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Montréal hanté. Pierre-Luc Baril

Montréal hanté. Pierre-Luc Baril


J’ai déniché cet ouvrage à l’aéroport de Montréal où j’étais tombée en panne de livres. Le panel n’étais pas très vaste et mon choix s’est arrêté sur Montréal hanté car il m’a semblé qu’il serait parfait pour le challenge "Sous les pavés, les pages", prévu en septembre. 

Il ne s’agit pas d’un roman gothique ou de nouvelles horrifiques comme je l’ai d’abord pensé mais d’une compilation de textes sur les thèmes de la mort et du surnaturel. L’auteur les présente à travers le prisme sociétal et/ou anthropologique. Pierre-Luc Baril  considère en effet que ces histoires nous parlent davantage des vivants que des morts. 

Les tableaux présentés concernent essentiellement la période victorienne (1837-1901) comme l’indique le sous-titre. Après la prise de Montréal (1760) et au terme de la guerre de la Conquête (1760 à 1763), le Québec, et l’ensemble des territoires du Canada, tombent sous la domination de l'Empire britannique. La disparition de la Nouvelle France est officiellement actée par le traité de Paris (1763). Dans son introduction, Pierre-Luc Baril brosse brièvement les principaux traits de la nouvelle ère politique et urbaine.

L’ouvrage compte 13 chapitres. La plupart des textes trouvent leur origine dans un fait réel comme une mort soudaine, des épidémies virulentes, un bâtiment tombé dans l’oubli, des crimes sordides, des coutumes funéraires singulières (comme la photographie post mortem), les trafics des résurrectionnistes, des anecdotes macabres (à l’instar de l’affaire Guibord ou l’histoire de la dépouille du géant Beaupré) etc. Il y a finalement peu de spectres et de créatures maléfiques, sauf dans les légendes urbaines que Pierre-Luc Baril a dénichées sur le blogue touristique de Donovan King, Haunted Montreal. Je pense par exemple au fantôme de Simon McTavish, un homme d’affaire ayant fait fortune dans la fourrure. Il existe plusieurs versions très folkloriques de son histoire mais toutes prétendent qu’il aurait hanté les ruines de son manoir inachevé. 

Pierre-Luc Baril a également consulté les journaux d’époque, les archives de la Bibliothèque nationale du Québec, des thèses d’histoire et des articles spécialisés. De nombreux documents iconographiques sont empruntés aux fonds du musée McCord Stewart. L’auteur semble donc avoir réalisé un minutieux travail de recherche ce qui lui a permis d’exhumer plusieurs affaires criminelles qui ont marqué le 19ème siècle montréalais. Il s’agit notamment du meurtre très sanglant de Mary Gallagher resté en partie inexpliqué malgré la condamnation de son amie Susan Kennedy. Il est également question du docteur Cream, un meurtrier en série canadien, souvent comparé à Jack L’éventreur bien que son modus operandi soit différent. Enfin, l’auteur évoque à plusieurs reprise les nécropoles de Montréal et consacre notamment un texte à ses cimetières victoriens (Saint-Antoine, Notre-Dame des-Neige ou encore Mont-Royal). 

Entre faits historiques et folklore, tous ces textes nous renseignent surtout sur les rapports que les Montréalais du 19ème siècle entretenaient avec la mort. Je connaissais déjà les pratiques des résurrectionnistes, ces étudiants en médecine qui déterraient les cadavres pour leurs cours d’anatomie (cette pratique existait aussi en Europe). En revanche, les textes dédiés aux épidémies et à l’évolution des cimetières m’ont beaucoup appris sur les habitants de Montréal et les vagues successives d’émigrants. 

J’ai craint au départ que ce livre ne soit un peu trop accrocheur à cause des thèmes qu’il aborde mais je dois reconnaître que l’auteur est assez sobre dans sa manière de les présenter. Je reste malgré tout mitigée concernant ce recueil. Cela est peut-être dû au fait que je ne suis pas très friande de cold-cases et peu réceptive au paranormal. Il m’a quand même permis d’aborder la ville de Montréal sous un aspect atypique comparé à ma courte escapade in-situ. 

💪Cette lecture s’inscrit dans le cadre du challenge de lecture "Sous les paves, les pages" organisé par Ingannmic et Athalie

📌Montréal hanté. La mémoire macabre d'une cité victorienne. Pierre-Luc Baril. Vlb éditeur, 264 pages(2024)

5ème saison "Sous les pavés, ls pages"


16 commentaires:

  1. Et ça te fait deux points, avec le nom de la ville dans le titre..

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    1. Je n'ai pas jouer aux pastiches, il faut donc que je me rattrape sur les lectures si je ne veux pas être totalement dépassée par les autres participants

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  2. ce billet me fait penser qu'il ne faut pas tomber en panne de livres dans les aéroports car j'aurais eu bien du mal à m'intéresser à celui-ci. heureusement quand je voyage j'ai une liseuse et je mets toujours un ou deux livres en réserve dedans !

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    1. J'ai une liseuse aussi. C'est très pratique et ça permet d'avoir les nouveautés à la bibli sans faire la queue. Malheureusement j'en ai choisi une très petite ce qui me semblait pratique pour le transport... je n'ai pas pensé à mes yeux. L'écran devient vraiment petit quand on agrandit la police.

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  3. Philippe27.9.26

    Malgré tes bémols, je pense que ce livre pourrait me plaire. Il m'intrigue en tout cas !

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    1. maintenant que je connais un peu mieux tes goûts, je pense en effet que ce livre pourrait te plaire.

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  4. La couverture est superbe. J'aurais moins été tentée par les thèmes de la mort et du surnaturel, mais ça reste original.

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    1. C'est la couverture qui m'a attirée au départ et le thème gothique

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  5. Je suis fan de la couverture sobre et envoûtante ! Quant au thème, je n'ai jamais rien lu dessus côté canadien et encore moins à cette époque.

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    1. De ce côté de l'Atlantique, on pense plutôt à la Nouvelle Angleterre et à ses sorcières. Je ne pensais pas, avant de lire ce livre, qu'il y avait autant d'histoires surnaturelles au Québec

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  6. La couverture me plaisait bien, le contenu un peu moins même si je suis bien certaine que j'apprendrai plein de choses en le lisant... C'est en tous les cas une lecture qui colle aussi bien au challenge qu'à ton voyage !

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  7. si tu es mitigée, malgré l'aspect original de l'ouvrage, je passe.

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    1. J'ai beaucoup appris sur l'histoire de Montréal au travers de ce livre.

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  8. Les trouvailles d'aéroports... j'adore le concept et surtout ta curiosité :-)

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