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Rhapsodie balkanique. Maria Kassimova-Moisset

 Rhapsodie balkanique. Maria Kassimova-Moisset


Le choix d’un livre tient parfois à peu de chose. C’est parce que j’ai séjourné dans le sud de la Bulgarie que j’ai eu envie de lire le roman de Maria Kassimova-Moisset. A travers Rhapsodie balkanique, j’espérai retrouver l’atmosphère particulière de ce beau pays. En réalité, si la première partie du roman se déroule à Bourgas, sur le bord de la mer Noire, le reste de l’histoire nous conduit dans la Turquie d’Atatürk. 

L’héroïne tragique et flamboyante de ce roman s’appelle Miriam. Elle est née en 1909 à Bourgas et c’est la grand-mère de la narratrice. A travers l’histoire ce cette aïeule, et celle de son père Haalim, Maria Kassimova-Moisset tente en effet de reconstruire la mémoire familiale. Il manque beaucoup de pièces au puzzle parce qu’il n’est pas toujours facile d’évoquer des souvenirs douloureux. L’alter ego de l’autrice se décide enfin à questionner ses origines par l’intermédiaire de son œuvre. Les conversations qu’elle entretient avec ses fantômes viennent s’intercaler entre les différents chapitres du livre. Le lecteur découvre ainsi comment, Miriam, une jeune fille solaire et indocile, tombe amoureuse d’Ahmed le limonadier nomade qui vient d’Albanie. Theotitsa la mère de Miriam, est d’origine grecque, et refuse de donner sa fille à un étranger de confession musulmane. Todor, le père, ne sait pas tenir tête à cette épouse qu’il a tant aimé et qui a tant souffert. Ensemble, ils ont et treize enfants mais seuls quatre ont atteint l’âge adulte. Ahmed, lui, n’a plus que son frère cadet, parti vivre à Istanbul. Le jeune couple, malmené par la société de Bourgas, décide finalement de s’exiler en Turquie.

J’ai été profondément émue par l’histoire familiale de la narratrice. J’ai admiré les principaux protagonistes pour leur liberté d’esprit et leur courage. On aimerait que l’histoire se termine avec une phrase de conte de fée mais ils ne vécurent pas assez heureux à mon goût. Et en ce qui concerne les enfants, et bien, vous savez déjà qu’ils en eurent, mais je ne vais pas tout vous raconter. J’espère en effet vous avoir donné envie de lire ce roman dont l’intrigue est à la fois touchante et bien enlevée.

📚D'autres avis que le mien: Luocine, Sacha, IngannmicAnne-yes...

📌Rhapsodie balkanique. Maria Kassimova-Moisset. Editions des Syrtes, 224 pages (2023)

Ballade pour Georg Henig. Victor Paskov

Ballade pour Georg Henig. Victor Paskov

💪Cette année, nous allons faire deux voyages successifs en Bulgarie grâce au challenge bulgare de Claudialucia puis la Rentrée à l'Est chez Sacha. J’ai déjà fait une escapade dans ce pays (bien réelle cette fois) en 2023. A cette occasion, j’ai découvert Maria Kassimova-Moisset, à travers son roman intitulé Rhapsodie balkanique. A part ça, je dois reconnaître que je ne connais pas grand-chose à la littérature bulgare. Le catalogue de ma bibliothèque de quartier n’est pas très fourni en la matière. J’en suis quand même repartie avec deux livres sous le bras dont Ballade pour Georg Henig de Victor Paskov. C’est un petit bijoux d’humour et de tendresse en dépit du contexte et de l’intrigue. 

Victor, le narrateur, est le fils d’un musicien valaque désargenté et d’une descendante de Koulaks. Il nous raconte son enfance sous l’ère soviétique, et sa relation d’amitié avec Georg Henig. Ce maitre luthier d’origine tchèque était venu s’installer à Sofia pour dispenser son art aux Bulgares. A la mort de son épouse, le vieil homme refuse de quitter son logement, une pièce en sous-sol devenue insalubre. Bien que son état s’aggrave, il résiste aux pressions de ses voisins (qui veulent s’approprier son logement), des services sociaux (qui veulent le placer dans un hospice), de ses anciens élèves (qui craignent le déshonneur de la profession) et de ses amis (qui souhaitent l’accueillir à leurs frais dans leur modeste logement). 

Ce récit émouvant est un hymne à la musique et une métaphore de la liberté. L'auteur décrit une vie rude. Il habite dans un quartier pauvre où la violence, l'alcoolisme et la mesquinerie alternent parfois avec la solidarité. Le texte n’est pas dénoué d’humour pour autant et plusieurs passages m’ont fait sourire : une conversation entre l’enfant et le vieillard, au sujet de la religion, par exemple. L’obsession de la mère du narrateur pour l’acquisition d’un buffet censé lui rendre son prestige social est à la fois drôle et pathétique. On admire en tout cas la respectueuse bienveillance des parents vis-à-vis de leur vieil ami Tchèque. La Ballade pour Georg Henig est un beau roman initiatique que je vous recommande vivement.

📚D'autres avis que le mien chez SachaPatriceClaudialucia et Audrey

📌Ballade pour Georg Henig. Victor Paskov, traduit par Marie Vrinat. L’Aube, 216 pages (2021)

challenge bulgare