Madame Mohr a disparu. Maryla Szymiczkowa

Madame Mohr a disparu. Maryla Szymiczkowa

Zofia Turbotyńska (née Glodt) est l’ambitieuse épouse d’Ignacy Turbotyński, professeur plutôt affable de l’université Jagellon de Cracovie en Pologne. Le couple n’a pas eu d’enfant. Madame est une bourgeoise typique de la société cracovienne de la fin du 19ème siècle, économe et un tantinet exaspérante. Bien qu’elle règne sur une modeste brigade de domestiques, Zofia s’ennuie dans son rôle de femme au foyer. Elle tente de se distraire grâce à ses œuvres caritatives et passe son temps à intriguer pour obtenir les meilleures places aux évènements mondains les plus prisés, y compris les enterrements et les célébrations de la Toussaint. Cette particularité apporte une petite touche gothique à notre whodunit, un aspect de ce polar historique qui est davantage mis en avant sur la jaquette polonaise. Par ailleurs, Zofia est une lectrice passionnée d’Emile Gaboriau et d’Edgar Allan Poe, un penchant qui lui sera bien utile pour démêler une étrange affaire de disparition puis de meurtres. A cela s’ajoute un bon esprit d’analyse et un sacré culot. 

Le lieu de l’intrigue est un hospice privé où se croisent quelques membres de l’aristocratie de l’empire austro-hongrois et une majorité d’indigents. Les résidents fortunés occupent les appartements luxueux dans la plus grande oisiveté tandis que les pauvres, qui ne sont pas impotents où à l’agonie, doivent travailler pour gagner le gîte et le couvert. Or, à l’occasion d’une visite à son amie, la sœur Alojza, Zofia apprend que la veuve du juge Mohr a mystérieusement disparu de son logement. Il n’en faut pas plus pour exciter la curiosité de notre héroïne.  

Dans les diverses recensions que j’ai lu lire au sujet de Madame Mohr a disparu, le terme de Cosy Mystery revient presque à chaque fois. Il est vrai que la plupart des codes du genre sont respectés. Nous avons une détective amatrice, une petite communauté de personnages (qui ne sont pas des psychopathes), une série de meurtres pas trop sanguinolents et une bonne dose d’humour. Dans sa présentation, l’éditeur compare d’ailleurs volontiers notre héroïne polonaise à la célèbre Miss Marple. Comme la détective anglaise, Zofia Turbotyńska est le personnage récurrent d’une série de romans de détection. Débutée en 2015, celle-ci compte déjà quatre épisodes dont le second devrait être traduit prochainement en Français. Le pseudonyme de Maryla Szymiczkowa est en réalité le nom de plume d’un duo d’écrivains : Jacek Dehnel et Piotr Tarczinsky. Le premier est lauréat de nombreux concours de poésie et l'auteur de plusieurs recueils… ce qui explique sans doute le goût de Zofia pour les exercices de versification. 


Tajemnica domu Helclów


Extrait :

« Qui pourrait s’attendre à ce qu’un corps soit si lourd ? Plus que durant la vie. Combien pouvait-elle peser ? Quatre pierres ? Un quintal ? Non, moins d’un quintal. C’est maigre comme tout, rien que la peau et les os, une tête d’oiseau, les mains comme les pattes d’une chauve-souris. La vie vient juste de la quitter, pourtant c’est comme porter la grande cloche Zygmunt. Elle a poussé un soupir ? Non, impossible. Mais l’impression persiste que le cadavre va revenir à la vie et se venger. Encore quatre mètres environ, trois, deux. En temps normal, ce couloir ne paraît pas aussi long, mais à présent, ça traîne, ça traîne à n’en plus finir. Par chance, il n’y a aucune porte ici, aucune serrure, la montée est aisée. Quoi qu’il en soit, voilà l’escalier. Il est neuf, il ne craque pas. »

📚D'autres avis que le mien : Kathel, Eva et Passage à l'Est 

📌Madame Mohr a disparu. Maryla Szymiczkowa. Agullo Noir, 385p. (2022)


Commentaires

Aifelle a dit…
Il m'attend dans ma PAL. Je vais essayer de ne pas le faire attendre trop longtemps ; pour l'instant, j'ai des réservations bibliothèque qui arrivent en rafales. C'est toujours comme ça, j'attends, j'attends et tout arrive en même temps.
keisha a dit…
Déjà noté dans mes listes, et tu confirmes!
je lis je blogue a dit…
Oui absolument ! En le lisant, j'ai pensé que cela te plairait. J'ai cru comprendre que tu aimais bien les Cosy Crime.
je lis je blogue a dit…
J'imagine que tout le monde réclame les nouveautés en même temps. Le roman est paru en août et les retours sont plutôt bons. Pour ma part, j'ai découvert les éditions Agullo grâce à ce livre.
Patrice a dit…
Mon épouse a commencé à le lire et m'a confirmé que c'était très bien également :-)
je lis je blogue a dit…
Oui, un "cosy crime" très agréable à lire et plein d'humour
Kathel a dit…
ça me rappelle aussi les romans anglais d'Anne Perry. Sans être une fan absolue, j'en ai déjà lu trois ou quatre et j'ai toujours apprécié !
je lis je blogue a dit…
J'en ai lu un ou deux aussi. Il y a une époque où je lisais pas mal de romans parus dans la collection « Grands détectives » chez 10/18... mais je me suis un peu lassée.

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