Bunny. Mona Awad

Bunny. Mona Awad


Quand j’ai commencé à lire la quatrième de couverture, j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’une énième histoire de sororité estudiantine sur un campus américain. Le bandeau s’enorgueillissant d’un bestseller "culte" et "inoubliable" plébiscité sur Tik Tok ne me rassurait pas vraiment. Le détail qui a titillé ma curiosité est la mention d’un roman cruel, hypnotique et délicieusement dérangeant. Le fait que le roman soit adoubé par Margaret Atwood a achevé de me convaincre de sortir de ma zone de confort. Pour être surprise, j’allais être surprise ! 

Bunny en VO
L’héroïne de ce roman s’appelle Samantha Mackey . Elle a déjà un lourd bagage personnel, lorsqu’elle intègre l’université Garenn (Warren dans la V.O.), une très chic et prestigieuse école d’art qui se veut avant-gardiste. La jeune femme partage un atelier d’écriture avec un groupe de nénettes poseuses à l’extrême et aux mœurs étranges. Elle se surnomment elles-mêmes les Bunnies. Samantha a passé sa première année d’étude à Garenn en marge de cette société. Sa seule amie, Ava, a quitté l’établissement depuis longtemps, jugeant qu’il asséchait son esprit créatif. Elle vivote désormais de petits boulots et traine à la bibliothèque de Garenn. Ava est la branche d’amitié et d’espoir à laquelle se raccroche Samantha… jusqu’au jour où les Bunnies invitent Samanthe à l’une de leurs petites sauteries entre filles. En dépit de ses réticences, notre héroïne est trop avide d’intégration sociale pour refuser cette sollicitation inattendue. C’est le début d’une dérive à laquelle on s’attend mais qui ne va pas du tout aller dans le sens que l’on croit.

J’ai rarement lu des romans aussi bizarres et déjantés. Sous le vernis du fantastique horrifique, il y a une touche de féminisme, une bonne dose de critique sociale et une vraie satire du monde artistique. Comme promis, Samatha va vivre une descente hallucinée en enfer et le lecteur se poser beaucoup de questions sur ce roman dérangeant. Parce que je voulais savoir où l’autrice voulait nous conduire, j’ai continué d’en tourner les pages (il faut reconnaître que cette histoire incite au voyeurisme). J’ai refermé le livre avec la sensation de ne pas avoir su décrypter toutes les intentions de l’autrice bien qu'elle nous donne quelques clés d'interprétation. 

📚D'autres avis que le mien sur Babelio, les blogs Analire et Adopt A Librarian.

📌Bunny. Mona Awad, traduite par Cécile Leclère. HarperCollins, 448 pages (2025)


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire