Blacksad, T06. Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido

Blacksad, T06.  Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido


Tous les médias le répètent à l’envie : la sortie d’un nouveau Blacksad est un évènement dans l’univers du 9ème art. Et c’est vrai, évidemment ! D’abord parce que ce sixième volet s’est longuement fait attendre (8 ans) ; Ensuite (et ce n’est pas la moindre des choses) parce que la série est un chef d’œuvre dont le succès s’est rarement démenti.

Pour mémoire (et pour les néophytes, s’il en est), John Blacksad est un détective privé new-yorkais. Il afficherait quelques ressemblances avec un certain Humphrey Bogart dans Le Faucon maltais de John Huston s’il n’avait le faciès d’un grand chat noir. Ses aventures, vous l’aurez compris (ou vous le saviez déjà) mêlent donc pastiche et zoomorphisme sur fond de films noirs des années 1950. Au fil du temps (et des parutions), quelques différences sont apparues. Les précédentes enquêtes de notre héros félin trouvaient leurs conclusions en un seul volume. Cet album-ci n’est pas un one-shot… mais pas de panique, il parait que la deuxième partie de l’intrigue nous sera livrée dès 2023. Dans le 4ème volet de la série, intitulé L'Enfer, le silence, John Blacksad et Weekly (son ami journaliste rencontré dans le tome 2) partaient se frotter aux jazzmen de la Nouvelle-Orléans. Dans Amarillo, le 5ème volume de la série, le détective s’embarquait dans un véritable road movie à travers l’Amérique de la Beat génération. Dans ce nouvel album, il renoue avec sa ville fétiche sur la cote Est, Weekly à ses cotés (ou pas très loin). Nos deux acolytes ayant la fâcheuse habitude de se trouver au mauvais moment au mauvais endroit, le lecteur est rapidement entrainé dans une nouvelle enquête.


Blacksad, T06.  Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido. P38


Tout commence dans la cadre bucolique de central Park. Blacksad et Weekly assistent à une représentation de Shakespeare en plein air. Celle-ci vire presque à la tragédie au moment où la police débarque pour disperser les spectateurs. La directrice de Shakespeare in the Park, Iris Allen, apprend que la mairie accuse la troupe de vandaliser la pelouse. L’affaire se règle finalement à l’amiable grâce à l’intervention de notre détective privé. En gage de bonne volonté, Iris propose de se présenter au commissariat dès la fin du dernier acte. L’important étant que le contact soit noué entre la belle Alpaga et le félin enquêteur… Suite à cette rencontre décisive (et une bagarre de rue plus loin), Blacksad accepte une nouvelle affaire. Il doit protéger Kenneth Clarke, président du syndicat des travailleurs du métro (et néanmoins ami d’Iris Allen), poursuivi par un tueur, mandaté par la mafia des Belettes. Si cette lutte de pouvoir entre syndicats (les belettes contrôlent celui des dockers et des camionneurs) se déroule dans l’ombre, un inquiétant personnage apparait, lui, en pleine lumière. Il s’agit de Salomon, un maître bâtisseur qui milite en faveur du démantèlement des transports en commun au profit du réseau autoroutier. Ce personnage, un brin mégalo, est un proche du pouvoir municipal. 

Juan Diaz Canales pose tranquillement les jalons de son nouveau scénario, tandis que Juanjo Guarnido fait des clins d’œil graphiques à Edward Hopper. Un régal ! Il y a tous les ingrédients d’un bon polar depuis les syndicats mafieux, en passant par les politiciens véreux et leurs hommes de mains, sans oublier les jolies pépées. Voix off, dialogues de série noire, faciès anthropomorphiques et décors de cinéma s’allient à merveille pour immerger le lecteur dans cette ambiance particulière. Les nuances de couleurs, qui oscillent entre les marrons et les orangés, donnent un aspect vintage à l’album en parfaite adéquation avec son sujet. Vivement la suite ! 


Blacksad, T06.  Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido. Couverture


📌Blacksad, T06. Alors, tout tombe. Première partie. Juan Diaz Canales & Juanjo Guarnido. Dargaud, 60 p. (2021)


Commentaires

tadloiducine a dit…
Le tome 7 semble annoncé pour fin octobre 2023.
En attendant, je me délecte avec la réédition récente des deux premiers tomes de la BD animalière et chronique "Grandville" (Bryan Talbot), dont le héros est un blaireau policier anglais. Vous connaissez?
(s) ta d loi du cine, "squatter" chez dasola
je lis je blogue a dit…
ah chouette, merci pour l'info. Je me suis rendue compte, la semaine dernière, en rangeant mes BD, que j'ai égaré (ou prêtés) les tomes précédents. Sinon, je ne connaissais pas "Granville" (du coup, je suis allée faire un tour sur un site spécialisé pour en savoir plus). ça semble pas mal du tout ! Et j'aime bien les illustrations.

Posts les plus consultés de ce blog

Une saison pour les ombres. R.J. Ellory

Les Doigts coupés. Hannelore Cayre

Le bureau d'éclaircissement des destins. Gaëlle Nohant

Neuf vies. Peter Swanson

A la ligne. Joseph Ponthus