Cet album nous amène dans la province méridionale du Guangdong au milieu des années 90. La petite Nannan, âgée de 5 ans, habite un village dont le nom signifie "Le trou du serpent". Son père fait partie des migrants qui travaillent en ville et ne reviennent dans leurs foyers qu’une ou deux fois par an. La vie de la fillette est donc partagée entre sa mère et ses deux frères. Le quotidien est assez rude mais elle n’est pas malheureuse. Ses grands parents maternels n’ont jamais approuvé le mariage de ses parents. Il faut dire que son père a eu du mal a trouver sa voie. Il s’est essayé à divers emplois manuels sans grande réussite jusqu’au jour où il a découvert la mécanique et l’électronique. Dès lors, il a étudié jour et nuit. Il a décroché un emploi d’ingénieur avant de créer sa propre entreprise qui lui a permis de faire fortune. C’est grâce à cette ascension qu’il construit une maison moderne pour sa famille. Au village, on avait jamais connu un tel luxe. D’ailleurs, tous les voisins prennent l’habitude de venir chez Nannan regarder la télé ou d’utiliser l’unique téléphone de la communauté. En revanche, sa mère n’est guère convaincue par l’utilité d’un réfrigérateur et le débranche dès que son époux a le dos tourné.
C’était plutôt malin de la part de l’autrice de raconter son histoire à hauteur d’enfant. Sous une apparence faussement naïve, qui transparait également dans les dessins, elle nous offre une vision personnelle de la Chine contemporaine et de son évolution rapide vers la mondialisation. Au travers de son récit familial, le lecteur prend pleinement conscience des mutations découlant des réformes de Deng Xiaoping, chef suprême de la République Populaire de Chine de 1978 à 1989, à l'origine de l'ouverture du pays et de son développement économique.
Il faut noter que que Minna Yu a obtenu un master en bande dessinée à l’École Européenne Supérieure de l’Image d'Angoulême, qu'elle a été artiste en résidence de création à Montpellier, au Musée d'illustration jeunesse de Moulins et au Malévoz Quartier Culturel en Suisse.
Le graphisme relativement simpliste ne plaira peut-être pas à tout le monde mais je trouve qu’il va bien avec l’aspect intime du récit. Il y a des passages assez drôles qui ajoutent encore de la fraîcheur à la narration. Cette Bande dessinée n’a certes pas autant d’ambition que la trilogie chinoise de Li Kunwu mais j’ai passé un bon moment de lecture et c’est déjà pas mal.
📌Un palais au village - Quand papa est devenu riche. Minna Yu. La Boîte à Bulles, 184 pages (2022)



Cela a l'air pas mal du tout, complémentaire de certains romans (je pense à Yan Lianke) ou des romans policiers, pour donner des nouvelles de ce qu'il s'est passé en Chine dans ces années-là, que l'on connaît si peu.
RépondreSupprimerC'est vrai qu'on parle plus souvent des décennies précédentes. C'est tout l'intérêt de ce livre que d'aborder une période de transition. Je ne connais Yan Lianke que de nom mais j'aimerais bien trouver un moment pour le lire.
Supprimerah je suis tentée également ! merci
RépondreSupprimerJe pense en effet que cette BD pourrait te plaire du fait du contexte géographique.
Supprimersi je trouve cette BD je la lirai volontiers .
RépondreSupprimerIl y a beaucoup de fraîcheur dans la manière d'aborder l'histoire familiale et collective
SupprimerOh une BD d'une autrice chinoise, impossible de ne pas noter ça ! Merci pour la découverte ! Bon, par contre, côté graphique, ce n'est pas en effet pas ce que je préfère.
RépondreSupprimerLe graphisme ressemble davantage a des croquis et c'est en noir & blanc. Pourtant, ce côté enfantin correspond bien à la narration
SupprimerJe vois que Fanja est passée et a noté , logique! ^_^ Dispo à la bibli, je note!
RépondreSupprimerTa bibliothèque est une vraie caverne d'Ali Baba !
SupprimerJe la note pour le contexte historique et social qu'elle dépeint et que je ne connais pas vraiment...
RépondreSupprimerC'est vrai qu'on parle plus souvent des années Mao et de la période la plus dire de la dictature communiste.
SupprimerL'anecdote du frigo m'a fait sourire et en même temps, c'est frappant : cela veut dire que ce genre d'équipement était encore très exceptionnel dans la Chine des années 1990 !
RépondreSupprimeroui, ça parait fou !
SupprimerIl me plairait ce roman graphique. Le sujet est intéressant et j'aime bien l'ambiance qui se dégage de ce graphisme épuré et en noir et blanc. A voir donc si je la trouve un jour.
RépondreSupprimerC'est une BD plutôt sympathique. Il n'y a rien de traumatisant.
SupprimerOui, c'est déjà pas mal et puis découvrir ce moment de mutation du pays est particulièrement intéressant.
RépondreSupprimeret j'ai apprécié de découvrir cette période sans tomber dans une intrigue trop complexe
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