Dix. Marine Carteron

Dix. Marine Carteron


Le titre et la couverture sombre de ce roman policier vous ont surement mis la puce à l’oreille. Il s’agit d’un hommage à l’œuvre d’Agatha Christie. Ils sont dix donc, comme les protagonistes imaginés par la Reine du crime britannique, invités à se rendre sur une île isolée au large des côtes du Finistère. Mais puisqu’il s’agit d’un roman pour adolescents, la majorité des personnages sont des lycéens. Ils sont encadrés par trois adultes : une prof de lettres alcoolique, un ex-flic chargé de la sécurité et l’ancienne infirmière scolaire reconvertie en gouvernante. En effet, les élèves de l’institution privée Sainte-Scholastique ont été sélectionnés pour participer à un escape game littéraire, doublé d’une émission de télé-réalité. La société de production a tout prévu dans les moindres détails, y compris pour l’attribution des chambres dont les thématiques semblent correspondre au caractère ou au passé de chaque participant. Selon le scénario qui leur a été communiqué, les jeunes gens sont censés suivre les indices qui les conduiront aux clés de la liberté. Lorsque les premiers convives disparaissent subitement, leurs camarades sont persuadés qu’ils ont élucidé les énigmes et ont gagné le droit de quitter l’île. Ils vont bientôt s’apercevoir que la réalité est bien plus terrible.

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Ils étaient dix pour apprécier ce roman. Cependant, le fait de repérer les références à l’œuvre d’Agatha Christie ajoute un peu de piment à cette lecture, s’il était nécessaire. L’autrice fait également quelques clins d’œil à d’autres classiques de la littérature policière. Je pense par exemple à l’île fictive de Sarek, empruntée au chef d’œuvre de Maurice Leblanc (L'Île aux trente cercueils).

Un premier meurtre est à déplorer dès le prologue et les évènements s’enchaînent si rapidement que le lecteur n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer. On comprend très vite que chaque protagoniste à quelque chose à se reprocher. Contrairement à mon fils adolescent qui a tout aimé de ce roman, j’ai trouvé les personnages un peu trop stéréotypés (même si cela fait un peu partie de ce jeu de pastiche). Il faut aussi signaler, pour les âmes sensibles, que le roman de Marine Carteron n’est pas un Cosy Crime mais un thriller et que la mise en scène des assassinats est moins feutrée que chez Agatha Christie. Pour information, Ricochet, recommande ce livre aux jeunes lecteurs à partir de 15 ans. Certains sujets traités (comme le viol ou le suicide) peuvent être perturbants même s’ils sont abordés de manière moins directes que les meurtres. Pour autant, mon ado de 13 ans n’a pas été traumatisé par la brutalité des crimes. Il sait que ce n’est pas la réalité et, comme tous geeks de son âge, il en a vu d’autres dans ses jeux. D’un autre côté, sa candeur, l’a empêché de saisir toutes les implications de certains sous-entendus (un inceste est évoqué à mots plus ou moins couverts mais il n’a pas compris). L’autrice explore par ailleurs des thèmes qui nous sont plus contemporains que ceux traités par son modèle. Dans sa version, il est question de cyberharcèlement par exemple.  La maman que je suis, a aussi apprécié le fait que l’autrice parle de littérature et de mythologie. C’est une manière ludique de les aborder.

En conclusion, malgré un ou deux petits bémols de mon côté, ce roman a été l’occasion de partager une lecture extrêmement plaisante avec mon fils. Dix est un polar haletant, bien ficelé et bourré de références littéraires. 

📚D’autres avis que le mien via Ricochet et Babelio

💪Cette lecture s’inscrit dans le cadre des challenges de lecture Un hiver polar et Littérature jeunesse

📌Dix. Marine Carteron, Rouergue, 304 pages (réédition 2025)

Aujourd'hui je participe à deux challenges de lecture

12 commentaires:

  1. Ecoute, pourquoi pas! J'ai tout de suite flairé la référence à la vue du titre. J'aime ton expression 'moins feutré'. ^_^

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    1. Il y avait un reportage ce week-end sur Agatha Christie (peut-être sur Arte ? je ne sais plus). J'ai malheureusement raté le début. Elle était tellement futée ! Marine Carteron lui rend un bel hommage avec tous ces clins d'œil. Mais elle s'adapte aussi au lectorat contemporain. Donc, c'est un peu plus saignant !

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  2. Je n'ai pas aimé lire Agatha Christie quand j'en avais l'âge je n'ai pas réessayé depuis donc je laisse passer les livres qui font référence à cette grande dame anglaise

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    1. C'est l'ambiance un peu désuète ou la manière de construire les intrigues qui te rebutent ?

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  3. Je l'ai vu passer dans la blogo. L'important est de partager une lecture avec ton ado, on ne peut pas toujours aimer ce qu'ils aiment. C'est un bel hommage qui pour l'instant ne me tente pas plus que ça.

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    1. Malgré les petits bémols, j'ai apprécié ce roman. Et, comme tu le dis, l'essentiel est de partager une lecture en famille.

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  4. C'est plutôt tentant. C'est drôle, j'ai dû lire Les dix de la reine du crime à l'adolescence et j'avais adoré.

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    1. Il y a un aspect ludique dans le roman de Marine Carteron. On peut s'amuser à chercher les références à l'œuvre d'Agatha Christie (et aux autres classiques de la littérature). Un peu comme les jeux où il faut retrouver les X erreurs dans le dessin jumeau.

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  5. Il est dans ma wish list depuis si longtemps que je l'avais presque oublié. Mais entre les thèmes et les références, il devrait me plaire ce roman.

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    1. oui, c'est un roman agréable à lire. Et les références à Agatha Christie font sourire quand on les découvre.

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  6. Des enseignants qui se prêtent à un jeu de télé-réalité ? Hum ! Mais la référence à Agata Christie me plaît bien. C'est intéressant de pouvoir comparer ton ressenti à celui de ton fils. Une belle expérience !

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    1. oui, je tiens beaucoup à ces moments de partage

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