J’ai trouvé cette idée de lecture chez Anne-yes et j’ai décidé de la garder pour le challenge de lecture LGBTQI qu’elle organise à l’occasion du mois des fiertés. Camila Sosa Villada est une autrice transgenre argentine, qui s’est fait connaître avec un roman intitulé Les Vilaines (Métailié, 2021). Après Histoire d'une domestication (Métailié, 2024), Je suis une idiote de t'aimer est le troisième livre de l’autrice traduit en Français.
Ce recueil compte 9 histoires, qui sont autant de tranches de vies. Les héroïnes de ces nouvelles sont souvent des femmes trans, des droguées, des prostituées, des maltraitées. Elles subissent pratiquement chaque jour la violence des hommes et les préjugés d’une société malade. Mais attention, nos Latinas ne sont pas des saintes non plus !
«Deux filles comme nous, vous savez bien, "deux filles tellement spéciales", comme nous avions l'habitude de dire aux garçons qui nous interrogeaient à propos de notre entrejambe, filles la nuit et timides pédés le jour, nous n'avions pas trop l'occasion de connaître un autre type de femme. Les vieilles putes édentées, rieuses et mordantes comme du piment habanero étaient nos amies, c’étaient les filles que nous voyions au quotidien ; nous les coiffions gratuitement, nous les maquillions gratuitement, nous leur prodiguions des conseils côté cœur, côté cheveux et côté cul, et nous les prenions dans nos bras avec affection. Nous attendions le départ de la dernière cliente du salon de beauté pour faire entrer toutes les démunies, les mères célibataires, les veuves, qui avaient besoin de nos mains pour consacrer un court moment à leur beauté. Peu importait notre degré de fatigue, à mon amie et à moi, nous qui sommes, comme on dit, les protagonistes de cette histoire.»
Camila Sosa Villada est la plume de la marginalité. Son style est unique, outrancier et flamboyant. Il est nourri de l’humour féroce de ceux qui souffrent. Mais il y a de la solidarité entre les protagonistes et leurs histoires ne sont pas toutes dénouées d’espoir. On aime ou on déteste mais on ne peut pas rester insensible.
Je suis une idiote de t'aimer. Camila Sosa Villada, traduite par Laura Alcoba. Métailié, 200 pages (2026)



Je connaissais juste le nom de l'auteure.
RépondreSupprimerJe pense que son premier roman, Les Vilaines, se trouve facilement en bibli.
SupprimerEn ce qui me concerne je fais partie de celles qui aiment. Merci pour ta participation.
RépondreSupprimermoi aussi !
SupprimerPas pour moi ce genre de livres. Bonne journée
RépondreSupprimerJe suis sûre que ta PAL me remercie
SupprimerJ'avais beaucoup aimé Les vilaines, je relirai l'auteure, c'est sûr !
RépondreSupprimeroui, je l'ai vu passer sur les blogs et puis j'ai encore laissé filer le temps.
SupprimerLà, je pense que je peux passer sans remords. Déjà la couverture...!!!
RépondreSupprimerC'est la couverture française ou argentine que tu n'aimes pas ?
SupprimerAh mais quelle bonne idée de lire cette autrice pour ce challenge ! Je n'y ai pas pensé alors que ça fait un moment que je tourne autour des Vilaines. Merci pour le rappel.:)
RépondreSupprimerAvec plaisir !
SupprimerUne autrice que je ne connais pas, mais tu m'as donné envie d'y aller voir...
RépondreSupprimerLes éditions Métailié sont pour moi une référence en littérature latino.
SupprimerJe ne connaissais pas et sans ton avis, je ne pense pas que je me serais tournée vers ce recueil à l'identité forte. J'aime ce genre d'ouvrage clivant qu'on aime ou qu'on déteste mais qu'o ne lit pas en le survolant.
RépondreSupprimerJ'ai trouvé les protagonistes de ces histoires très émouvantes. Elles sont vraies, à fleur de peau et tellement courageuses !
Supprimerune auteure à découvrir pour moi.
RépondreSupprimerElle fait son chemin. En tout cas, on la voit de plus en plus sur les blogs
SupprimerC'est super que tu en parles, Alexandra. J'ai lu "Les vilaines" et franchement oui c'est original, treuculent, exubérant mais tellement triste d'assister à cette sortie de parodie qui vise à cacher la souffrance, les dangers, la précarité et le malheur d'une vie tapie dans la marginalité.
RépondreSupprimerJe pense que je l'aimerais beaucoup, ce roman. J'aime la pluralité des personnages et puis le style dont tu parles, flamboyant, qu'on aime ou qu'on déteste... Ça me titille.
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