieuse de découvrir comment Robert Thorogood résoudrait à son tour le problème de la pièce fermée d’une clé unique. Je n’ai pas été déçue par son ingéniosité même si elle ne laisse pratiquement aucune chance au lecteur de découvrir le stratagème. En revanche, le coupable se devine de manière intuitive lorsqu’on est amateur de romans policiers. 

Le fait est que j’ai été totalement emportée par cette intrigue. J’ai hâte de retrouver tout ce petit monde dans le prochain volet. Judith, la cruciverbiste, est incroyablement énergique et il est bien difficile de lui résister. Suzie est désarmante de maladresse et Beck arrive toujours à nous surprendre. J’ai également beaucoup d’admiration pour Tanika Malik, qui doit jongler entre une vie personnelle compliquée et un univers professionnel peu enclin à faire de la place aux femmes. 

💪Je crois que cette série vient de passer dans mon groupe de Cosy Crimes favoris. Il me donne aussi l'occasion de participer au challenge de Philippe consacré aux séries de l'été

📌Les Dames de Marlow enquêtent - Vol. 2 : Il suffira d’un cygne.  Robert Thorogood, traduit par Sophie Brissaud. Editions de La Martinière, 400 pages (2022) / Editions Points, 432 pages (2024)

Aujourd'hui je participe au challenge Trilogies et séries de l'été


Mourir en scène. Christos Markogiannakis

Mourir en scène. Christos Markogiannakis

Je commence à m’attacher au capitaine Christophoros Markou, ce flic grec amateur de littérature policière et d’opéra (avec un faible pour la Callas). J’ai lu ses enquêtes dans le désordre mais ce n’est vraiment pas grave puisque les différents volets ne sont pas parus dans le même ordre en France et dans le pays natal de l’auteur. 

Mourir en scène nous fait entrer dans l’univers cruel du show-business. Nous sommes en juillet et les investigations de Markou vont nous conduire sur la "Riviera athénienne" à une petite demi-heure de route de la capitale. La star incontestée de la pop grecque, Neni Vanda, possède une villa à Voula, sur la côte de l’Attique. Pour son concert d’adieu, elle a choisi la fameuse plage de Vouliagméni. Malheureusement pour la Diva, la fin du spectacle va s’avérer digne d’une tragédie grecque. La chanteuse était pourtant sous la protection de Markou. Les proches de la chanteuse (dont son ancien soupirant, le ministre de la culture) lui avaient demandé d’enquêter suite à une série d’incidents bizarres. Neni Vanda était harcelée par un fan, un amant éconduit, un membre de sa famille écarté de son cercle intime, ou un artiste jaloux de sa longévité sur scène. Serait-il (ou elle) passé à l’acte ? 

Θάνατος επί σκηνής

Le roman est divisé en deux parties : avant et après l’attentat. Bien qu’elle soit tarabiscotée, comme il se doit dans un polar, l’intrigue est plausible. Elle pourrait s’inspirer d’une véritable affaire criminelle. C’est peut-être pour cette raison que j’en ai deviné l’essentiel aux alentours de la page 125. Je me demande si l’auteur n’a pas été trop prévenant avec son lecteur en lui fournissant des indices de manière anticipée. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier les mécanismes de l’intrigue. Les personnages ont assez de profondeur et de contradictions pour être crédibles. La diva, dont la carrière bat de l’aile, est bien que difficile à vivre. Pourtant, son désarroi suscite la sympathie du lecteur. 

Il me reste encore deux tomes à lire après Mourir en scène : Qui a tué Lucy Davis ? et Auteur de crimes. En effet, Christos Markogiannakis vient de publier un 5ème volume intitulé Les Yeux sur moi. Le premier tome publié en France est Au 5e étage de la faculté de droit

💪Cette lecture me permet de participer à deux challenges de lecture dont Les trilogies et séries de l’été organisé par Philippe. Pour le challenge Sing Me a Song chez Sunalee, j’ai choisi un extrait de concert en live de Despina Vandi, une chanteuse grecque  qui me fait penser à l’héroïne de Mourir en scène.

