Ce titre vous fait peut-être penser au polar d’Henning Mankell, La Cinquième Femme. Et pourtant, le cadre historique et géographique de ce roman-là n’a rien à voir avec celui de l’écrivain suédois. L’autrice, Maria Fagyas, est née à Budapest en 1905. Elle s’est installée à Berlin en 1925 puis aux Etats-Unis en 1937. Elle n’a certes pas vécu l’insurrection de Budapest en 1956 mais il s’agit de son pays natal et on peut supposer qu’un certain nombre d’éléments lui sont familiers.
La Cinquième femme a été écrit en Anglais et publié pour la première fois chez Doubleday en 1963. Il est paru un an plus tard en Français dans la collection Série Noire. A l’époque, les ouvrages en format de poche ne devaient pas dépasser 256 pages. Cette réédition de 2025, est donc enrichie des passages qui avaient été supprimés pour répondre aux exigences éditoriales des années 60. Ainsi que l’indique Marie-Caroline Aubert dans sa préface, c’est au profit de la psychologie des personnages.
Au petit matin, alors que le policier se rend à son bureau, il voit 4 corps de femmes alignés sur le trottoir devant la boulangerie à l’angle de Perc Köz. Leurs cabas avachis indiquent qu’elles faisaient la queue pour le ravitaillement lorsqu’elles ont été fauchées par les balles. Il enregistre la scène avec les vitres cassées, les façades éventrées et les carcasses de bus éventrées. Au cours de sa journée à l’hôtel de police, la femme du docteur Halmy vient porter plainte contre son époux. Elle prétend qu’il veut l’assassiner. L’inspecteur écoute son témoignage, demande à sa secrétaire de taper la déposition puis renvoie la plaignante chez elle car elle n’a aucune preuve pour étayer ses accusations. De plus, le commissariat doit fonctionner avec un personnel restreint du fait des émeutes et des exfiltrations vers la frontière autrichienne. Le soir, au retour du commissariat, il note une anomalie. Il y a un cinquième cadavre dans la rue. Et c’est celui de Mme Halmy !
L'inspecteur Lajos Nemetz doit mener son enquête dans une atmosphère apocalyptique, avec des moyens réduits et en se gardant des intrigues politiques. C’est un homme intègre qui éprouve de l’empathie pour son suspect. Il tente néanmoins de rester objectif. Le docteur Halmy, quant à lui, renonce à fuir le pays avec sa maîtresse pour sauver des vies à l’hôpital. Il soigne sans distinction les Hongrois comme les Russes et met sa propre existence en danger pour respecter le serment d’Hippocrate. Le lecteur ne peut qu’être admiratif devant l’abnégation de ces deux hommes courageux.
📚Ce polar était dans ma PAL depuis plusieurs mois. Le billet de Choup m’a incitée à l’en sortir et je l’en remercie. C’est un roman policier qui pourrait être classique dans la résolution de l’intrigue mais le cadre historique oblige le héros à sortir de sa zone de confort. C’est ce qui fait l’originalité de La Cinquième femme. Comme Choup, j’ai été touchée par le dénouement de l’intrigue.
💪J'ai lu ce roman dans le cadre du challenge 2026 sera classique.
📌La Cinquième femme. Maria Fagyas, Trad. par Jane Fillion et révisé par Marie-Caroline Aubert. Gallimard, 320 pages (Réédition 2025)



Cela pourrait m'en apprendre sur le contexte historique!
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