Ce récit initiatique se déroule à Thetford Mines, ancienne cité minière du Québec. Amiante est le nom d’un village qui a été annexé par la ville en 1929. Il rappelle aussi l’activité industrielle qui a fait la fortune des lieux entre 1876 et le début des années 2000. Steve Dubois, le narrateur, y a grandi. Son père, un homme brutal et peu communiquant, est « mineur camionneur ». Il travaille souvent de nuit ce qui arrange bien les affaires de son fils puisque cela lui permet de l’éviter. L’année de ses 9 ans, durant l’été 1986, le jeune Steve vit les meilleurs moments de son enfance. Avec Charlélie, son meilleur ami, ils font du « bicycle », construisent une cabane refuge, lisent les albums de Tintin, fabriquent un « cahier de catastrophes » en scrapbooking et mangent des « gommes à la cerise ». Bref, c’est le temps de l’amitié et des émois partagés… jusqu’au premier grand drame de la vie du narrateur.
La seconde partie du récit, nous conduit 5 ans plus tard, alors que la société minière est déjà en crise et des licenciements se profilent à l’horizon. L’année 1991 est aussi celle d’une nouvelle tragédie. Un Steve adolescent s’attache à convertir sa colère en rébellion émancipatrice.
J’ai acheté ce livre dans une librairie indépendante de la capitale québécoise lors de mon séjour touristique au Canada. C’est dans ce contexte que j’ai lu ce court roman. J’avais donc bien en tête les paysages du Québec et ses maisons en bois si charmantes du point de vue d’une européenne comme moi. Il y a souvent un vélo d’enfant qui traîne devant les portes d’entrée ou dans les jardins rarement clôturés. On imagine volontiers des escapades enfantines dans la nature proche. En revanche, c’est plutôt dans la couronne industrieuse autour de Montréal, à environ 3h00 de route, que j’ai pu imaginer la vie laborieuse des adultes dans une cité telle que Thetford Mines.
J’ai beaucoup aimé ce roman plein de nostalgie. Steve est un héros sensible. La violence du père est évoquée avec pudeur, sans insistance. La mère est un peu évanescente. Elle est dépressive donc apathique. Le frère aîné bienveillant, Daniel, apparait surtout dans la seconde partie du roman car il a quitté le domicile familial.
Amiante est un roman tout en contrastes. Tantôt réconfortant, tantôt sombre. La chronologie n’est pas linéaire mais il y a des repères datés. Les nombreux flashbacks ne gênent donc pas la lecture.
💪Cette lecture s’inscrit dans le cadre du challenge Sous les pavés, les pages, organisé par Ingannmic et Athalie
📚D’autres avis que le mien chez Ingannmic, Athalie et Cath L.
📌Amiante. Sébastien Dulude. J’ai Lu, 220 pages (2026)


C'est un de mes coups de coeur de l'année dernière. Les romans sur l'adolescence me lassent parfois, celui-ci m'a emballée à tous points de vue !
RépondreSupprimerla partie sur l'enfance aussi est très émouvante.
SupprimerJe l'ai déjà noté et je ne sais pas grâce à qui et j'espérais bien pouvoir l'emprunter pour le lire avant la fin du challenge :) Merci pour ta chronique qui me conforte dans l'idée de le faire...
RépondreSupprimerC'est un roman court qui se lit très bien. J'aimerais bien connaître ton avis.
SupprimerJe l'avais lu l'année dernière (je crois) dans le cadre de l'activité urbaine aussi. J'avais vraiment apprécié ce roman tout en contraste avec des pages vraiment touchantes sur l'amitié ( ou l'attirance ?) Même si la deuxième partie est plus sombre, elle n'est pas plombante.
RépondreSupprimerExactement ! C'est triste mais pas plombant
SupprimerVenant d'une ancienne cité minière, le roman m'intéresse d'autant que le protagoniste semble attachant. Le fait d'avoir acheté ce livre lors d'un voyage a dû lui apporter une tout autre saveur.
RépondreSupprimeroui, j'ai pu s'immerger dans l'ambiance du lieu. C'est un plus.
SupprimerJe le note pour le Canada!
RépondreSupprimerC'est une vision particulière du Canada, loin des grands espaces.
SupprimerTu me donnes très envie de découvrir ce livre. J'aime beaucoup la littérature québécoise (en dehors d'Andrée Michaud), je le note. Bon week end
RépondreSupprimerContrairement aux romans d'Andrée Michaud, il n'y a pas de longueurs
SupprimerJe ne connais pas, mais pourquoi pas?
RépondreSupprimerNous sommes plusieurs à l'avoir lu et apprécié
SupprimerUn très bon roman, oui, tout en sensibilité, mais qui ne tombe jamais ni dans la mièvrerie ni dans le misérabilisme.
RépondreSupprimerTu résumes parfaitement l'ambiance de ce roman
Supprimerje vois que ce roman a plu à des blogueuses dont souvent je partage les goûts et ton billet est attirant .
RépondreSupprimeroui, nous sommes plusieurs à l'avoir apprécié. C'est un roman sensible, nostalgique mais sans excès .
SupprimerJe l'avais noté suite à quelques billets enthousiastes et puis je l'ai oublié. Je le note à nouveau !
RépondreSupprimerJe pense que tu ne seras pas déçue. C'est un roman sur l'enfance, l'adolescence, l'amitié, le deuil... Il y a aussi une dimension sociale. Un roman bref mais dense !
SupprimerOuhla, je me mélange avec les challenges. Il me semblait bien que tu avais précisé que c'était un roman court et je ne comprenais par pourquoi il rejoignait le challenge des pavés, mais ce sont les pavés urbains, ouf, tout s'éclaircit.^^ Bon, pas sûre d'y trouver mon compte car je ne suis pas très roman initiatique, mais je vois qu'il a beaucoup plu.
RépondreSupprimerAvec toutes ces activités (dont je suis ravie), il y a de quoi s'emmêler un peu ! Le roman fait un peu plus de 200 pages et c'est une pépite.
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