📌Mourir en scène. Christos Markogiannakis, traduit par Loïc Marcou et Hélène Zervas. Albin Michel, 288 pages (2020)


Date with Mystery. Julia Chapman

Date with Mystery. Julia Chapman


Puisque les détectives du Yorkshire me sont devenus familiers, j’ai décidé de lire le 3ème volet de la série dans sa version originale. Et là, surprise ! Delilah Metcalfe et Samson O’Brien sont bien présents mais j’ai découvert que leur fidèle compagnon à quatre pattes ne s’appelle pas vraiment Calimero. Son nom anglais est Tolpuddle (en hommage aux six Martyrs de Tolpuddle dans le Dorset). Evidemment cela ne change pas grand-chose aux tumultueuses aventures de nos héros. 

Le mois de février est assez rigoureux dans les Yorkshire Dales mais rien n’arrête le duo d’enquêteurs dans sa soif d’élucider les mystères de la région. Mandatés par Matty Thistlethwaite, le notaire de Bruncliffe, Delilah et Samson doivent mettre la main sur le certificat de décès d’une jeune femme. Livvy Thornton a été désignée comme héritière conjointe de la ferme familiale avec son frère Jimmy alors même qu’elle est censée être morte dans un accident de voiture depuis deux décennies. Sa mère en était parfaitement consciente au moment où elle a rédigé son testament. Quel était donc son but ? Exhumer des secrets familiaux ? On sait que la jeune fille a quitté le domicile de ses parents pour s’installer à Leeds. Peu de temps après son décès, son père s’est suicidé. Pourquoi ? Entre-nous, le lecteur n’a pas de mal à démêler cette intrigue tant les indices sont clairs.

La prévenance de l’autrice vis-à-vis de ses lecteurs nuit malheureusement à ce troisième volet. Du coup, son humour et le plaisir de retrouver ses sympathiques personnages n’ont pas suffi à satisfaire mon appétit de lectrice. Je dois même avouer que l’exaspération est montée crescendo face à l’incapacité de nos détectives à voir l’évidence. Il faut croire que leur amourette platonique les rend aveugles. Je leur pardonne volontiers en espérant que l’intrigue policière du quatrième tome sera plus convaincante. 

💪Cette lecture s’inscrit dans le cadre du challenge Les séries de l’été chez Philippe.

📚D’autres avis que le mien chez Manou et Ju lit les mots

📌Date with Mystery. Julia Chapman. Pan Macmillan, 464 pages (2022)

Aujourd'hui, je participe au challenge "Séries de l'été"


Carnet de bord #7 : Juillet 2026

Carnet de bord #7 : Juillet 2026

Dans le carnet de bord du mois de mai dernier j’évoquais les relations entre la lecture et les jeux vidéo. Pour les grandes vacances, j’aimerais parler des jeux de société inspirés de la littérature. Il y en a vraiment pour tous les goûts. Les jeux de cartes et de plateaux sont parfaits pour les soirées en famille. En revanche, les adolescents et les jeunes adultes préférons peut-être les jeux de rôle et les ceux inspirés  du concept des escapes games. Le premier groupe se prête davantage à l’adaptation de romans classiques et de polars tandis que le second explore volontiers la science-fiction et la fantasy. Les romans d'aventure inspirent tous les types de jeux.

J’ai récemment testé un jeu de plateau, Le roman imaginaire, qui est édité par Gallimard. Les joueurs sont invités à répondre à des questions et à relever des défis littéraires. Le but est de mettre la main sur un précieux manuscrit présenté dans "la librairie du Temps retrouvé". La durée des parties est très variable, soit 30 minutes à 2h00, selon les circonstances et le nombre de joueurs (6 maximum). Le plateau est davantage un prétexte qu’une nécessité absolue. Les cartes pourraient aussi bien être utilisées seules mais il y aurait moins de piment.

