J’ai toujours eu un penchant pour la pop culture. Parmi mes dadas, il y a des requins. Je suis fan du film Les dents de la mer de Steven Spielberg. Les volets 2,3 et 4, réalisés respectivement par Jeannot Szwarc, Joe Alves et Joseph Sargent sont nettement moins réussies. Quoi qu’il en soit, chaque année, à la même période, je regarde la rediffusion de la série. Je ne m’en lasse pas et pourtant j’ai du mal à dire ce qui me fascine tellement. Je ne pouvais évidemment pas passer à côté du roman graphique publié par les éditions Huginn & Muninn, à l’occasion du cinquantième anniversaire du long métrage.
Le manuscrit de Peter Benchley sera retravaillé par plusieurs scénaristes successifs dont Carl Gottlieb et Howard Sackler. Après quelques tergiversations, il est décidé que les protagonistes principaux seront incarnés par Roy Scheider, Richard Dreyfuss, Lorraine Gary et Robert Shaw (l’acteur a hésité à accepter un rôle qui a d’abord été proposé à Lee Marvin). Pour les effets spéciaux, les producteurs vont demander à Robert A. Mattey de sortir de sa retraite tandis que Joe Alves assura la direction artistique. C’est lui qui propose l’île de Martha’s Vineyard dans le Massachusetts plutôt que Nantucket pour servir de décor à la petite ville d'Amity.
Le tournage s’avère chaotique dès le début. L’équipe de tournage ne dispose pas de toutes les accréditations nécessaires pour tourner, l’eau de mer gelée rend les longues prises très difficiles à supporter pour les acteurs, les requins mécaniques tombent en panne à cause de l’eau salée, la durée du tournage est considérablement allongée par rapport aux prévisions de départ, le scénario est sans cesse modifié pour s’adapter aux contraintes inattendues, le budget explose, la tension monte entre les membres de l’équipe… Bref, plus personne n’y croit et même Steven Spielberg finit par douter qu’il arrivera à boucler le tournage. Quelle ironie quand on sait que Les dents de la mer sera l’un des plus grands succès cinématographiques de tous les temps et que le blockbuster estival rapportera plus de 470 millions de dollars aux Studios d’Universal.
Il me semble que la bande dessinée d’Antonio Cittadini & Jérôme Wybon s’adresse vraiment aux aficionados tant l’histoire du tournage est passée au crible dans ses moindres détails. Evidemment, j’ai trouvé l’album passionnant de bout en bout et j’y ai beaucoup appris sur le film. Je savais que réaliser un long métrage était une affaire compliquée mais je ne me rendais pas compte à quel point. En revanche, le récit m’a semblé parfois un peu brouillon à cause des nombreux flashbacks qui l’alourdissent. D’un autre côté, je comprends qu’une narration linéaire aurait été bien monotone et aurait ressemblé à un article de Wikipédia. Les dessins sont très réussis. On reconnait bien les acteurs et il y a de nombreux clins d’œil aux scènes d’anthologie du film. Il ne me reste plus qu’à lire le roman original de Peter Benchley et ça tombe bien car les éditions Gallmeister l’ont réédité à l’occasion des commémorations. Dans un autre contexte politique, je me serais volontiers rendu aux Etats-Unis visiter les lieux du tournage et l’exposition anniversaire au Martha's Vineyard Museum. Un jour peut-être…
📌Les mâchoires de la peur - Les coulisses d'un tournage mythique. Antonio Cittadini (Dessin, Couleurs) & Jérôme Wybon (Scénario). Huginn & Muninn, 192 pages (2025)




J'adore la couverture !!! Bon je n'irai pas plus loin, ne faisant pas partie des aficionadas, mais il y a un vrai talent graphique.
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