Il n’y a pas grand-chose à faire dans la bourgade de Fairhill dans le Vermont où tout le monde se connait. Le centre-ville est constitué d’une rue principale bordée de quelques commerces. Il y a une épicerie, un magasin de bricolage, une animalerie, un cinéma et plusieurs restaurants. Les lycéens sont trop jeunes pour fréquenter les pubs et trop vieux pour rentrer tôt à la maison le vendredi soir. Alors Diana Brewer et sa bande d’amis se retrouvent dans le cimetière où ils se racontent des histoires de fantômes* en buvant l’alcool déniché dans les placards parentaux. Un matin d’automne, la jeune fille découvre qu’elle flotte au-dessus de son propre cadavre. C’est Roy, un fermier du coin, qui la découvre gisant au milieu de son champs, après avoir fait fuir les corbeaux qui profanaient son corps nu. Diana comprend qu’elle a été assassinée.
En dépit de la touche gothique qui fait référence au folklore de la Nouvelle-Angleterre, je dirais que le roman de Shari Lapena est un thriller domestique relativement classique. Certes, la petite communauté de Fairhill s’avère moins paisible qu’on pouvait l’imaginer de prime abord et c’est ce qui rend ce polar si addictif. La romancière traite quelques sujets de société comme le harcèlement ou la pédophilie. La démarche est louable mais on ne peut dire qu’il y ait matière à débat. Le lecteur est néanmoins fasciné par ce microcosme qui s’obscurcit et se délite. Il s’interroge sur la manière dont il aurait lui-même réagit face à une situation similaire. Il est d’autant plus facile de s’identifier aux personnages puisque le roman est construit autour d’une narration polyphonique. Tous ces éléments mis bout à bout sont très efficaces. Il ne faut pas en attendre davantage et cela me convient parfaitement.
* J'ai retrouvé l'une des histoires évoquées par notre groupe d'ados, Le pont d'Emily ici
📚D’autres avis que le mien via Babelio et Bibliosurf
📌Une jeune fille sans histoires. Shari Lapena, traduite par Romane Lafore. Presses de la Cité, (2026)


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