jeu de plateau, Le roman imaginaire
Le roman imaginaire, jeu de plateau

Dans ma ludothèque, j’ai un certain nombre de jeux moins récents (mais plus palpitants) dont  un jeu de plateau inspiré des Piliers de la terre de Ken Folett. Il s’agit d’un jeu de gestion qui s’adresse aux joueurs à partir de 12 ans. Le but, comme vous l’aurez sans doute deviné, est de construire une cathédrale. Pour cela, il faut se procurer des ressources et de la main d’œuvre mais des évènements viennent perturber les projets des joueurs. Il existe également une version en jeu de cartes. Les Piliers de la terre a été récompensé par plusieurs prix ludiques dont le Deutscher Spiele Preis en 2007, le deuxième prix le plus important attribué à des Jeux de société en Allemagne, après le Spiel des Jahres. 

Je possède aussi une série de jeux collaboratifs autour du Mythe de Cthulhu d’H.P. Lovecraft. J’apprécie beaucoup ce type de jeux qui évite bien des chamailleries lorsqu’il y a des mauvais perdants autour de la table. Ici, il ne s’agit pas d’écraser ses adversaires mais de collaborer avec les autres joueurs pour obtenir la victoire. L’univers fantastique de Lovecraft se prêtent bien à ce système. Les joueurs incarnent chacun un personnage avec des pouvoirs et des compétences différentes. Dans le jeu de plateau Horreur à Arkham (et ses extensions), les investigateurs doivent s’allier pour combattre des monstres et repousser la venue d’un Grand Ancien. 

Jeu de société Robinson Crusoé

Je n'ai pas testé mais je sais que les éditions Iello éditent quelques jeux de plateaux autour de la thématique littéraire comme Robinson Crusoé : Aventures sur l’île maudite, ainsi que Les aventures de Robin des bois et leurs extensions respectives.

Un personnage inspire beaucoup les créateurs de jeux. Il s’agit de Sherlock Holmes. La référence en la matière est Sherlock Holmes : Détective Conseil. Ce jeu d'enquête, né en 1984 et réédité plusieurs fois, s’apparente à un jeu de rôle avec un livret.  Pour ma part, j’ai eu l’occasion de participer à un jeu d’escape game. Avec un jeu de cartes et une application pour smartphone, Dans la tête de Sherlock Holmes permet aux joueurs de s’immerger dans l’univers du fameux détective britannique. La collection de jeux Unlock! s’inspire de nombreux autres personnages romanesques dont Arsène Lupin et Robin des bois ou encore les héros de Jules Verne. Cette série d’escape games s’appuie sur des scénarios avec différents niveaux de difficultés. Les joueurs disposent de 30 à 60 minutes pour résoudre les énigmes. Il n’est pas besoin de désigner un maître de jeu ; par contre, les joueurs doivent collaborer. 

Malice aux pays des merveilles

Pour les jeunes joueurs, il existe une version Junior d'escape games éditée chez Larousse. On y retrouve de nombreux héros de papier dont ceux du Tour du monde en 80 jours dans Mission Jules Verne. Dans un genre différent, les enfants et les adolescents peuvent vivres des aventures immersives dans l'univers de Lewis Carroll via Malice au pays des Merveilles (toujours chez Larousse). L'héroïne peut aussi séduire les adulte grâce à l'Escape Game Party : Alice au Pays des Merveilles

Enfin, dans la grande tradition des livres-jeux, vous connaissez peut-être Le cahier d'activités littéraires de Gallimard ou Le cahier de vacances Littérature pour adultes de Maïte Defives, rédactrice du blog MademoiselleLit.com. Dans un genre différent, les éditions 404 publient des cahiers d'enquêtes dédiés aux grands détectives. Parmi les titres parus, on peut citer ceux qui convoquent Arsène Lupin, Sherlock Holmes et le comte de Monte-Cristo. Une autre série est consacrée aux auteurs contemporains comme Caryl Ferey et Frank Thilliez. 404 édite également des jeux de société type jeux de plateaux ou jeux de cartes. On peut mentionner Arsène Lupin : le jeu d'enquête ou, pour les amateurs de mangas, One Piece - Le jeu de cartes

Le cahier d'activités littéraires
Le cahier d'activités littéraires chez Gallimard

Ma liste de jeux est loin d'être exhaustive... je suis sûre que vous pourrez en dénicher d'autres dans les espaces jeux de vos médiathèques municipales ou dans les ludothèques.


D'autres pistes pour jouer :


Bonnes vacances à tous

Je vous souhaite d’excellentes vacances ! 😎



Le Revenant d'Albanie. Jean-Christophe Rufin

Le Revenant d'Albanie. Jean-Christophe Rufin


📚J’avais repéré ce livre à la médiathèque puis chez Luocine et ça faisait donc un petit moment que je voulais rencontrer le consul adjoint Aurel Timescu. Ce diplomate Franco-Roumain est nommé dans des pays qui me semblent très exotiques. Après la Guinée Conakry, le Mozambique ou l'Azerbaïdjan, son protecteur, le sénateur Mauvignier, s’est démené pour lui trouver un poste en Europe. Evidement, il n’est pas encore question d’un consulat trop prestigieux. 

Ce sera l’Albanie. Ouf ! Aurel craignait de se retrouver sur un poste nécessitant un véritable investissement professionnel. Autre point positif, à Tirana, il va travailler avec Amélie Grey. La carrière de la jeune femme a bien évolué depuis leur première rencontre à Bakou puisqu’elle est désormais ambassadrice. D’un autre côté, Aurel n’a pas conservé un souvenir réjouissant de son premier séjour en Albanie. Il a découvert le "Pays des aigles" lorsqu’il était un jeune pionnier soviétique. Il était gouverné par le dictateur communiste Enver Hoxha et la vie n’y était pas facile. 

A peine arrivé à Tirana, Aurel se voit confier une affaire délicate concernant la mort de Marsel Rustemi, un ressortissant Franco-Albanais assassiné à Chamonix. Pour l’administration albanaise, l’homme était officiellement décédé en 1997 à  Shkodër. En réalité, l’homme avait été naturalisé grâce à son mariage et vivait en France sous un nom d’emprunt. Grobert, le policier de l’ambassade, est persuadé qu’il s’agit d’un règlement de compte entre membres de la mafia. Aurel penche plutôt pour un acte de vengeance. Qui a raison ? Le défi est lancé. 

C’est le sixième tome de la série et son héros a évolué depuis sa première mission en Afrique. S’il apprécie toujours le vin blanc et ne refuse jamais de s’assoir derrière un piano, il a acquis une certaine expérience pour se défausser des tâches administratives les plus ingrates. Il préfère de loin jouer au détective amateur. Son apparence vestimentaire, digne d’un bureaucrate des pays de l’ancien bloc de l’Est, est désormais égayée par des guayaberas rapportées de son séjour consulaire au Mexique.

On aurait pourtant tort de sous-estimer Aurel Timescu. Pour résoudre une enquête, le consul, d’ordinaire un peu couard, n’hésite presque pas à mouiller ses chemises bariolées. Il se rend donc à Tropojë, près de la frontière kosovar, une région rude gouvernée par un code coutumier ancestral, le fameux  Kanun.

💪Il faut reconnaître que l’extravagance et les ambitions très mesurées d’Aurel le rendent plutôt sympathique. A travers lui, Jean-Christophe Rufin fait voyager son lecteur dans les régions les plus reculées du globe. Cette nouvelle mission du consul adjoint en Albanie nous permet d’en savoir un peu plus sur le "Pays des aigles", son histoire tourmentée, ses traditions et son évolution contemporaine. Le roman s’inscrit dans la mouvance des Cosy Crimes, avec l’humour qui caractérise l’auteur,  ce qui en fait une lecture distrayante, idéale pour les vacances. Il me permet de participer au challenge des Séries et trilogies de l’été.

📌Le Revenant d'Albanie. Les énigmes d'Aurel le Consul tome 6. Jean-Christophe Rufin. Le Livre de Poche, 240 pages (2026)

Mon challenge du jour

Le Meurtre de Roger Ackroyd. Agatha Christie

Le Meurtre de Roger Ackroyd. Agatha Christie

💪Je poursuis mon défi personnel autour d’Agatha Christie et de son œuvre.  Je ne respecte pas toujours l’ordre des prescriptions des sites dédiés au challenge Read Christie 2026 en V.O. et en V.F. Pour le mois de juillet, leurs sélections étaient respectivement The Rose and the Yew Tree (L'if et la rose), publié sous le pseudonyme de Mary Westmacott, et The Moving Finger (La Plume Empoisonnée). The Murder of Roger Ackroyd (Le Meurtre de Roger Ackroyd) était proposé en juin sur les deux listes. Ce roman, paru en 1926, me permet de participer au challenge 2026 sera classique aussi, organisé par Nathalie.

Le docteur James Sheppard, notable de la commune fictive de King's Abbot, est le narrateur de cette nouvelle enquête d’Hercule Poirot. Le détective belge est son voisin. Il s’est installé incognito dans la villa des mélèzes où il compte passer une retraite paisible à cultiver des courgettes. Son acolyte habituel, le capitaine Arthur Hastings, quant à lui, s’est expatrié en Argentine. C’est la raison pour laquelle Poirot semble s’être entiché du docteur Sheppard qui l’accompagne dans ses investigations. Il lui confie même quelques missions individuelles. 

The Murder of Roger Ackroyd

C’est la jeune Flora Ackroyd, la nièce du défunt, qui a fait appel au détective pour résoudre le meurtre. Roger Ackroyd a été poignardé dans le dos alors qu’il se trouvait dans son bureau dans sa propriété de Fernly Park. Pour trouver le coupable, il faut d’abord déterminer l’heure de sa mort. Le docteur Sheppard, qui était invité à dîner, a quitté son ami à 20h50 et semble être le dernier a l’avoir vu vivant. Pourtant, certains témoins prétendent avoir entendu Roger Ackroyd s’entretenir avec quelqu’un aux alentours de 21h45. Parmi les hôtes du riche industriel se trouvait sa belle-sœur, le major Hector Blunt et bien-sûr la jeune Flora. Il faut ajouter à cette liste le personnel de maison de Roger Ackroyd, c’est à dire son secrétaire particulier, le majordome, la femme de chambre et la gouvernante. Une personne brillait par son absence ce soir-là. Il s’agit du fils adoptif de la victime, le séduisant mais prodigue Ralph Paton. Le jeune homme venait de se fiancer avec sa cousine Flora qui dépendait elle aussi de l’aide financière de son oncle. Par ailleurs, il se pourrait que l’assassinat de Roger Ackroy ait un lien avec le suicide de sa bonne amie, l’élégante veuve Ferrars. Celle-ci lui avait confié juste avant sa mort qu’elle était victime d’un odieux chantage. 

C’est la première fois, depuis que je lis les romans policiers d’Agatha Christie, que j’ai une bonne intuition concernant les suspects. Il faut dire qu’une remarque sur un blogue m’était restée en tête et m’a mise directement sur la bonne voie. Les lecteurs non avertis des stratagèmes de la romancière anglaise mettront peut-être plus de temps à élucider le meurtre. Fort heureusement, il me manquait les détails permettant de relier tous les évènements entre eux. J’ai donc pu savourer cette enquête comme il se doit, observer le fonctionnement des petites cellules grises de Poirot, m’amuser de son autosatisfaction et me réjouir de l’ironie corrosive de la Reine du crime. 

Mon défi Agatha Christie


📚D’autres avis que le mien chez Max et Amandine

📝Les romans d’Agatha Christie sur ce blog : Miss Marple au club du mardi, Un cadavre dans la bibliothèque, Mrs McGinty est morte, Associés contre le crime

📌Le Meurtre de Roger Ackroyd (Nouvelle traduction révisée de Françoise Jamoul). Agatha Christie. Le Livre de Poche, 320 pages (2021)

2026 sera classique aussi